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Bataille finale partie 3

 
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Alexeï Daïmoxe
Archange Impérial

Hors ligne

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Messages: 713
Grade: Inquisiteur
Masculin Cancer (21juin-23juil)

MessagePosté le: Ven 18 Avr - 15:48 (2008)    Sujet du message: Bataille finale partie 3 Répondre en citant

***
Partie 3 :

Accroupi dans les débris, la forme inconsciente de l’Astartes contre sa poitrine, il attendait. Des millénaires durant, il avait servit l’Imperium, combattu les forces du chaos et des xénos. Il avait été synonyme de mort pour les mécréants et d’espoir pour les honnêtes hommes, le meilleur guerrier de l’humanité et le protecteur auto attitré de celle-ci. Cependant, pendant ces siècles de combats incessants où il avait guerroyé pour des trésors et des vies dont le nombre écrasait l’individualité de chacun, la soif de pouvoir des plus grands l’avait freiné, ils étaient des manipulateurs obsessifs qui devaient contrôler chaque chose et chaque personne avec assurance. Corrompus jusqu’à la moelle, l’humanité en subissait désormais les conséquences et celles-ci s’étendaient sous les yeux même du maître de l’Ordo Goriae, dressé à l’aide des dernières pensées positives qui lui restaient. Des colonnes de fumée striaient un ciel obscur qui laissait place à quelques nuages qui prenaient une couleur cramoisie lorsque des flashs de lumière les illuminaient, les ruines brillaient de mille feus, les remparts de la cité étaient assiégés par des myriades de traîtres et de damnés ; illuminés mystiques qui avaient perdu leur but de vue et qui vendaient leur âme à des puissances infernales qu’ils n’étaient pas à même de comprendre.

Alexeï avait combattu des siècles durant pour une humanité qu’il jugeait avoir un bon fond, de bonnes capacités, une bonne morale. En fait, la plupart des choses pour lesquelles il combattait étaient disparues dans les fondements de l’Imperium, ravagé et brisé par des aristocrates puissants et corrompus qui s'égayaient de leur contrôle sur chaque chose. Par la simple pensée de perdre leur contrôle sur l’empire tout puissant de l’homme, ils avaient porté d’innombrables coups à l’Ordo Goriae, à la Sainte Croisade, au duo d’Archanges, dans le simple but de garder le pouvoir absolu. Cela lui laissait un goût amer au fond de la bouche, celui d’une trahison ancienne et d’une impuissance qu’il n’avait que rarement connue. Il avait sacrifié une existence éternelle à une cause qui le reniait ou le poignardait par derrière… mais il était ce qu’il était. Son but était bien, ses objectifs louables. Il combattait pour la justice et la paix. Certes, il tuait, faisait la guerre pour protéger la vie, ce qui était paradoxale aux yeux de certains, certes il servait un régime qui était plutôt contraire à ses valeurs. Il avait combattu toute sa vie pour changer le monde et l’améliorer, en frappant d’abord les plaies de cet univers qui faisait de l’homme ce qu’il était. Il aurait pu tout abandonner, aller dans la voie de la facilité et de la colère, suivre les pas du démon afin de combattre un empire qui le frappait dès qu’il avait le dos tourné. Il aurait pu, mais ce n’était pas ça, Alexeï. Masochiste ? Suicidaire ? Peut-être. Il servait avant tout ce qu’il jugeait être bien et en subissait les conséquences lorsqu’il faisait des erreurs ou qu’il donnait sa confiance à la mauvaise personne, mais jamais il n’avait détourné le regard de son objectif. Comme il aurait pu être facile de quitter la guerre pour partir avec sa femme, vivre seul et heureux sur un monde éloigné. Comme il aurait été facile pour lui de tout abandonner, de lâcher prise. Désormais, il n’en aurait plus l’occasion. Il n’aurait plus la possibilité de le faire. Il allait même jusqu’à ignorer si l’amour de sa vie, sa moitié d’existence, était encore vivante. Il l’espérait. Il espérait que le baiser d’adieu qu’il lui avait donné ne prendrait pas toute sa signification.

Il sentit l’Astartes gémir entre ses bras. Même son organisme surhumain ne pouvait résister aux doses de poisons et d’infections provenant d’un démon du type qu’il avait affronté et c’était pour cela qu’Alexeï doutait des chances de survie du malheureux. Il savait qu’au même instant, les organes spéciaux du Space Marine injectaient drogues, médicaments et régénérant afin d’augmenter la résistance de son anatomie face à l'intoxication, voir même de la repousser. Cependant, à cet instant précis, il ignorait s’il était en mesure de l’en tirer, de l’amener jusqu’à un endroit où il pourrait être traité. Alexeï était déjà en marche depuis longtemps, traversant des quartiers ruinés dans l’attente que son téléporteur personnel soit prêt. Chacun de ses pas semblait faire trembler le sol, éloignant la corruption du chaos de sa personne, redonnant la verdure à la végétation mourante. Son aura était si puissante qu’elle éloignait les plus faibles créatures, qu’il s’agisse de démons de bas rang ou d’infidèles. Elle repoussait les maladies et, désormais, la pluie ensanglantée qui ne cessait de tomber depuis les cieux. Les viscères disparaissaient à quelques millimètres de lui, ne pouvant l’atteindre.

Remarquant qu’il avait attiré l’attention de la salle de téléportation par le clignotement des voyants de sa boucle de ceinture, il appuya sur la commande mais fut déçu en voyant ce qui s’écrivit sur le petit écran situé sur son bracelet gauche.
« Signal interrompu. »
Il devait se rendre en hauteur pour que le téléporteur puisse le prendre en contact direct et pour ce, Alexeï devait grimper plusieurs niveaux afin de mettre le moins de couches de matière entre lui et le ciel. Il se dirigea à la course, bondissant au-dessus d’une meute de démons et se saisissant aisément d’un barreau d’échelle à l’aide de sa main droite alors que son bras gauche protégeait le blessé. L’acier plia sous le poids et il se dépêcha de grimper pour se retrouver une passerelle plus haute. Il regarda tout autour de lui et vit alors une vingtaine d’Astartes du chaos plonger vers lui. Leurs armures rutilantes aux symboles et décorations impies, aux dorures ternies, grinçaient alors qu’ils effectuaient une course en sa direction. Le seigneur de Goria jaugea son environnement immédiat et s’élança à la course, son bras droit désarmé. L’étroitesse de la passerelle allait être son avantage.

Il se jeta au milieu de la masse et le premier séide du Chaos qu’il croisa était grand et fort. Il levait une hache ornementée dont les dents tournaient avec fluidité. Les cornes ornant son heaume étaient décorées de deux petites tresses violettes et son bras armé n’était protégé que par quelques chaînes brillant d’une lueur impie. Le symbole d’une mâchoire entourant une planète figurait sur son épaulette à la peinture écaillée.
« Tue ! Mutile ! Brûle ! » hurla-t-il en s’élançant en contre charge. Alexeï n’avait que faire du serviteur de la ruine, ce dernier fauchant certains de ses serviteurs lors de sa course tant il était avide de tuer. Leurs semelles magnétiques les tenaient sur le chemin métallique glissant d’hémoglobine, leur évitant une chute mortelle. Mais elles ne les protégeaient pas contre la force du géant qui plongeait vers eux. Le choc des titans qui se produisit alors fut ponctué de surprise chez les Astartes du Chaos.

Saisissant le côté du crâne du berserk de sa main libre, Alexeï poussa celui-ci vers le rebord et le fit décoller du sol, l’envoyant plusieurs mètres plus bas. Un autre reçut l’épaule gauche du maître de l’Ordo Goriae en pleine poitrine, le rejetant en arrière, sur le sol et en emportant d’autres en bas de la passerelle. Une hache s’abattit vers lui avec force et à la vitesse de l’éclair mais elle fut arrêtée dans sa descente par sa cible. Ce dernier fit perdre la poigne d’acier du berserk sur son arme et l’envoya lame contre visage. Celle-ci mordit avec force dans le malheureux qui tomba à genoux. Les ruant de coups d’épaules et de poings et les poussant du plat de la main, il avait éloigné au moins une dizaine d’entre eux de sa personne alors que les autres se retournaient, laissés là en plan sur le pont, incrédules.

Alexeï bondit pieds joints sur le dessus d’un véhicule qui se tenait devant lui et sauta une nouvelle fois, la main tendue vers l’avant afin de saisir un câble d’entretien d’une autre passerelle sur laquelle il se hissa à l’aide de l’inertie du type pendule que son saut avait créé. Il se redressa et regarda l’Astartes gisant entre ses bras. Ce dernier était désormais en catalepsie, ralentissant son système dans le but d’amoindrir la vitesse de propagation de l’infection dans l’attente de soins. Septimus savait que la simple présence de son aura ralentissait les maladies démoniaques qui l’envahissaient. Le seigneur inquisiteur adressa une courte prière à l’Empereur-Dieu de l’humanité afin de lui attirer son regard bienveillant mais alors même qu’il finissait, l’armure se déchirait sous un impact violent qui propulsa l’Archange sur le sol. Son aura avait bloqué les autres tirs qui s’étaient rendus jusqu’à lui mais le choc avait eu le mérite de le surprendre et même de le sonner. Se remettant les esprits en place, il se releva, faisant face à son assaillant.

Les pots d’échappement de la machine crachèrent un nuage de fumée qui se fusionna à l’obscurité et inséra une nouvelle ceinture de munitions dans son autocanon faucheur. Le double tube de ce dernier illumina une nouvelle fois l’obscurité, projetant une série de tirs contre le maître de l’Ordo Goriae qui s’élança tête baissée. Il n’y eut aucun contact… un halo de lumière emporta le combattant.

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Le frère-capitaine Patrickus se releva avec peine, difficulté partagée avec les servomoteurs de son armure Tactique Dreadnought Aegis. Il récupéra sa hallebarde gisant sur le sol à quelques décimètres de lui, la tint de ses deux mains et tenta un nouveau coup pour toucher le cœur de la bête qu’il devait bannir. Le coup fut dévié avec force et brutalité, le décollant du sol et le rejetant dans les ruines.
La vision nocturne du casque de l’Astartes présentait un décor verdâtre hanté de formes cauchemardesques aux plaies suppurantes, de monstruosités visqueuses et de corps disloqués. Les vestiges de la ligne défensive du régiment sous les ordres du colonel Juno étaient désormais désorganisés par la puissance ennemie. De nouvelles attaques tactiques avaient pulvérisé les derniers souffles d’organisation de la force de combat. Les blindés étaient dépecés, leur blindage éventré et leurs armes tordues par une force titanesque. L’acier était rouillé par une corruption rapide et infâme, la peinture s’écaillant et le métal se brisant couche par couche. Des milliers de créatures, humaines ou pas, s’avançaient vers l’anneau intérieur mais le Chevalier Gris avait au moins le soulagement de savoir qu’ils ne perceraient pas les murs fortifiés avec de telles troupes. Il vit sa cible, la seule raison de l’ouverture de cette faille Warp, s’avancer vers lui tel son Némésis. Son large hachoir rouillé pendait lâchement dans sa main droite, cette dernière dévorée par des bubons et des plaies ruisselant d’un liquide malsain. Il semblait obèse : depuis des parties disparues de son armure retombaient des poches de gras recouvertes de cicatrices desquelles s’extirpaient des champignons et des gales infectes.

L’Astartes se décida à effectuer une dernière attaque, espérant emporter avec lui ce puissant démon. Il s’avançait parmi les corps brisés des zombis de la peste, ces derniers grattant son armure de leurs ongles ou tentant de le mordre et ce, inutilement. Certains à la constitution trop frêle même malgré les standards de ses semblables, tombèrent face à la pureté et aux runes de protection ornant son harnois d’Adamantium. Patrickus leva une ultime fois son arme de force Némésis et piqua vers le torse du Prince Démon qui éclata d’un rire gras. Il repoussa l’arme du revers de son hachoir et frappa de nouveau, sectionnant le bras du Chevalier Gris au niveau de l’épaule.
« Ta tête fera une excellente grenade bubonique. » gloussa le seigneur du chaos en se penchant sur le corps qui était peu à peu abandonné par la vie. Patrickus leva son fulgurant vers le visage d’Infestus et serra la détente de ses dernières forces. Les tirs s’arrêtèrent pour certain contre l’aura démoniaque du prince démon alors que d’autres se perdaient dans les épaisseurs de pustules et de chair en décomposition, y explosant et projetant un liquide infect tout autour, dégarnissant un crâne chauve et squelettique. Les doigts du Chevalier Gris lâchèrent leur prise et l’impérial laissa sa tête retomber sur le sol.
Des gargouillis retentirent partout dans les rangs du chaos, signe de leur victoire. Les démons se nourrissaient des âmes des blessés alors que les morts vivants, accompagnés des petits démons qu’étaient les nurglings, dégustaient les cadavres avec empressement. La bataille était gagnée dans ce secteur, au prix de lourdes pertes, mais Infestus savait que son seigneur serait heureux de cette réussite.

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Erik, c’était le nom du barman, s’avança entre les décombres de son lieu de travail chéri. Son fusil à pompe entre ses mains tremblantes, son visage recouvert de larmes et de poussière, tout cela témoignait de sa colère. Il avait passé une vie honnête au service de l’Empereur-Dieu, bien que son travail ne lui fut pas dédié, jamais il ne l’avait renié, jamais il ne s’était écarté de lui. Il voyait déjà ses alcooliques habituels se relever d’entre les restes de la taverne, saisissant des armes de fortune. Certains n’avaient que des couteaux alors que d’autres étaient équipés d’arbalète de poing ou de fusil à canons sciés. Ils voyaient les forces du Chaos défiler depuis leur cachette. Marchant en rangs désorganisés, dominés par des chars et des machines à l’allure monstrueuse. Des sortes d’araignées hérissées de canons et de pointes formaient la tête de pont de la colonne de marche alors que des chars de plusieurs types entouraient les troupes.

Ce qui les terrifia davantage fut la présence de créatures inhumaines, transformées au-delà de l’imagination. Elles se déplaçaient sur d’innombrables pattes, des tentacules recouverts de lames dansant sur leurs flancs ou bien des masses osseuses grattant les murs. C’était là les affres du Chaos et Erik le savait. Il tira la pompe de son arme, éjectant une balle sur le sol et, lorsqu’il se rendit compte de cette erreur, il se pencha, saisit la cartouche et l’inséra dans le flanc de son arme. Il comptait bien venger la perte de l’œuvre de sa vie.
« Qui est avec m… » commença-t-il, coupé par une série de déflagrations. Il vit alors, depuis les bâtiments en ruines face auxquels était positionné le convoi ennemi, une véritable pluie de lasers et de balles s’abattre sur les hérétiques. Depuis une ruelle plus sombre, située entre deux tours de plastacier rouillé et reliée aux structures non loin des restes de la taverne par une toile de passerelles, un large mastodonte blindé apparut. L’avant du char était protégé par une large gratte de laquelle émergeait un obusier géant. Les flancs du char étaient ornés de canons qui crachèrent des cônes de feu liquide sur les malheureux les plus proches.

Monstres et traîtres quittèrent la formation, se jetant à couvert pour ouvrir le feu avec leurs armes de médiocre qualité ou bien pour plonger vers l’ennemi.
« Mes amis ! Avec moi ! Pour Lostrie ! Pour la taverne ! » hurla Erik en s’élançant. Il ignorait si certains allaient le suivre et il n’en avait rien à faire. Tout ce qu’il aimait avait été détruit par eux et, désormais, il leur ferait payer même si cela lui coûtait la vie.

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Les Marines de la troisième compagnie avaient fondu sur le détachement d’hérétiques comme un rapace sur sa proie. Le fulgurant de Frederick tonnait de gauche à droite, emportant des monstres par dizaines alors qu’il entendait les projectiles ricocher sur son armure.

Une rafale complète frappa dans le creux d’une épaulette avant qu’un seul projectile perce sa protection et ne s’enfonce dans sa chair. La balle ne pénétra jamais jusqu’à l’os, arrêtée par la carapace noire et les muscles surhumains du géant. Ce dernier répliqua vers celui qui avait causé son égratignure, faisant disparaître son corps dans un nuage de vapeur rougeâtre. Il se retourna assez tôt pour éviter une masse osseuse provenant d’un enfant du chaos. Ce dernier, faisant plus de trois mètres de haut, tenait encore entre certaines de ses pinces ou tentacules, les corps déchirés de quelques gardes impériaux.

« Tu subiras ma juste colère, démon. » dit Frederick calmement, faisant un bond vers l’arrière, propulsé à l’aide des servomoteurs. Son arme de poing tonna au même moment, éjectant une pluie de douilles sur le côté alors que le corps de son assaillant se tordait de douleur. Le monstre bondit vers lui mais fut coupé dans son saut lorsque ses jambes furent séparées de son corps par une série de tirs ajustés. D’un pivot sur le côté, l’Astartes s’évitait de recevoir le lourd corps de son ennemi qui retomba sur le ventre. Le Terminator pointa tout simplement le canon de son arme vers le crâne unique du monstre et appuya sur la détente, lui plaçant une rafale de projectiles qui étalèrent sa matière grise sur le sol.
Une série de tirs retentirent derrière lui. Il fit volte face et leva son arme mais tout ce qu’il vit fut le corps sans vie d’un Astartes renégat retombant sur le dos, la moitié de son crâne pulvérisé. Derrière lui se dressait un vieillard dont les mains tenaient fermement un fusil à pompe encore fumant. Le visage de l’homme était creusé par la fatigue et le désespoir, comme si sa chair était constituée de profonds sillons et de gouffres sans fin, dominés par de larges bassins. Il fit un signe de tête respectueux à Frederick. Ce dernier fit la moitié de l’Aquila avec sa main libre et s’inclina de la tête.
« Que l’Empereur vous garde mon frère ! » dit-il.

Aussitôt, alors que pour ces deux hommes la bataille semblait un instant s’être arrêtée, les combats reprirent, brisant leur paix spirituelle. Du sang éclaboussa corps et armures, les épées tintèrent contre d’autres épées alors que les projectiles des armes à feu rencontrèrent les formes de l’ennemi. En quelques instants, le combat était terminé et les médecins de terrain se mettaient à panser blessures et réparer les dégâts avec une parcimonie qui charma un instant le vieillard. Pendant que tout cela se faisait, le chapelain de la 3ème Compagnie lançait ses litanies d’Au Revoir dans un calme incroyable, son corps titanesque se dressant impassiblement d’entre les ruines fumantes du quartier, cachant les restes de la taverne de la vue du vieux barman. Des incendies s’étendaient ça et là, provoquant la chute d’anciennes structures, emportant la peinture déjà écaillée de passerelles et de colonnes d’acier. Tout était détruit. La paix qui avait saisi Erik se dissipa pour laisser place à l’étouffement. Il n’y avait rien là de beau ni de calme. Ses sauveteurs étaient peut-être de vrais anges, mais ce qui se passait n’avait rien de paradisiaque. Le sang de camarades morts, les corps brisés d’ennemis vaincus, les ruines du quartier dans lequel il avait passé sa vie… tout ce qu’il avait connu avait disparu. Ses proches étaient partis en fumée en même temps que la guerre s’était déclarée et sa vie avait commencé à perdre de sa beauté. Désormais, il voyait son passé s’écouler comme un fleuve tranquille au rythme des prières du géant en armure Tactique Dreadnought, les images de son existence disparaissant suffisamment lentement pour qu’il ait le temps de les savourer puis de sentir la souffrance en vue de leur perte. Chaque respiration devint difficile, il tomba à genoux, lâchant son arme sur laquelle il avait remis le cran de sûreté, et commença à prier. Il tenait fermement ses mains dans la forme de l’Aquila, les pouces liés et croisés et ses mains formant un V, il appuyait avec force sur sa poitrine, tentant de la serrer comme pour en expulser ses mauvaises pensées et sa tristesse. Il resta ainsi durant tout le reste de l’éloge des héros morts et lorsqu’il ouvrit les yeux, il remarqua que le Chapelain s’était approché de lui et s’était agenouillé pour arriver à sa hauteur.
« La perte de ton monde t’effraie, mon enfant ? » demanda-t-il d’une voix puissante et modifiée par les haut-parleurs de son casque.
Erik acquiesça difficilement, ne comprenant pas ce qu’il se passait. Les histoires disaient que les Anges de la Mort étaient sans pitié, sans peur et sans remords, qu’ils n’avaient que faire des peines mentales et physiques. Cette attention l’impressionnait mais l’avait plongé dans un état de confusion extraordinaire. Il ne put que hocher de la tête.
« Nous sommes des Space Marines. Nous sommes sans peur et sans pitié. Cependant, sache que nous ne sommes pas idiots. » commença-t-il, comprenant l’état d’esprit du barman en regardant ses yeux. « Nous ne laisserons pas le moral des troupes baisser. Nous avons été entraînés à ne pas ressentir la peine, mais savons la reconnaître et savons que lorsqu’un homme flanche, il doit être ramené dans le bon chemin afin que la lumière de l’Empereur soit toujours sur lui tel un phare dans l’obscurité. Comprends-tu cela ? »
Erik avala difficilement. La voix puissante lui donnait l’impression qu’il était écrasé contre le sol à grand coup de masse, sans oublier la stature dominante de l’Astartes. Il se releva pour être aussi grand que lui et le chapelain ne fit que relever la tête pour continuer de le fixer dans les yeux. Son casque grinça dans le mouvement et de la vapeur quitta les câbles d’évacuation auxiliaires de son paquetage dorsal.
C’est alors qu’il sembla comprendre et retira son heaume…

Son visage était d’une blancheur laiteuse, comme si sa peau avait passé les dernières journées en état de décomposition... mais cela était clairement du à l’implant bien trop énorme qui remplaçait la moitié de son crâne. Le symbole du dieu de la machine l’ornait et quelques voyants lumineux clignotaient à chaque seconde. Cela tétanisa le vieil homme.
« Tu n’as plus à avoir peur. Dis-toi que tu mourras justement, en défendant ton monde, tes amours et surtout, ton Empereur. »
Erik acquiesça. Il ne pouvait rien faire d’autre. Avoir dit non l’aurait fait tuer sur le coup pour lâcheté et trahison. Il ne pouvait guère penser différemment que la majorité. Il ne pouvait pas être contre la guerre... et ils avaient entièrement raison. Une sorte de paix s’installa en lui, une paix chancelante accompagnée d’un désir de vengeance et d’une soif de sang. Il reprit son arme, tira la pompe, éjectant la dernière douille vide qui était encore brûlante. Lorsqu’elle retomba dans l’une des flaques d’eau, de la vapeur s’en leva... semblable à la peur qui quittait désormais son corps.

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Ses yeux s’ouvrirent lentement et avec difficulté sous la pression des tremblements de la carlingue du transporteur dans lequel il était... en route pour leur destination finale. Morizis Bokaris, du 11ème Shogun, ne connaissait pas la plupart des hommes qu’il y avait dans la salle principale. Il était en support de ce peloton avec son escouade. Il jeta un regard à ses neuf hommes, tous ancrés dans leurs armures rutilantes affichant les symboles de l’Empereur-Dieu et les chiffres régimentaires. Le chef Shogun, rang équivalent à celui de sergent dans une armée plus commode de la garde impériale, était un homme de petite stature, malgré les standards de son monde. La plupart des Shoguns étaient d’une taille inférieure à un mètre soixante-dix et Morizis faisait exactement un mètre cinquante. Il était regardé de haut par de nombreux parachutistes avec qui ses hommes étaient assis. Leurs uniformes noirs ornés de plaques de protection d’un bleu marin seulement coupé par les Aquila ornant leur poitrine ainsi que leurs nombreuses médailles étaient impressionnants, mais n’affichaient pas du tout la richesse de celles des armures shoguns. Les cadiens tenaient dans leurs mains un fusil laser et leur ceinture était garnie de grenades de divers types. Certains avaient même des fusils mitrailleurs et des fusils à pompe afin de fournir un appui à plus courte portée. Bokaris avait donc pour rôle d’épauler ces inconnus lors des violents corps à corps qui se produiraient à leur débarquement.

Le véhicule fut secoué de nouveau et les voyants d’urgence s’allumèrent, inondant la pièce d’une lumière écarlate et aveuglante, rendant sa vision saccadée et donnant une apparence fantomatique à tous ses compagnons de voyage. Il vit ses alliés se lever, ajuster les sangles de leurs armures puis s’assurer que leurs harnais étaient bien attachés. Ses hommes firent de même avec leur technologie quelque peu primitive mais tout aussi efficace. Les shoguns attachèrent leurs katana et wakizashis à leur hanche gauche. Ils se mirent tous en file indienne, regardant une dernière fois l’endroit où ils allaient se jeter. Les concepteurs du véhicule n’auraient pas dû mettre de hublot afin d’éviter au Shogun de voir une telle chose. Il s’agissait là de montagnes recouvertes de suie noire à l’aspect sanguinolent et entrelacées par de titanesques fils barbelés ornés de corps de créatures mythiques et géantes. Une pluie de tisons tombait constamment depuis un ciel obscur, allumant des feus dans des rivières de vase inflammable. Des geysers crachèrent de l’hémoglobine sur des dizaines de mètres de large et une centaine de mètres de haut...

Une explosion tonitruante secoua l’Aquila dans lequel le peloton aéroporté se tenait. Ils crièrent tous de terreur alors qu’ils voyaient les restes enflammés d’un de leurs semblables retomber depuis les cieux vers le sol. Son pilote essayait de reprendre contrôle mais en vain... Le transporteur de troupe endommagé s’engagea dans une vrille infernale qu’il termina au centre d’un geyser qui explosa sur des dizaines de mètres, son sang brûlant décimant les ruines de bâtiments et des bunkers installés à la hâte.
« Mes frères, » fit une voix dans le communicateur de l’avion « nous allons aujourd’hui offrir notre vie dans la mince tentative de détruire leur quartier général. Vous savez tous autant que moi que personne n’en reviendra, que c’est un aller simple sans possibilité de retour aucune. Ce qui est maintenant le plus important est que vous utilisiez chaque cartouche de façon réfléchie, que chacune tue un ennemi et qu’à la fin, plus personne n’ait de munitions ! Ce qui est important, c’est que vous restiez sincères et vrais envers la cause que nous défendons ! En ce moment même, nos frères sont en train de mourir au combat face aux hordes du Chaos, maudits soient-ils, dans la capitale de Lostrie, la grande Lostria. De nos hommes éparpillés dans les dernières villes, très peu sont encore en vie. Aujourd’hui, nous connaissons notre dernière bataille. Faites-en une mémorable qui sera gravée dans le cœur des survivants ennemis pour qu’ils sachent avec frayeur ce que des hommes libres peuvent faire ! Montrons-leur qu’ils ne peuvent asservir des hommes tels que nous ! Montrez-le de la bouche du canon de votre fusil ou de la pointe de votre poignard. Faites couler leur sang ! C’était le Général Carden Elvin Jarran… je suis heureux d’avoir été votre Maître de Guerre, de vous avoir accompagnés pendant tant d’années, d’avoir saigné et sué à vos côtés. Je vous remercie d’être à mes côtés aujourd’hui. Pour l’Empereur ! »

Les soldats hurlèrent leur approbation, frappant de leur poing leur armure carapace. Même les shoguns le firent.
« À toutes les troupes, débarquement ! » beugla le Maître de Guerre. Les portes s’ouvrirent et aussitôt, un à un, les hommes se jetèrent dans l’infini. Plusieurs centaines de mètres plus bas se dressaient les installations défensives de l’île du Chaos. Des ziggourats recouvertes de pointes géantes et autour desquels tournoyaient des esprits affamés formaient l’architecture principale de l’endroit, se mélangeant aux montagnes et aux tourelles défensives. Des rayons d’énergie et des balles traçantes quittèrent alors le sol, fauchant parfois des malheureux, détruisant d’autre fois les valkyries.

Le Maître de Guerre, lui, se laissait tomber, les bras écartés en signe de défi, faisant des signes à ses hommes en pointant des endroits sur le champ de bataille. L’habitude et l’exercice du 117ème régiment en cas de parachutage étaient tels que chaque signe était reconnu avec perfection. Les oreilles les plus averties purent entendre les hurlements de forfanterie du vieux général qui tirait quelques fois avec son pistolet laser vers le sol. Des cris de victoire lancés de façon prématurée retentirent sur les canaux radios et cela fit sourire Bokaris. Ils n’avaient ni la même culture, ni le même sens de l’honneur, mais jamais avant ce jour il ne s’était sentit plus proche de l’Imperium qu’il défendait et de l’Empereur qu’il priait. Il était fier et sentait sa poitrine se serrer. Des larmes se formèrent dans ses yeux, il s’interrogea sur la qualité de la protection de sa visière, sentant l’air fouetter son menton, mais se rendit compte que c’était sa foi qui l’amenait à cette émotion et non le froid qui balayait ses globes oculaires. Il voyait le terroir s’approcher de plus en plus vite, ses scarifications barbaresques, ses structures instables et ses malformations infernales revenaient à sa réalité. Le décor se précisa, les montagnes enflammées devinrent un spectacle si horrible à contempler qu’il fut alors convaincu que même dans la mort, son esprit serait hanté par des images cauchemardesques.

Il dégaina son sabre dans un sifflement métallique alors que les bottes blindées de son armure carapace retombaient sur le sol, sa chute ralentie par son harnais antigravité. Il fit des signes de la main et s’élança à la course sous les tirs de couverture des premiers débarqués du 117ème régiment Cadien qui s’étaient repliés derrière des pics rocheux, se levant de temps à autre pour cribler l’ennemi de lasers.
« Soldats ! Voulez-vous vivre pour toujours ? » demanda le vieux général en touchant le sol, s’élançant aussitôt, épée pointée dans les airs et pistolet laser à la main. Déjà, plus loin, se profilaient les silhouettes sinistres des serviteurs de l’ombre.
Seul un cri, défoulant fierté, colère, tristesse et joie qui se mélangeaient dans un maelström sentimental fut projeté à l’adresse de l’ennemi dans une tempête qui secoua leur résolution. Déjà, certains tournaient les talons face à la détermination impériale.

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Le seigneur du Chaos marchait d’un pas calculé et rapide en direction de ses élus lorsqu’il vit l’obscurité céder place à l’éclat lumineux d’un soleil se transformant en supernova. L’onde de choc qui s’en suivit projeta les dernières structures du quartier des faubourgs contre le sol. La pluie de décombres retomba plus loin, annihilant les laquais du Pernicieux. Ce dernier s’arrêta devant les géants en armure énergétique qui se dressaient face à lui. Les lentilles optiques de son casque se remirent en mode standard, ayant joué leur rôle protecteur.
« Mes frères, je crois que nous pouvons nous adjuger l’importante tâche de former la brèche dans la muraille afin de laisser nos frères et esclaves traverser. » dit-il avec un sourire feint. Il n’appréciait pas la perte de tant de matériel et de vies puisque la mission de percer les fortifications reviendrait sur ses épaules.
« Vous connaissez l’exercice. Vous connaissez les schémas. Je veux voir ce mur tomber dans une heure au gros maximum. »
« Une heure ? Malgré tout le respect que je vous dois, seigneur, ils ont pris des mois à ajouter fortifications et boucliers pour nous empêcher d’entrer. Croire que l’on peut faire ça est blasp… »
L’armure polie et étincelante de l’hérétique s’éclaboussa de l’hémoglobine de ce dernier alors qu’une rafale complète traversait son gorgerin d’adamantium. Ses lentilles optiques s’éteignirent lorsque les bolts à pointe de cristal explosaient contre les derniers liens entre le corps et le casque. La tête amochée du malheureux retomba sur le sol, laissant le reste de sa monstrueuse stature poser les genoux à terre. Agenouillé, le corps atteignait la hauteur du maître des Iron Rains.
« D’autres commentaires ? Je ne voudrais pas réellement que vous me preniez pour un asocial incapable de toute forme de discussion, mais je crois que nous ne pouvons guère nous permettre de discuter. Une heure. » dit-il, son sourire feint disparaissant pour laisser une expression sévère qui rendit son visage déformé autrement plus effrayant.
Ses lieutenants s’éparpillèrent, se retournant vers leurs unités attitrées. Il vit certains entrer dans le char de tête d’une formation de Vindicators et un autre pris le commandement d’un Baneblade bardé de pointes acérées et de symboles blasphématoires.

Déjà, les explosions commençaient à cribler les champs de force entourant la fortification de l’anneau intérieur. Les bâtiments se fissuraient, le sol tremblait, l’air était lourd de poussière et de l’odeur cuivrée des liquides vitaux de nombre de défunts.
« Une heure. Ne me décevez pas. » fit le Pernicieux par son communicateur alors que ses derniers lieutenants, quelques anciens officiers de la Garde Impériale, se dirigeaient vers leurs unités de chars de siège.

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Son pas résonnait dans la pièce comme le fracas d’un tonnerre infernal et ininterrompu. Bien que toutes les lumières étaient brisées ou éteintes, la pièce était éclairée par la kyrielle de couleurs issues de l’Holosphère de la salle de commandement. L’Archange Impérial était là, son épée pendue à sa ceinture par quelques sangles d’un cuir des plus résistants. Il revêtait, comme il ne l’avait pas fait depuis très longtemps, son armure de bataille. Le matériau qui était en tout point semblable à un cuir d’une noirceur impénétrable reflétait la lumière verdâtre des ordinateurs. Sa poitrine était ornée de l’Aquila, tout comme ses épaulettes étaient incrustées de croix dont la traverse horizontale était gravée du symbole de l’Imperium.

Ses mains étaient jointes dans le bas de son dos et ses doigts de la droite émettaient un cliquetis par les bagues qu’il portait. Il avait sur le corps une armure carapace d’une apparence ancienne, dont les traces dans le cuir témoignaient d’une reconstruction constante et même Alexeï ignorait s’il restait encore quelque chose de sa forme originelle. Il fit un nouveau tour de la pièce dans l’attente de recevoir les données de ses calculus logis, leurs esprits altérés mécaniquement compilant chiffres et noms afin de donner une réponse exacte à sa question.
« Nous estimons qu’ils ont plus d’une dizaine de milliers d’Astartes dispersés en plusieurs bandes commandant des forces d’assaut qui visent à percer des brèches dans nos lignes. »
« Nombre des troupes d’infanterie ? » demanda le maître de l’Ordo Goriae d’une voix sereine. Il était détendu et en paix. Il avait fait un nouveau tour de la pièce, son regard s’était posé tour à tour sur ses lieutenants qui attendaient eux aussi les chiffres avec impatience alors que les images du combat désormais bloqué aux murailles fortifiées de l’anneau se transformaient de par les nombreuses explosions et cela lassait les commandants d’armées depuis trop longtemps. La voix cybernétique et monotone du serviteur retentit dans le silence qui était seulement coupé par les signaux émis par les systèmes informatiques.
« Inconnu. Nous estimons qu’il y a plusieurs centaines de milliers d’hommes à l’assaut des remparts. »
Alexeï acquiesça, sans donner plus d’attention à ce que disait son serviteur. Il ne pouvait désormais plus retirer ses barrières psychiques qui l’éloignaient de la folie et de l’oblitération mentale complète. Étant tout de même capable de diriger le flux inférieur de ses pensées vers ce qui l’entourait, il pouvait ainsi garder le contact avec la réalité.
« Combien de temps avant qu’ils ne percent nos défenses ? »
« Nous estimons de cinq jours à une semaine complète. À moins que leurs navires n’entrent en orbite et nous bombardent. »
« Leurs pertes seront-elles grandes ou faibles si nous les laissons nous assiéger jusqu’à la dernière journée possible ? » demanda le Seigneur Inquisiteur.
« Pertes de niveau Magenta. Cependant, selon les rapports de nos éclaireurs et les données analysées par les satellites avant leur coupure, il y a de nombreuses autres armées toutes aussi nombreuses sur le continent, sans oublier les réserves stratégiques qu’ils possèdent en orbite. »
Des soupirs de désespoir retentirent dans la pièce. Certains murmurèrent, mais Alexeï ne les entendait plus depuis longtemps. Il gardait toujours l’image d’être calme, mais tout le monde ignorait que dans son esprit se produisait la plus grande bataille psychique depuis le conflit entre l’Empereur et Horus des milliers d’années auparavant.
« Et si nous utilisons toutes les batteries de défenses lasers pour faire feu dans leurs rangs ? » demanda-t-il d’une voix grave.
Des murmures et des protestations retentirent.
« Ce serait du suicide ! » beugla un vieux général des forces de défense planétaire.
« C’est de la folie ! »
« Nous sommes sur Lostrie les amis. » expliqua Alexeï. « Et Lostrie ne sera bientôt plus que poussière. Personne ou presque n’y survivra. Ne voulez-vous pas au moins mourir en sachant que vous avez accompli votre devoir : celui de protéger au mieux de vos capacités les terres de l’Empereur-Dieu ? Celui de combattre pour la liberté et de priver l’ennemi de ses membres pour lui faire payer de vous l’avoir enlevée ? »
« Il y a certainement d’autres façons de… » protesta un officier.
Alexeï vit rouge un instant et posa une main sur sa tempe gauche qui le faisait souffrir, comme si l’on martelait le flanc de son crâne à chaque battement de cœur. Il vit des images terrifiantes de morts et de destructions, enveloppées dans un kaléidoscope enflammé de souvenirs et d’avenirs qui s’y mélangeaient. Il avait une atroce sensation de déjà-vu. Il vit l’officier qui venait de parler, ayant entre ses mains une part du destin de Lostrie qu’il avait habilement utilisé pour son propre pouvoir. Il voyait l’ombre du terrifiant Samael se dresser derrière lui…

Une sourde détonation retentit dans la pièce et la matière grise de l’officier du Haut Commandement tapissa les bibliothèques entassées au fond de la pièce. Tous les hommes restèrent sidérés.
« Je ne refuse pas les commentaires, mais je refuse l’hérésie et la trahison. Cet homme fut manipulé depuis le début de la guerre, a vendu nos stratégies à l’ennemi, simplement en espérant avoir une vie suite à la guerre. Y a-t-il d’autres traîtres comme lui par ici ? Dénoncez-vous, je pourrai vous accorder le pardon de l’Empereur, sinon vous mourrez dans la honte et ce, par ma main. »
Alors que son flux inférieur de pensées servait à maintenir la discussion, son esprit tentait de remettre les blocages psychiques qui évitaient à son esprit d’être submergé de nouvelles visions prophétiques, celles-ci comblées à de puissantes déductions et estimations.
Le serviteur lobotomisé avait attendu, comme le protocole implanté dans les restes de ses tissus cérébraux l’ordonnait. Sa voix brisa de nouveau le silence de mort qui régnait dans la pièce.
« Les pertes causées seraient supérieures à ce qui nous est possible de faire durant tout le siège. »
« Alors faites. Coupez leurs renforts avec un tel bombardement. »
« Mais seigneur ! » protesta un officier. « nous n’aurons plus la couverture face à leur flotte ! »
Alexeï posa sa main droite dans son front et serra ses tempes de son pouce et index. La douleur était telle qu’il avait du mal à se concentrer sur le monde qui l’entourait. Le vortex funèbre de son esprit se mit de nouveau à tourbillonner, mélangeant diverses images de toutes sortes, floues comme des souvenirs pour certaines, claires comme de l’eau de roche pour d’autres. Il vit alors l’ombre se dressant au-dessus des restes du général. Ce dernier souriait face à la victoire qu’il tenait dans sa main : un simple agneau mort, qui représentait certainement la victoire sur sa proie. Ce qu’il dit ne passa pas la puissante psyché d’Alexeï mais ce dernier sentit sa migraine prendre en intensité. Samael voulait venir lui-même pour porter le coup fatal et son orgueil se sentait des kilomètres à la ronde. Il voulait le tuer de ses propres mains.
« Ils ne bombarderont pas la ville. Ils me veulent. Ils ne risqueront pas ma destruction en pulvérisant tout dans Lostria. »
Les officiers acquiescèrent, sceptiques malgré tout.
« Comment pouvons-nous vous faire confiance ? Vous nous avez promis de nous sauver et la situation n’a qu’empiré ! Regardez par vous-même ! Nous sommes le dernier rempart défensif organisé sur toute la planète. Le peuple se meurt de faim ou de balles. Ce n’est pas la survie que vous nous aviez promise. »
« Doutez-vous de la parole et de la bonté de l’Empereur-Dieu, mes amis ? » demanda le maître de l’Ordo Goriae sur un ton calme qui imposait le respect. Nonobstant la névralgie et les pressentiments qu’il repoussait de nouveau, mais avec une difficulté toujours plus grande, il était en contrôle de la plupart de ses moyens.
Les hommes s’interrogèrent.
« Vous ne devriez pas hésiter sur un tel sujet ! » hurla Alexeï en levant son pistolet bolter vers le plafond de la pièce avant d’appuyer sur la détente. L’énorme chandelier de cristal, de verre et d’or s’écroula, sa chute semblable à une pluie d’étoiles filantes tant ses fines lamelles reflétaient la lumière diffuse qui parvenait dans la pièce par les derniers appareils encore fonctionnels.

Les officiers sursautèrent, certains s’enragèrent. Le technoprêtre commença à prononcer des litanies de haine envers Alexeï qui venait tout juste de ranger son pistolet bolter. Aubéron, lui, restait de glace mais d’un signe de la main, il avait ordonné à ses Terminators de se positionner à la porte afin de couper toute sortie. De son côté, Van Reita ne bougeait rien de ses membres artificiels, seuls ses yeux scrutaient la scène. Bientôt, les gradés se rendirent compte de leur erreur et des interrogations muettes façonnèrent les visages tourmentés des membres de l’État Major.
Aucun ne répondit de la forme négative. Leurs accents se mélangèrent, formant un capharnaüm sonore qui fit sourire Alexeï.
« Mais je ne vois pas en quoi votre question a un lien avec la présente situation. » fit un officier.
« L’Empereur a juré de sauver l’humanité, de la protéger du mal et de vaincre les ténèbres. Il en est mort, s’offrant en sacrifice. Est-ce que sa parole est tout de même moins véridique ? Est-ce que la destruction quasi complète de l’Imperium à cette époque fut un témoignage de sa stupidité ou bien de sa grandeur d’âme ? Autrefois, il y a bien longtemps, bien avant que Terra, notre mère à tous, ne connaisse la technologie des armes à feu, un homme s’est sacrifié pour sauver nos âmes. Des milliers d’années plus tard, un homme s’est sacrifié pour sauver notre existence. Aujourd’hui, il sera à nous de se sacrifier pour sauver la justice et la liberté. L’Humanité se doit d’évoluer mais nous sommes ce que nous sommes. L’appétit de notre sombre côté est insatiable de mort et de destruction. Aujourd’hui, nous allons tellement lui en donner qu’il en sera malade et qu’il vomira sa haine et celle-ci le détruira à son tour. Comprenez-vous ce que je vous dis ? J’ai voulu vous protéger vous ! C’était le devoir que je m’étais imposé. Mais il y a désormais plus grand et plus important : nous devons protéger notre espèce et la Justice ! Nous devrons malheureusement en payer de notre vie. Imaginez votre place à la droite de l’Empereur, comme son regard bienveillant sera empli de fierté de vous voir, ses fidèles fils étant morts en son nom et pour la cause pour laquelle il s’était sacrifié ! »
Certains hommes restèrent réticents, bien que plus confiants alors que d’autres étaient littéralement retombés dans la droiture qu’attendait l’Inquisiteur.
« Mes amis. » fit-il d’une vois plus sombre. « J’ai combattu des millénaires. J’ai marché parmi les hommes autant de temps que le fit l’Empereur. J’ai moins apporté que Lui, mais je juge avoir sacrifié aussi tout ce que j’avais pour cette paix que nous recherchons tous. Nous pouvons choisir la voie de cette paix ou celle de la facilité et de la haine comme le font ceux que nous combattons aujourd’hui. J’ai décidé depuis des millénaires de mourir pour la bonne voie. Aujourd’hui est venue cette occasion de m’en aller l’esprit apaisé et le devoir accompli. Vous n’avez pas tous, même je suis certain qu’aucun d’entre vous ne pense comme cela. Sachez seulement que je suis désolé d’avoir échoué tout ce que j’ai entrepris depuis près de quarante milles années… »
Les officiers, notamment Aubéron et Van Reita, étaient suspendus à ses lèvres, perdus entre le sentiment de se faire berner et celui de confiance envers leur chef. Le Frère Capitaine ne l’avait connu que très peu mais il savait, simplement par l’aura psychique dégagée par Alexeï, que ce dernier était honnête et honorable, bien que tout aussi redoutable. Il lisait aussi une ancienneté d’esprit et d’âme qui était terrifiante, même en comparaison de l’expectative d’une possibilité de longévité grandiose pour un Astartes.
Il posa un genou à terre alors que ses mains formaient le signe de l’Aquila sur sa poitrine. Les deux Chevaliers Gris en armure Tactique Dreadnought juste derrière lui ignorèrent comment réagir et posèrent un genou à terre à leur tour, bien que gardant leurs armes afin de réagir à toute éventualité.
D’autant plus surpris et confus par les agissements des très craints Astartes, les impériaux se mirent à genoux. Alexeï ferma les yeux et fit un signe de la main.
« Relevez-vous. Je ne veux pas de ça. Je tiens seulement à dire que je comprends votre peine. J’ai eu la chance de vivre longtemps, vous non, et j’en suis désolé. J’espère que notre miséricordieux Empereur pourra vous redonner la vie que vous avez utilisée en Son nom pour que Sa gloire soit faite. »

Les mains d’Alexeï s’ouvrirent, les laissant voir ce qu’il tenait depuis le début de la réunion. La chaîne en or était d’une beauté incroyable malgré que l’âge et les épreuves l’aient terni. Un petit pendentif encadré y était attaché et représentait un aigle aux ailes déployées. Simple pour certains hommes, cet objet dégageait une forte puissance qu’il avait du emmagasiner au cours des millénaires. Ses maillons étaient larges comme un doigt et l’Aigle faisait au moins un demi-décimètre carré. Il avait perdu de sa splendeur, jugea Alexeï. Il n’était plus comme il l’avait reçu des millénaires auparavant et avait perdu une partie de lui par les nombreuses fois qu’il fut reforgé au cours des siècles.
Il s’approcha d’un pas lent d’Aubéron et le Chevalier Gris, s’étant relevé, inclina de la tête. Le maître de l’Ordo Goriae lui tendit la chaîne.
« Nous en avons parlé un moment. Tu sais ce que tu as à faire avec celle-ci. Tu sais ce que tu as à faire pour le reste. »
Le frère capitaine acquiesça sans mot dire et frissonna. Un étrange sentiment qu’il n’avait connu que des siècles auparavant s’empara de lui. C’était la terreur et l’angoisse d’une première bataille ou d’un moment attendu avec appréhension.
« Tu connais ta mission. Ne l’échoue pas. » dit-il. Son ton n’était guère menaçant. Il était de nouveau en paix avec lui-même et d’une douceur incomparable. Le Frère Capitaine acquiesça.
_________________
Quelles que soient nos croyances, aujourd'hui il est temps de défendre notre réalité en se tenant dos à dos et épaule à épaule afin de protéger et créer la liberté à laquelle nous aspirons tous.

-Alexeï Daïmoxe


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MessagePosté le: Ven 18 Avr - 15:48 (2008)    Sujet du message: Publicité

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Alexeï Daïmoxe
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MessagePosté le: Ven 18 Avr - 15:49 (2008)    Sujet du message: Bataille finale partie 3 Répondre en citant

Le Grand Hall d’entrée, ce dernier fascinant Alexeï toujours autant par ses proportions épiques et ses innombrables décorations de tout styles, était désormais sujet d’une énorme agitation. Déjà, les cents Chevaliers Gris d’Aubéron étaient rassemblés en demi-cercle et faisaient face à Alexeï, Iori et Aubéron.
Des servocrânes flottaient dans les airs, leurs braseros étendant des encens de milles parfums dans l’énorme pièce alors que d’autres serviteurs artificiels, chérubins ou aigles cybernétiques, se posaient sur les positions les plus élevées des statues des anciens gouverneurs.
Les Astartes Chevaliers Gris étaient au repos, le pommeau de leur hallebarde posé sur le sol et leur bras droit étendu le long du corps, laissant les canons de leur fulgurant dans une position de paix.
Iori tenait son bras gauche contre sa poitrine, entre lesquels elle tenait une liasse de papiers de rapports stratégiques et d’énumérations de régiments et de troupes. Elle tenait entre ses mains le résumé d’une guerre qui avait provoqué la mort de milliards d’êtres humains.
« Comme demandé, mon amour. » dit-elle en tendant les papiers à son mari. Ce dernier les saisit en souriant et la position de ses lèvres détendit l’atmosphère, comme si cela était signe de son état d’esprit qui se reflétait sur la pureté de son aura.
Il tourna quelques pages, ne faisant attention qu’aux détails les plus importants. « Le deuxième régiment de Lostrie et le 94ème de Goria sont prêts à venir défendre le premier étage. Tout cela pour un total de 14 000 hommes. Ce sera suffisant, je crois. Cela ne compte pas le piège que nous leur avons tendu sous le pavé juste devant. » fit Alexeï en se retournant vers la large porte d’entrée qui était laissée ouverte, gardée par une cinquantaine de Gardes Pourpres. Ces derniers, leurs fusils radiants lasers en bandoulières, se tenaient au garde-à-vous depuis plus d’une heure et ne semblaient toujours pas fatigués. Alexeï sourit face à une telle volonté. Il voyait qu’à l’extérieur c’était moins joli, cependant. Malgré que l’anneau intérieur de la ville soit d’une richesse grandiose, que les bâtiments soient ornés de plantes grimpantes, de bosquets artificiels d’arbres, qu’il y ait des fontaines ici et là, cela n’empêchait pas le maître de l’Ordo Goriae de voir le halo d’énergie dépassant des murs blindés situés à une centaine de kilomètres de là, là où ses hommes mourraient les uns après les autres sous un siège intensif. Il savait malheureusement que les estimations de son serviteur étaient erronées. Qu’un traître s’étant glissé parmi eux détruirait tout ce pourquoi ils avaient combattu! Il avait averti chaque régiment en garde des générateurs à plasma, mais si le traître était parmi eux, il ne pouvait rien y faire et il ne pouvait pas être lui-même partout à la fois afin de tout prévoir.

Il espéra seulement que la Tour du Gouvernement tienne suffisamment longtemps pour lui permettre de vaincre le nouveau maître afin que la Croisade Noire se démantèle contre la planète. Il avait déjà tué le très craint Abaddon, quel grand maître charismatique leur resterait-il dans une telle situation ? Aucun. Les forces du Chaos, par leur nature, s’entre-déchireraient pour la possession de la planète puis plus rien ne resterait. Leur pathétique Djihâd noir serait terminé.

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Le Colonel Dietrich du premier de Lostrie s’était acculé dos à une poutre de marbre alors qu’il voyait les flashs lumineux des explosions retentir partout autour de lui. Il était en colère du fait que la cathédrale était le plus grand point faible de la défense impériale. Situé à l’extérieur de la muraille bouclier, il subissait une grande part de l’assaut. Il entendit de nouveaux projectiles ricocher contre le pilier derrière lequel il était assis afin de garder sa tête le plus bas possible. Il vit les aigles de choc qui étaient avec lui fournir un feu concentré dans la masse qui progressait peu à peu dans les corridors. Leurs tirs se perdaient parfois dans des bouquets d’étincelles contre les barricades des infidèles. Ceux-ci, armés d’un équipement vétuste, étaient tout de même capables de causer du tort aux troupes du colonel. Ce dernier était tout de même confiant. Peu des membres de son peloton en défense de ce couloir étaient tombés. Leurs fusils radiant laser combinés à leur précision exemplaire faisaient d’eux des troupes d’élites et difficiles à vaincre. C’étaient là parmi les meilleurs hommes de la Garde Impériale.

Une grenade roula à leurs pieds et un soldat sortit aussitôt de son couvert pour l’éloigner. De son pied, il la renvoya vers l’expéditeur alors que sa cuisse droite était lacérée par une rafale de fusil mitrailleur, tandis que son épaulette droite recevait une autre rafale de fusil laser qui ricochait dans une gerbe d’étincelles qui s’étendit sur tout son plastron avant que quelques tirs ne parviennent à transpercer les couches de céramite. Le garde impérial retomba au sol, pris de convulsion. Dietrich fut au moins rassuré de voir que son soldat avait fait son travail et ce, efficacement. L’explosion qui retentit secoua totalement le corridor et leva un nuage de fumée chez les opposants. Ne s’en souciant guère, les aigles de choc continuèrent à cribler la position ennemie de rayons d’énergie incandescents. Toujours plus de corps s’ajoutaient sur le sol, mais l’ennemi parvenait constamment à avancer de quelques piliers pour se réfugier derrière ceux-ci et faire feu. L’architecture renversée de la pièce limitait le nombre de couvert, bien que les poutres couchées sur le côté sur le rebord des murs permettaient aisément d’y cacher une petite escouade. Le feu nourri qui projetait des échardes de pierre au-dessus de la tête du colonel le fatiguèrent bientôt et il lança une grenade à fragmentation qui vint exploser chez les infidèles qui revolèrent en pièces sur le sol. Bien qu’il ne soit plus jeune, Dietrich était encore capable de nombreux exploits. Sa première bataille ne le décourageait pas tellement, finalement. Il se releva et fit feu avec son pistolet laser de service, touchant un hérétique en pleine gorge et en blessant un autre à la jambe. Bien sûr, il avait vidé la moitié de sa batterie vers eux, mais leur couvert les avait maintes fois protégés. Il se baissa à temps pour s’éviter une pluie de balles qui vinrent ricocher contre le mur opposé à sa position. Le silence se fit alors et dix grenadiers quittèrent le peloton et s’avancèrent. Ceux-ci émettaient un cliquetis à chaque pas qu’ils effectuaient tant les pièces de leur armure carapace glissaient les unes sur les autres. Ils s’assurèrent de la mort de la vague d’assaut infidèle et virent certains corps grouiller, agités par les restes d’une vie qu’ils venaient de perdre. Quelques rayons lasers illuminèrent l’obscurité enfumée de la pièce. C’est alors que Dietrich remarqua quelques formes gigantesques en face de ses troupes d’élites. Il voulut hurler et ses hommes voulurent lever leurs armes pour faire feu, mais déjà, une pluie éthérée leur tombait dessus. Les détonations étaient sourdes et emplissaient l’air de poussière et de fragments. En quelques secondes, la moitié des hommes qui s’étaient avancés étaient retombés sur le sol, leur armure ouverte par de puissants projectiles et leurs tripes étendues sur le sol ou un bras arraché.
« Astartes ! » hurla Dietrich en se relevant pour faire feu de son pistolet laser. Il eut de la chance car celui qui l’avait pris pour cible manqua de précision à cet instant et les projectiles ricochèrent contre son couvert. Le colonel fut tout de même blessé par les fragments qu’il reçut et il se remit à couvert, ignorant la douleur qui lui avait saisi le bras droit. Il vit que ses aigles de choc répondaient à leurs assaillants. La précision des deux camps était exemplaire. Parfois, un tir de bolter ricochait contre la plaque pectorale des grenadiers alors que d’autres fois, leur casque disparaissait dans une gerbe d’hémoglobine et de métal tordu. Les armes à feu des Astartes étaient puissantes et cela ne faisait aucun doute. Cependant, Dietrich avait assisté aux tests d’armes à feu pour prouver la résistance de l’armure carapace et il était terrifié de voir à quel point ces exemples étaient erronés : les bolters ne faisaient aucune différence entre les plaques de céramite et la chair, les traversant avec une facilité déconcertante. Il vit un de ses hommes se jeter à découvert et faire feu devant lui, combattant sous les tirs comme un endiablé. Il avait réglé son fusil à la puissance maximale et les rayons d’énergie étaient d’un bleu ardent semblable à celui du plasma. En face d’eux, le colonel entendit un objet retomber sur le sol dans un bruit sourd. Son soldat fut aussitôt disloqué par les tirs, un bras volant d’un côté, ses viscères projetées à quelques mètres devant lui et sa tête disparaissant dans nuage de fumée écarlate. Son armure carapace, quant à elle, était renfoncée en certains endroits et avait tenu le coup où les tirs avaient été moins concentrés.

Un autre grenadier fut criblé de bolts, reculant sous les impacts. Le colonel sut que la plupart des os du malheureux s’étaient rompus sous les tirs répétés et qu’il était recouvert d’ecchymoses. Un dernier tir de cette courte rafale, bien qu’elle sembla durer une éternité, vint toucher le creux de l’épaule non renforcé du malheureux qui vit son bras se séparer de son corps dans une gerbe d’étincelles.

Dietrich commençait à suer abondamment et fut saisit de frissons terrifiants. Il commença à courir dans le sens opposé sous la pluie de tirs qui ricochaient tout autour de lui. Il se retourna quelques fois pour faire feu.
« Je vais avertir le gouverneur ! Tenez la ligne ! » hurla-t-il. Ses hommes lui crièrent qu’il était lâche et qu’il fuyait devant le combat. En fait, la vision des choses pour Dietrich était partagée. Les radios étant hors service, il voulait réellement avertir son seigneur. D’un autre côté, il était bien heureux de quitter cet enfer. Ils étaient dix Space Marines du Chaos à progresser vers les troupes d’élite de la Garde Impériale mais deux étaient déjà tombés sous les tirs concentrés. Kedras, leur Aspirant Champion, était confiant qu’ils allaient survivre à leurs blessures bien que celles-ci soient très graves, même pour des Astartes.

Son casque lui indiqua deux formes de chaleur derrière un pilier. Sa vision fut brouillée lorsqu’ils firent feu, la caloricité dispersée par l’énergie de leurs armes étant aveuglantes pour leurs lentilles infrarouges. L’Astartes répliqua d’une simple rafale de bolter. Les trois tirs ricochèrent contre l’armure du malheureux. Une nouvelle pression contrôlée sur la détente et l’impérial retombait au sol, son ventre ouvert et sa gorge déchirée. Ils étaient résistants, ces hommes, mais n’étaient que de simples humains avec un meilleur matériel. C’est la seule chose qui expliquait leur robustesse. L’intuition combinée à ses réflexes surhumains firent que Kedras se retourna assez rapidement pour s’éviter la charge d’un garde impérial armé d’un sabre parcouru d’éclairs.
« Tu vas bientôt savoir ce qu’est la douleur, humain. » beugla l’hérétique par ses haut-parleurs. Le garde impérial n’eut pas le temps de lever sa lame pour frapper que la hache tronçonneuse du Space Marine du chaos entaillait déjà l’armure carapace du malheureux et l’envoyait contre un mur tant la force d’impact était grande. Bien que le commando ne soit pas mort, le choc lui avait coupé le souffle et brisé quelques côtes. La blessure n’étant cependant pas assez grave pour l’empêcher de combattre, il se recula et sortit son pistolet radiant laser. Les câbles attachés à son paquetage dorsal furent à nouveau inondés d’énergie alors que le tir quittait la bouche du canon de l’arme, heurtant le casque blindé de l’Astartes à plusieurs reprises. Une lentille éclata sous la pression et la chaleur, projetant une gerbe d’étincelles tout autour de lui et le faisant hurler d’affliction et de colère. Du sang quittait désormais la visière de son heaume et il se tenait la paume de la main sur celle-ci. Sa réaction fut tout de même rapide et le canon de son arme à feu projeta une pluie explosive qui vaporisa le malheureux.

À sa droite, Kedras vit l’un de ses hommes tomber sous un rideau de plasma. Le fusil de leur ennemi explosa par la suite d’un tir précis.
« Avancez. Il n’est pas normal que de simples humains vous tiennent autant tête que cela. »
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

C’était dans un vent irréel qu’il se mouvait entre les baraquements et billettes des soldats endormis. Son regard vitrifié par la folie se posa sur les strates démesurées de la cité et se laissa conduire par les vents guidant les nuages de leur rythme infatigable. Il réduisit au silence un terrible frisson qui parcourut son échine dorsale, dernier vestige d’humanité qui tentait de le repousser de son terrible but, et continua de marcher en s’appuyant sur son long sceptre. Ses yeux se posèrent avec dégoût sur l’Aquila qui en ornait l’extrémité, étincelante de majesté et de droiture…

Mais bientôt, plus rien de cela n’existerait. Il continua sa marche, enjambant les débris encombrant une rue de ses jambes frêles. Il se plaqua dos contre le mur d’une sombre ruelle et attendit. Il vit dix hommes filer au pas de course. Ils crièrent quelque chose à l’adresse de silhouettes obscures plus loin, mais celui qui se tapissait dans l’obscurité n’en avait cure, tout autant qu’il ignora les tirs qui retentirent à la suite du discours du chef d’unité. Les hommes ne revinrent pas et d’un coup d’œil, le psyker s’assura qu’il n’y avait plus personne sur sa route et reprit sa marche. Plus personne sur la route... c’était un bien grand mot. Des blessés et des corps déchirés occupaient le sol au même titre que les gravats résultant d’un bombardement de longue période. Il ne comprenait toujours pas pourquoi l’anneau intérieur avait tant été touché par les affres de la guerre alors qu’un dôme d’énergie les protégeait depuis le début. Il cracha sur le sol à la vue de l’armure argentée d’une sœur de bataille. Celle-ci n’avait pas encore été récupérée par les hospitalières de l’Adeptus Ministorium. Le corps de la protectrice de la foi s’enflamma à la suite de son passage.

Griffent Clark arriva alors devant son objectif. Les longues minutes de progression dans l’obscurité avaient porté fruit. Il déboucha face à la large porte blindée de la salle des générateurs du bouclier protecteur de la cité, sous les projecteurs répandant une lumière artificielle d’un jaune désagréable. Le psyker assermenté du second régiment de Lostrie regarda les hommes qui couraient sur les rambardes du bâtiment, le mettant en joue depuis les hauteurs avec leur fusil laser, bien cachés derrière des sacs de sable.
« Veuillez montrer immédiatement votre laissez-passer individuel à l’ordinateur à votre droite ! » hurla le commandant de la position défensive. Sa voix était rauque et tentait d’imposer la peur au visiteur venu les importuner à cette heure tardive, mais ce dernier était capable de lire dans ses esprits et il savait que l’homme était apeuré et manquait de contrôle.
« Je suis le Psyker Assermenté Griffent Clark, première armée de Lostrie, sixième bataillon, deuxième régiment. J’ai été envoyé par le colonel Hofman inspecter le générateur de bouclier. » dit-il.
« Nous n’avons eu aucune missive à ce sujet, Sir Clark. Je vous invite donc à rebrousser chemin et revenir avec un mandat. »
« Oh, mais j’en ai un, regardez. » fit le psyker. Ses yeux furent saisis d’une lueur dansante de couleur violette, s’étendant dans tout son visage et l’assombrissant. Il leva une main, semblant montrer ses papiers, la paume vers l’officier. Sa position explosa dans un kaléidoscope enflammé, laissant des briques de plasbéton carbonisé retomber sur le sol. Les autres fusils lasers ouvrirent le feu, criblant l’hérétique de tirs. Ce dernier leva sa seconde main qui s’illumina de lumière noire avant de projeter un rayon d’obscurité qui envahit le portail blindé. Ce dernier laissa sa place dans un rideau de fumée qui s’écarta au passage du psyker, ce dernier marchant d’un pas lent et méthodique. Il dégaina son pistolet laser d’une main, ne daignant pas gaspiller son énergie sur de simples laquais. Son arme tonna à plusieurs reprises et il poursuivit sa route, laissant derrière lui un chemin de mort et de destruction…

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Hofman sirotait un café dans son bureau dans l’attente que son associé ne revienne. Ses yeux se posaient frénétiquement sur les papiers qu’il avait, difficilement éclairé par la lueur fébrile d’un néon en mauvais état. C’est alors qu’une explosion assourdissante retentit et, selon son estimation, elle venait de l’emplacement du générateur de boucliers.

Il se leva d’un bond alors que les sirènes d’alarme de la ville s’enclenchaient furieusement. Il saisit aussitôt son pistolet bolter et se dirigea vers la sortie. Il perdit pied lorsqu’une explosion non loin secoua le sol et il s’agrippa juste à temps au cadre de la porte. Celle-ci fut ouverte devant lui et un homme lui tendit un papier.
« Merci Hopkin. » fit l’officier en retournant sous la lueur de son néon. Le message était clair : il avait ordre de mobiliser sa troupe jusqu’à la Tour du Gouvernement. Son ordre de déploiement était signé. Il saisit la radio de son bureau, ignorant les explosions au mieux de ses capacités, et entra la fréquence sur son appareil archaïque.
« Ici colonel Hofman à tous les hommes du deuxième de Lostrie. Rassemblement dans la cour centrale des baraquements avec tout le matériel de combat. Que les blindés soient prêts au départ et que tout le matériel soit paqueté. Vous avez cinq minutes. »
Le vieil officier prit le temps de remplacer ses bottes de parade par celles qu’il utilisait en combat, laçant les fils de cuir avec une vitesse ahurissante, démontrant des années de pratique. Il posa ensuite sur son dos son faible gilet pare-balles et polit l’Aquila l’ornant à l’aide d’un mouchoir. Il n’avait pas revêtu son uniforme de combat et avait gardé celui qu’il utilisait lors des rencontres officielles et des repas entre officiers. Cela n’avait plus d’importance dans la situation actuelle.
Il tenta d’ignorer le sifflement strident des obus tombant tout autour de sa position alors qu’il finissait de se préparer. En quelques secondes, il était ressorti à l’extérieur, talonné par un peloton entier d’Aigles de Choc. Ceux-ci étaient équipés de fusils automatiques plus performants et précis que la norme des soldats et portaient des chargeurs de balle perce blindage, augmentant leur capacité de pénétration. Un mur céda juste derrière lui, levant un écran de poussière qui fit toussoter les membres du second régiment. Hofman saisit son masque à gaz attaché à sa ceinture et le mit en vitesse, aussitôt imité par ses gardes personnels.
« Colonel. Nous avons ordre de l’État-major de vous escorter en sécurité jusqu’à la Tour du Gouvernement. C’est primordial. »
« D’accord. Envoyez un homme avertir le Major Kendrick qu’il possède le commandement et qu’il doit amener les hommes jusqu’à notre assignation. »
« Ce sera fait, colonel. » fit un homme en saluant et en quittant au pas de course vers le côté opposé. Des déflagrations illuminaient la rue dans laquelle ils venaient tous de sortir, pulvérisant les soldats de la milice et des régiments de défense. Des hommes couraient tout autour du campement du premier régiment. Le colonel suivit ses gardes du corps jusqu’à une camionnette blindée d’un ancien modèle de chimère.

L’officiel entra par la rampe d’accès située à l’arrière et s’assit aussi confortablement que possible, tentant d’ignorer le bombardement constant. Il jeta un dernier regard par la porte sur les clôtures d’acier qui entouraient les bâtiments utilisés comme garnison à son unité. Tous les hommes qu’il avait connus pourraient disparaître dans un instant sous un bombardement ennemi et il ne pourrait rien y faire…

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« Plus personne ne doit attendre. Tout le monde doit combattre avec fougue et fierté ! Aujourd’hui, montrez-vous dignes du sacrifice qu’a fait l’Empereur-Dieu pour vous il y a des milliers d’années ! »
La voix du charismatique sauveur de Lostrie retentit partout dans les faubourgs et dans les spires de la cité. Erik était perdu dans les méandres de la bataille, voyant des monstruosités et des machines de guerres effrayantes s’avançant malgré leur rideau de feu. Une volée de plombs provenant de son arme laboura la poitrine d’un mutant qui s’élançait à découvert, comme tant d’autres. Leurs corps déformés se tordaient sous les coups comme une réponse aux accusations que les sains d’esprits faisaient à ces ordures consanguines. Le vieux barman jeta son fusil au visage d’un ennemi qui était trop proche de lui et se fit clouer au sol par une explosion qui tonna non loin. Un pied titanesque retomba sur le sol à une dizaine de mètres de lui, écrabouillant une partie de ses assaillants. Le milicien releva la tête et regarda la chose qui venait de s’interposer entre lui et ses ennemis.

Une majestueuse machine dont les réacteurs crachaient une douce fumée noire et huileuse, dont les armes rugissaient en direction des constructions ennemies fit un pas vers l’avant, broyant sous son socle cyclopéen tout un pâté de maisons. Une lumière aveuglante inonda un instant le quartier dans lequel le combat avait lieu et Erik n’eut d’autre choix que de fermer les yeux pour s’éviter la cécité. Une chaleur atroce envahit ensuite le champ de bataille alors qu’une pluie de débris retombait tout autour de lui. Un fragment ricocha sur le casque qu’il avait récupéré sur un soldat mort. Sa détermination augmentée par ces nouveaux renforts, il se releva, équipé d’un fusil laser, et sortit de son couvert en direction de l’ennemi, imité par de nombreux autres civils et militaires rassemblés en unités ad hoc comme la sienne. Son fusil crépita pendant quelques secondes puis fut à sec, ne lui laissant que la baïonnette pour seule arme. Il poussa un rugissement de défi et de colère et s’élança face à la vague humaine devant eux.

Leurs ennemis étaient deux fois plus nombreux, plus grands et plus forts, mais ils n’avaient pas la foi que Erik et ses frères de bataille avaient. Ils se rendirent tout de même compte à la dernière seconde de leur suicide : les ennemis se jetaient sur eux telle une déferlante “inarrêtable” et malgré les tirs de ses alliés, l’ennemi ne se ralentit guère. Le poignard blanchâtre servant de baïonnette au fusil du barman s’enfonça dans le plexus solaire d’un hérétique qui tomba au sol. Le vieil homme laissa l’arme enfoncée dans ce dernier et se saisit d’une épée rouillée gisant sur le sol non loin. Il frappa de taille et d’estoc sans aucune technique réelle, mais ses opposants faisaient de même, comptant plus sur leur force brute et sur leur nombre pour remporter la bataille. Peu à peu, les loyalistes succombaient aux coups, emportant tout de même leur lot d’ennemis dans la mort. Une nouvelle détonation retentit non loin et le Lostrien pu voir un bâtiment entier s’effondrer. C’était d’ailleurs dans ce dernier que les tireurs d’élite ennemis s’étaient engouffrés quelques instants avant. À cet instant même, le vieil homme se doutait qu’il n’y avait plus âme qui vive. Des sifflements stridents retentirent de nouveau alors que trois machines insectoïdes enjambaient les ruines de la structure fraîchement détruite pour s’élancer vers le titan Warhound qui épaulait les troupes impériales.

Un long canon à deux fûts installé sur ce dernier ouvrit le feu, illuminant de nouveau la position d’une lumière aveuglante. Cette fois, Erik n’eut pas le temps de fermer les yeux et sa rétine fut carbonisée. Il perdit la vue et l’ouïe au même moment et retomba sur le sol, incapable de quoique ce soit. Il cria mais ne s’entendit pas. Il sentit de lourdes bottes passer dans son dos et appuyer un poids considérable et fut certain que son corps allait se briser sous un tel poids. Il rampa à la recherche d’aide, mais il savait que jamais il n’en trouverait. Il pria l’Empereur de lui venir en aide et continua de s’éloigner. Il fut violemment soulevé du sol et projeté contre un mur. Il croyait au départ que c’était une explosion mais l’obscurité qui régnait dans son esprit lui laissait tout de même place à la réflexion et lorsqu’il sentit une poigne d’acier le maintenir contre le froid de l’acier, il comprit qu’il avait là affaire à un ennemi d’une rare puissante. Il se débattit à l’aide de ses jambes, ignorant où il frappait. Ses bras heurtèrent une surface métallique à plusieurs reprises jusqu’à ce que l’un d’entre eux sente la morsure froide et métallique d’une épée tronçonneuse qui lui arracha un membre. Erik hurla et se débattit d’avantage dans l’obscurité de son esprit. Il sentit tout d’un coup la poigne se défaire et il retomba lourdement sur le sol, abandonné à sa mort.

Le Capitaine Frederick se pencha sur le malheureux et le regarda avec des yeux compatissants. Il apposa ses mains pour faire le signe de l’Aquila sur le torse d’Erik et ce dernier esquissa un dernier sourire avant de dire « merci » avec une voix forte. Il était sourd et aveugle et son bras gauche était arraché et sanguinolent. Il serait bientôt mort et son cas était sans espoir. Le Space Marine se redressa et fit alors face de toute sa taille aux ennemis qui se dirigeaient vers lui. Il avait abattu deux Iron Warriors et il était d’autant plus prêt à en vaincre d’autres, mais ce qu’il vit le surprit davantage : grand, large, musculeux, il était lui-même géant en comparaison de l’Astartes.

Ce dernier tira une nouvelle fois la culasse de son fulgurant et pointa de ce dernier la créature démoniaque qui s’avançait à petit pas. Il tenait dans chaque main deux courtes haches tronçonneuses dont l’une avait le moteur arraché, probablement par un tir de bolter, alors que l’autre était tout simplement désactivée. Il s’élança en poussant un hurlement de rage qui fit même trembler le commandant de la 3ème compagnie des Crusade Guardians. Ce dernier ouvrit aussitôt le feu, projetant une rafale continue de bolts contre le berserk. Ce dernier avait des chaînes attachées çà et là sur son corps et traînant derrière lui dans un bruit métallique et son armure énergétique n’était plus qu’un souvenir. Malgré tout, la plupart des tirs lui arrachaient une gerbe de sang mais ne se logeait pas à un endroit dangereux. À force de tir, le berserk perdit un bras dans une giclée sanglante, son coude sectionné par les tirs explosifs, alors que la cage thoracique et les restes d’armure énergétique du demi-démon étaient couverts d’impacts de bolts. Il abattit sa hache tronçonneuse vers Frederick qui fit un bond de côté, s’évitant une mort certaine. Ce dernier activa son gantelet énergétique et frappa de toutes ses forces. Il connaissait à la perfection l’anatomie des Space Marines et il savait ou viser. Le bas de la colonne vertébrale était une bonne cible et son ennemi lui tournant encore dos était désormais une proie facile. Mais alors que son poing allait briser les vertèbres de la créature, cette dernière fit volte face et abattit sa lame vers le Space Marine. L’Aquila ornant sa plaque pectorale disparut dans un bouquet d’étincelles et d’éclats d’Adamantium alors que la lame de la hache s’enfonçait dans sa cuirasse par la simple force brutale du berserk.

Le souffle temporairement coupé, Frederick en avait vu d’autre. Il roula sur le côté alors que son troisième poumon renvoyait de l’air dans son corps et que son système produisait une nouvelle dose d’adrénaline pour augmenter les capacités de l’Astartes. Ce dernier évita de justesse une attaque qui aurait pu lui broyer le crâne à l’intérieur de sa protection dorsale. Il se rendit alors compte que l’impact qu’il avait reçu en plein ventre saignait abondamment. Son ennemi lui avait ouvert le ventre et déchiré certaines parties de ses intestins.
« Pour l’Empereur ! » hurla-t-il en se jetant à toute vitesse vers son ennemi. Un nouveau coup porté par ce dernier fut arrêté par le champ réfracteur de l’Armure Terminator, se dissipant en une pluie de tisons. D’un direct et d’un uppercut, le berserk était au sol, se pliant de douleur.

Il savait que la blessure qu’il avait endurée était très grave et qu’il aurait besoin de soins le plus rapidement possible, mais il était encore en mesure de combattre. Il leva son fulgurant pour achever son ennemi, pointant le double canon de ce dernier vers le crâne dégarni et ensanglanté de son adversaire vaincu. Il appuya sur la détente et une grêle complète de bolts s’abattit sur la boîte crânienne de ce dernier. Les premiers tirs fracturèrent les ossements alors que les derniers se chargèrent de répandre sa matière cervicale tout autour.

« Soldats de l’Empereur ! Avec moi ! » hurla-t-il en plongeant vers la masse de nouveaux arrivants. Il savait que, désormais, son armure ne le protégerait pas aussi bien et il sentit même quelques projectiles plonger dans la faille de celle-ci, mais qu’étaient de simples balles ou lasers face à l’endurance phénoménale d’un Space Marine ? Déjà, sa blessure avait coagulé et il ne perdait plus une goutte de sang et il sentait déjà ses hormones réparer son système, limitant les dégâts qu’il avait subit.

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C’était dans une mélodie distordue que produisait le bombardement de la Spire du Gouvernement. Ses boucliers personnels furent bientôt mis à terre. Dans le hall d’entrée, les béhémoths faits de pierre antique représentant les anciens maîtres de la planète retombèrent lourdement sur le sol, répandant leurs fragments tout autour. Les murs étaient secoués de plus en plus violemment et les décorations quittaient leurs socles dans un fracas assourdissant.

Accompagnés du chuchotement cérémoniel des Chevaliers Gris se répercutant contre les voûtes gothiques de la grande salle et se mêlant aux fumées ocres dégagées par les encensoirs des servocrânes virevoltant au-dessus de la large troupe rassemblée, les éclaireurs du 2ème de Lostrie, arrivés en avant garde, chantaient leur longue louange à l’Empereur-Dieu.
Un homme s’approcha d’un pas rapide de la forte stature du maître de l’Ordo Goriae, ce dernier se tenant les mains croisées dans le bas du dos, la tête haute, scrutant les détails de la porte blindée, il semblait impassible malgré le bombardement constant et le plafonnier dont les chaînes menaçaient de céder à tout instant pour lâcher leur lourde cargaison sur le centre de la pièce. Malgré tout, les Astartes restaient de marbre, continuant leurs cantiques.
« Seigneur ! » fit la voix tremblante du jeune homme qui s’était approché de lui. Alexeï se retourna et le fixa dans les yeux, l’émeraude de ceux-ci semblant être pénétrant comme un poignard. Il sonda un instant l’âme du messager.
« Qui a-t-il ? » demanda ce dernier de sa voix forte et apaisante.
« Les rapports. Une brèche dans les murs. Les boucliers sont tombés… on ne peut plus tenir ! »
« Activez l’opération Last Chance. Donnez en l’ordre. Le mot de passe est Canada. »
« Oui mon seigneur ! » fit le jeune soldat en faisant un garde-à-vous réglementaire et effectuant un salut parfait. Il tourna les talons et quitta.
« Merci. » fit Alexeï d’une voix troublée et il se retourna. Ses yeux étaient embrouillés par la peine et la peur. Mais c’était la hantise de l’échec implacable qui approchait peu à peu qui le perturbait davantage. L’étau se refermait. Il se retourna vers Iori qui était assise en tailleurs non loin, priant devant la large statue de leur mortelle déité trônant au centre de la pièce. Ce dieu d’or et d’argent à l’aspect serein avait souffert des premiers tremblements du bâtiment, des décorations avaient été pulvérisées et retirées par la chute de débris provenant du plafond de la structure.
« Mon amour. » fit Alexeï d’un ton calme. Elle ouvrit les yeux d’un coup sec et se redressa d’un bond agile avant de s’approcher de son mari. Ce dernier attendit qu’elle aie finit pour continuer. « L’heure est arrivée. »
Elle acquiesça et se retourna vers le technicien de l’Adeptus Mechanicus. Il était connecté à un panneau de contrôle situé à droite du local du téléporteur. Elle le héla et pu voir ses systèmes vitaux se réactiver. Des voyants s’allumèrent sur son corps cybernétique et de la vapeur recommença à quitter certains de ses mécanismes. Il s’approcha.
Elle parla d’une voix douce mais autoritaire.
« Préparez le téléporteur pour qu’il soit prêt le plus tôt possible. »
« Pour quelle destination ? » demanda le serviteur du Dieu-Machine.
« Le dernier étage. »
Il écarquilla les yeux.
« Cela risque de provoquer une trop grande fluctuation d’énergie dans le Spire, l’ennemi pourrait y téléporter ses troupes et profiter de cette brèche dans la réalité… »
« Nous connaissons les risques, mon ami. » fit Iori, « mais faites tout de même, c’est exactement ce que nous attendons. »
Le technicien acquiesça et quitta afin d’effectuer les directives qu’il avait reçues.

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Mort et destruction. Partout c’était le cas. Des machines de guerre progressaient entre les ruines des bâtiments afin de prendre avantage sur leur ennemi, alors que les troupes se déplaçaient tant bien que mal dans les gravats, tenant chaque portion de terrain avec une haine renouvelée ou assaillant une position avec rage.

« Tenez la ligne ! C’est l’ordre du haut commandement ! » hurla le lieutenant-colonel Benzin du 28ème régiment de Goria. Il était déjà à son troisième chargeur depuis le début de la fusillade et il n’avait plus de contact visuel avec le reste de son régiment. Sa radio morte, il espérait que la résolution de ses soldats soit suffisante. Il courut vers le bâtiment voisin, semblant danser entre la pluie lumineuse de lasers et de projectiles solides qui filaient en sa direction. Il était appuyé dos contre un mur et il sentait les impacts ricocher contre l’épaisse structure de plasbéton. Il effectua une courte prière à l’Empereur-Dieu avant de se retourner pour faire feu, quittant la sécurité de son couvert. Il mit à terre un trio de soldats en uniformes noirs. Il voyait les bannières de nouvelles unités s’approcher à grande vitesse et il savait que bientôt, ce serait la fin. Ils tenaient ce carrefour avec difficulté, maintenant à distance les premières vagues de soldats ayant percé la muraille, mais c’était peine perdue.

Une morsure brûlante le prit à la cuisse et, malgré lui, il tomba sur le sol. Il se tira jusqu’à couvert et saisit une seringue dans sa trousse médicale personnelle. Il s’injecta le liquide qui vint combattre la douleur… mais comme c’était le cas pour les troupes impériales, cela ne durerait pas longtemps. Il vit trois de ses hommes se jeter derrière les ruines d’une statue écroulée pour s’y coucher. Un char fut vaporisé à sa droite par un obus provenant de nulle part. Benzin quitta sa position de nouveau, marchant sur sa jambe blessée avec difficulté. Il se dirigea vers ses subordonnés tout en lâchant une pluie lumineuse vers de nouveaux assaillants. À sa droite, Gortek venait de propulser un missile à l’aide de son lance-roquettes vers un blindé fraîchement arrivé. La tourelle du Leman Russ peinturé de noir et recouvert de pointes acérées fut projetée dans les airs dans un jet de flammes.

« Rassemblement ! » hurla-t-il. Trois officiers accoururent dans sa direction. Sans attendre qu’ils disent quoi que ce soit, il prit les devants : « Je veux que vos trois pelotons aillent former une couverture dans ce bâtiment afin de couvrir le repli des civils et des unités désorganisées. Disposez deux de vos escouades dans les ruines de ce stationnement afin de nous éviter une prise de flanc par ces enfoirés ! »
Un obus éventra un mur à une vingtaine de mètres d’eux et cela provoqua leur chute au sol, soufflés par la force de l’explosion.
« Exécution ! Vite ! » hurla Benzin. Les hommes se relevèrent, le saluèrent et quittèrent au pas de course. Leurs hommes, une soixante tout au plus, obéirent comme prévu et se disposèrent dans les couverts sommaires qu’ils avaient à disposition.

Les obus pleuvaient tout autour d’eux et Benzin savait que bientôt ils seraient tous engloutis par le nombre de l’ennemi. Son fusil laser vide, il le jeta au sol et se saisit de son pistolet de service avant de progresser jusqu’au couvert d’une massive voiture de patrouille de la police locale. Il se redressa et fit feu avec son arme de poing, ce qui lui permit d’abattre deux autres attaquants. Ses confrères se mirent à couvert au coin de la rue, hors de son champ de vision. Le jeune colonel savait pourtant qu’ils ne tarderaient pas à revenir et à cet instant, il serait trop tard.
« Tenez cette putain de ligne ! » hurla-t-il aux hommes les plus proches. Ses soldats étaient éparpillés dans le carrefour, tentant de repousser une attaque dont le nombre était au moins cent fois supérieur au leur et ils ne réussissaient que par leur entraînement et le manque de discipline de l’ennemi. Lorsque la première force massive approcha, Benzin rechercha du regard la commande d’un détonateur. Il l’activa et les cent hérétiques sautant à découvert dans la rue disparurent dans une gerbe d’étincelles et de débris. Des cris de défi retentirent à sa gauche et il se retourna, il voyait, en provenance de l’autre rue, une dizaine de créatures inhumaines, transformés en bêtes recouvertes de tentacules, de membres et de lames osseuses. Elles plongeaient sans se soucier du feu de la garde impériale. Un homme se saisit du dernier lance-missiles de son unité et l’orienta vers la créature la plus proche qui disparut dans un nuage de gouttelettes de sang alors que ses neufs autres congénères s’élançaient à l’assaut, plongeant encore plus vite.
« Les charges ! » hurla Benzin, mais il savait que ses hommes ne l’avaient pas entendu à cause du son tonitruent du bombardement.
Un bâtiment s’écroula sur les monstruosités, fauché par une arme d’une taille éléphantesque. Les dents de celle-ci tournant le long de la lame s’arrêtèrent alors que la structure abattue laissait place à une forme gigantesque. Faisant une vingtaine de mètres de hauts, le Warhound ornementé de pointes orienta son canon à plasma vers la position du peloton de Levinzki. Le lieutenant-colonel cria à l’adresse de son second mais son cri se perdit dans le sifflement de l’arme qui projeta un aveuglant gaz ionisé qui vaporisa leur position, enflammant les voitures stationnées avant de les faire disparaître dans une sphère aussi lumineuse qu’un petit soleil. La chaleur fit suffoquer les hommes de Benzin qui se replièrent, désorganisés. Il vit Kolzack abattre deux fuyards de son pistolet bolter alors que sa casquette disparaissait par le vent aride qui balayait le bourg de la ville. Les bâtiments richement décorés n’existaient plus désormais, ils n’étaient que décombres enflammés. Des agri-dômes étaient brisés, les statues renversées... tout ce qui faisait la beauté des bâtiments de l’anneau intérieur s’était volatilisé en une fraction de seconde.

L’air étant encore plus lourd que jamais et son visage collé à l’asphalte brûlant lui permit de sentir les vibrations à leur paroxysme. La lumière dégagée par l’incendie laissa bientôt place à l’obscurité. Il leva le regard avec peine vers la forme qui bloquait une telle luminescence. La jambe ornée de chaînes sanguinolentes du Titan de reconnaissance avait broyé sous sa force un autre petit établissement alors que le canon de la machine de guerre s’orientait vers une nouvelle cible. Benzin s’approcha en rampant, espérant effectuer une dernière action héroïque avant de mourir. Déjà, des centaines de renégats inondaient le carrefour par leur présence infecte. Le jeune officier ignorait ce qu’il pouvait faire face à une telle monstruosité métallique. Il fouilla dans les poches de sa ceinture mais ne trouva que des grenades à fragmentation… rien qui était capable de l’aider à parvenir à son but. Il vit une charge de démolition non loin et su que c’était là sa chance. Il progressa encore de quelques centimètres puis tout devint blanc. Cela ne dura que l’espace d’un souffle, le temps que l’explosion des générateurs à plasma dissolve tout dans un rayon de cent mètres…

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Alexeï supervisa les derniers préparatifs de la défense de la Tour du Gouvernement. Il vit entrer, un à un, les hommes du 2ème de Lostrie, le Colonel Hofman à leur tête. Leur pas était lourd et leurs visages présentaient la crainte et la peur de la mort. Ils défilèrent ainsi, cinq milles hommes anéantis par la peine et la défaite, ayant pour dernière mission de sécuriser le rez-de-chaussée du Quartier Général de l’Imperium.
« Voilà mon régiment. » fit Hofman en s’approchant d’un pas rapide d’Alexeï. Ils échangèrent un rapide salut militaire. Alexeï acquiesça, regardant les hommes se poster en rangs devant les gigantesques escaliers menant à la cage d’ascenseur. Les larges rambardes les ornant étaient toujours gardées par une troupe de Gardes Pourpres et des sacs de sable avaient été ajoutés aux barrières du pallier dominant la pièce.
« Disposez vos troupes ici. Vous pouvez utiliser le second étage comme réserve, mais idéalement, personne ne doit se rendre aux marches tant qu’il reste un seul de vos hommes debout. Acceptez tout soldat Gorien qui se replierait à l’intérieur mais offrez-lui de se joindre à vos troupes, sinon, exécutez-le. »
« Entendu. » fit le colonel d’un ton froid et terrifié. Il n’avait jamais eu à exécuter d’hommes dans toute sa carrière mais il savait qu’il aurait probablement à le faire en cette triste nuit.
« Bonne chance. » fit Alexeï. Il jeta un regard de biais vers la gigantesque porte d’entrée qui était entrouverte. Il voyait qu’à l’extérieur, les hommes du 96ème régiment de Goria se mettaient en position, creusant des tranchées et alignant des barricades tout autour du pavé de la façade de la Spire.

Alexeï se dirigea vers le téléporteur où attendaient ses cent Chevaliers Gris. Aubéron, à leur tête, discutait calmement avec Iori et ils échangeaient des encouragements et des prières.
« Que l’Empereur nous garde, mes frères. » fit Alexeï en entrant dans la salle. Il fit un signe de tête au technoadepte qui acquiesça dans un grincement métallique. Un halo de lumière se forma autour du groupe et la température baissa d’une dizaine de degrés en une fraction de seconde. Des éclairs zébrèrent les murs de la pièce puis ils disparurent ce qui sembla durer une éternité. Lorsqu’Alexeï ouvrit les yeux, il sentit ses tripes se dénouer et vit que ses hommes se déployaient comme il leur avait été ordonné : au fond de la pièce, laissant l’espace nécessaire à ce que Samael et sa suite se téléportent.

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Mikael Palratov hurla sa douleur alors qu’une balle s’enfonça dans son épaule droite. Il se jeta derrière le couvert d’un pilier, ignorant les balles et bolts qui ricochaient contre sa solide surface. Il vit que les soldats du premier de Lostrie perdaient peu à peu de terrain face à l’attaque bien cordonnée. Une escouade entière de Space Marines portant des armures d’un rouge foncé aux bordures métalliques s’avança parmi les renégats. Leur chef, un géant au crâne dégarnit et à la chair blanchâtre, s’avança entre les tirs, encaissant des rafales complètes de fusil laser et automatique. Une balle perça visiblement son armure car quelques gouttes de sang la quittèrent, mais cela ne dura que quelques secondes et l’Astartes ne broncha pas. Il leva son épée tronçonneuse dans les airs et exhorta ses hommes au combat. Le technoprêtre posté à la droite du jeune gouverneur reçut une balle contre un de ses membres cybernétiques, ce qui ralentit davantage son travail.

Il devait finir de réparer le système de l’ascenseur qui les mènerait un étage ou deux plus haut avant de relâcher, ce qui serait suffisant pour laisser les défenseurs de Lostrie se replier avec le reste du régiment. Les Gardes Pourpres du politicien se mirent en cercle défensif autour de ce dernier, leurs lourdes armures carapaces encaissant la plupart des tirs et les déviant. Un de ses hommes tomba sur le sol, sa plaque pectorale éventrée par une courte rafale de bolter. Un autre des soldats d’élite fit feu avec son fuseur, visant l’Aspirant Champion Kerdras mais l’éclair d’énergie fila à sa droite et toucha un autre de ses élus. Celui-ci perdit en consistance, liquéfié. Il hurla quelques secondes durant mais le Word Bearer acheva sa souffrance d’un bolt en pleine tête.
« Avancez ! » hurla le chef de la force. Ses serviteurs s’élancèrent au combat, encouragés et motivés. Leurs armes rudimentaires tonnèrent et criblèrent les impériaux de balles et de lasers mais peu tombèrent. Les barricades encaissaient tant bien que mal et, lorsqu’elles faisaient défauts, les plaques de céramite des armures carapaces et les gilets pare-balles prenaient le relais. Une recrue du premier régiment fut éventrée par un bolt en pleine poitrine et retomba lourdement sur le sol, secoué par des derniers spasmes alors que sa vie le quittait.
« Alors, ça vient ? » demanda Palratov, faisant feu de son pistolet plasma dans la masse, visant avant tout les Astartes du Chaos. Il faucha le bras gauche de Kerdras qui poussa un sourd rugissement en s’élançant droit devant. Palratov tira son épée hors de son fourreau, jetant son arme vide sur le côté et se préparant à recevoir la charge. Il savait que les armes de ses frères ne pourraient l’arrêter. Un tir toucha l’hérétique à la gorge et provoqua une large brûlure de laquelle dégoulina du sang. Désormais, sa jugulaire était ouverte et il allait mourir au bout de son sang. C’est du moins ce qu’espéra le politicien.
« Oui ça vient, laissez moi encore une minute. » fit le serviteur de l’Adeptus Mechanicus de sa voix au ton monotone.
« On n’a pas une minute ! » beugla le Gouverneur en se retournant vers le Space Marine du Chaos qui l’avait pris pour cible. Ce dernier fut alors emporté par une boule de lumière.
« Pour l’Empereur ! » hurla une voix que le jeune monarque de Lostrie connaissait désormais très bien. Il se retourna et vit Dietrich, ce dernier s’élançant épée tronçonneuse en main contre la masse d’hérétiques… mais son seul but était de se rendre jusqu’à la position des hommes sous le commandement de Mikael. Ce dernier dégaina son pistolet laser et nourrit la pluie de tirs à l’aide de son arme de poing, ajoutant quelques morts au charnier. Le petit peloton accompagnant le colonel suivit ce dernier jusqu’à l’entrée de l’ascenseur. La chaleur et la déflagration de la grenade à plasma qu’avait lancée l’officier supérieur avait cloué l’ennemi au sol et cela avait été suffisant pour que l’ascenseur puisse être ouvert.
« Il n’y a de la place que pour une dizaine d’hommes… » soupira Mikael.
« Prenez neuf gardes pourpres et montez. Nous les retiendrons le plus longtemps possible ! » ordonna fermement le colonel.
« Et vous ? »
« Je reste ici. Je ne vous aimais pas au début, gouverneur, mais vous êtes un homme bon. Menez cette lutte jusqu’à la fin. » fit Dietrich en poussant le jeune homme à l’intérieur et en pressant ses gardes du corps d’entrer. Il emplit l’ascenseur au-delà de sa capacité maximale et le technoprêtre referma les portes sous la pluie de tirs.
« Soldats de l’Empereur ! Premier Régiment ! Montrez que vous êtes les meilleurs ! Pour Lostrie ! »
Les gardes de défense planétaire redoublèrent d’efforts, ajoutant de nombreux morts au spectacle de l’enfer.
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Quelles que soient nos croyances, aujourd'hui il est temps de défendre notre réalité en se tenant dos à dos et épaule à épaule afin de protéger et créer la liberté à laquelle nous aspirons tous.

-Alexeï Daïmoxe


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Alexeï Daïmoxe
Archange Impérial

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MessagePosté le: Ven 18 Avr - 15:49 (2008)    Sujet du message: Bataille finale partie 3 Répondre en citant

Ses yeux verts scrutaient l’immensité de la capitale par la baie vitrée du dernier étage de la Grande Spire du Gouvernement. La ville était animée d’une kyrielle d’explosions et était secouée par la danse macabre de l’ennemi marchant dans les rues dans le but de faire couler le sang de leurs opposants. Des géants d’acier combattaient aux côtés de régiments blindés et de divisions d’infanterie, provoquant des pluies d’explosions qui déchiraient les rangs d’un camp comme d’un autre. Un gigantesque Warlord fut alors touché par un missile qui heurta le bas de son réacteur. En une fraction de seconde, dix pâtés de maisons disparurent. Alexeï fut satisfait du sacrifice du princeps commandant le Titan. S’étant jeté dans les lignes ennemies pour combattre jusqu’à la fin, sa destruction avait considérablement ralentit la progression ennemie. Lorsque la fumée dégagée par son explosion se dissipa, il ne restait là plus qu’un cratère dont le rock était rougi tant la chaleur était grande… mais déjà les forces du Grand Ennemi progressaient dans cette terre de désolation, supportant tant bien que mal la chaleur mortelle des lieux. Partout ailleurs c’était le même schéma : des quartiers ravagés par les combats, des fusillades d’infanterie comportant des milliers de soldats ou des duels de blindés emportant des dizaines de bâtiments. Le ciel obscur laisserait bientôt place à l’astre du jour, mais tout cela serait probablement terminé d’ici là. Alexeï se retourna et éleva de la voix. Il sentait que, bientôt, son esprit ne pourrait plus retenir les visions qui le hantaient et qui étaient enfermées dans les dédales de son esprit depuis des temps immémoriaux. Ses neurones étaient hantés d’énergie psychique qui ne désiraient que céder face à la vague de souvenirs provenant du futur et du passé à la fois. Il serra les dents alors qu’un atroce mal de tête s’emparait de lui. Il regarda un instant le holster de son pistolet plasma. Comme pour un humain normal il aurait été facile de se vaporiser la cervelle et de mettre fin à sa souffrance. Mais sa douleur n’était rien face à celle de ce monde mourant sous ses yeux. Il pivota lentement de droite à gauche, détaillant ses hommes du regard. Les Astartes longeaient la baie vitrée dans laquelle Alexeï s’était réfugié quelques secondes plus tôt, faisant face au reste de la large et sombre pièce. Celle-ci avait autrefois servi d’entrepôt pour l’aviation se posant sur l’ancienne piste d’atterrissage située sur la pointe de la spire.
Il commençait à se demander si le but de son ennemi était bien de venir le tuer par lui-même où s’il lui avait fait une misérable plaisanterie qui conduirait à la destruction de ses dernières chances de faire du mal aux forces de la ruine. Alexeï les sentait désormais, tous ses doutes s’étaient évanouis et, pendant un instant, il avait sentit son esprit se clarifier. Les maux martelant sa tempe gauche cessèrent, sa vision prit une clarté comme il ne l’avait jamais cru possible en quarante milles ans. Il croisa les bras sur sa large poitrine et jeta un regard à Aubéron et Iori qui le flanquaient.
« Le moment est venu. Ils arrivent. » fit Alexeï.
« Mes facultés me l’ont fait sentir aussi. » dit Iori.
« Je ne sens rien pour ma part. » murmura le frère-capitaine, surpris. « Comment est-ce possible que… »
Il n’eut rien le temps de dire davantage que le tissus de la réalité rompit dans un bruit de mille gorges se déchirant. Du sang retomba sur le sol jusqu’à une dizaine de mètres devant les serviteurs de l’Empereur. Les Chevaliers Gris dressèrent leur fulgurant, imités par leur chef et les deux Archanges.
La forme d’une centaine de larges Space Marines du Chaos apparut sous leurs yeux, se détaillant au fur et à mesure que le vortex d’énergie se dissipait, léchant les murs de ses éclairs noirâtres. Les néons eurent quelques ratés puis tombèrent finalement hors service… mais cela n’avait aucune importance. Les Space Marines comme les Envoyés de l’Empereur avaient une excellente vision nocturne. Alexeï reconnut une seule forme dans la masse des attaquants : celle du titanesque prince démon des Word Bearers.
Les yeux de ce dernier luisaient d’un feu vert et maladif dans l’obscurité, éclairant les guerriers en Armures Tactiques Dreadnoughts à ses côtés. Il tenait quelque chose entre ses mains qu’il jeta droit vers Alexeï. La dague de ce dernier s’arrêta à quelques millimètres de sa chair et retomba lourdement sur le sol. Le maître de l’Ordo Goriae se pencha et s’en saisit, la retournant entre ses larges doigts avant de l’enfoncer dans son fourreau. Il avait tout de même gardé sa visée avec son pistolet plasma.
« Ne pouvons-nous pas régler cela de façon civilisée ? » demanda le seigneur des Porteurs de l’Apocalypse d’une voix mélodieuse et puissante. « Notre Seigneur ici présent, Samael, incarnation divine, ne devrait pas être soumis à une bataille aussi futile. »
Alexeï cracha sur le sol de façon méprisante et sourit ensuite, ses yeux brillant d’une lueur malsaine.
« Alors si cette bataille est futile, pourquoi Sa divine puissance s’est-il présenté devant moi ? Peut-être que dans ma futilité, intéresserais-je Sa stupidité… heu pardon, curiosité… jusqu’au point de l’amener jusqu’à moi ? »
Le sourire de Belphégor s’effondra, laissant place à un élan de colère.
« Misérable rat ! Attend que j’aie ta pe… » commença-t-il, seulement coupé par la large main de Samael se posant sur sa gueule bardée de crocs acérés.
« Calme-toi, enfant. » fit Samael d’une voix grave et douce à la fois. « Nous nous chargerons de lui. Byleth. »
Un autre Astartes s’approcha. Il était plus petit que la plupart des Space Marines, ne faisant que deux mètres, Alexeï se rendit rapidement compte qu’il s’agissait là d’un novice, pourtant, il dégageait une grande puissance.
« Occupe-toi du laquais qui commande leurs Space Marines. Montre l’exemple. »
« Bien. » fit-il d’une voix calme.
« Oh, comme j’aime entendre vos stratégies divinement sous développée. » fit Alexeï avec un sourire moqueur. « Feu. »
Son ordre fut donné sur un ton cassant et brutal. Il vit que Samael ne bougea pas alors que ses serviteurs se mettaient en cercle autour de lui, Belphégor et le dénommé Byleth en tête. La pluie de tirs qui s’abattit vers eux faucha tout au plus une demie douzaine de Terminators, dont la plupart gisaient simplement au sol, blessés et mis hors de combat. D’une simple pression psychique, Belphégor pulpa un des Chevaliers Gris alors que ceux-ci criblaient les hérétiques de tirs à l’aide de leur fulgurant. Les Terminators avancèrent alors d’un pas relativement rapide, déclenchant à leur tour leur déluge de feu. Les psycanons des impériaux donnèrent de la voix et rapidement, le combat tourna au massacre. Lorsque la cellule d’énergie d’Alexeï fut vidée, il jeta son arme au sol et tira une dague hors de l’un de ses fourreaux situés sur sa hanche droite. Il joua de sa poigne entre ses doigts et la tint finalement lame vers le bas. Sa main droite vint à la gauche de son bassin et il saisit le pommeau de son épée, qu’il tira d’un coup sec avant de la tendre droit devant.
« Soldats de l’Empereur-Dieu ! Purgez ces infidèles ! »

Alexeï s’élança aussitôt, pris d’une divine colère, accompagné des Terminators Chevaliers Gris et des Astartes en armure Aegis. Aubéron tentait de maintenir la cadence, imité par ses subordonnés, mais l’Archange était inarrêtable. Un renégat dressa sa masse d’armes énergétique pour l’abattre contre son assaillant mais Alexeï le désarma à l’aide de sa dague avant de projeter son genou directement dans la cage thoracique du guerrier portant la lourde armure Tactique Dreadnought. Ce fut dans un bruit sourd que l’hérétique retomba sur le dos. La mêlée commença réellement au contact des Space Marines du 666ème Chapitre. Leurs armes de force Némésis tranchèrent dans les rangs des renégats qui tentèrent de répliquer dans les premières phases avec difficulté. Une dizaine tomba dans les premières secondes de combat puis tout se transforma en capharnaüm. Le Maître de l’Ordo Goriae encaissa une rafale de bolter en pleine poitrine avant balayer son ennemi à l’aide de Crusader, sa lame immaculée et argentée goûtant à la chair de l’infidèle qui fut propulsé en arrière tant la force psychique insérée dans la lame était grande. Alexeï trancha dans les infidèles, en faisant tomber une dizaine face à lui avant qu’un impact violent se fasse ressentir contre son crâne. Il tomba à genoux. Byleth leva de nouveau la hache démoniaque qu’il tenait entre ses mains. La créature enfermée à l’intérieur gloussa de plaisir à la vue de l’âme qu’il allait bientôt dévorer. L’élu de Khorne n’était qu’un bambin lorsque le Prince Démon Baâl l’avait récupéré dans la précédente croisade, et aujourd’hui, il n’avait qu’une vingtaine d’années et occupait déjà le poste de Garde du Corps personnel de Samael, occupant une place que des Astartes avaient côtoyés pendant des siècles.
Un seul coup de l’arme que le jeune renégat tenait entre les mains aurait peut-être pu achever Alexeï. Qui sait ? Il n’en eut jamais le temps. La forme massive d’Aubéron s’était jetée de tout son poids contre l’hérétique qui retomba quelques mètres plus loin. Les deux guerriers luttèrent ainsi pendant de longues minutes, échangeant coups de gantelets d’adamantium et de genoux. Byleth repoussa le sale chien qui s’attaquait à lui à l’aide de ses deux pieds joints et se remit sur pied. Sa main reprit rapidement son arme démoniaque qu’il mit en garde avant de s’élancer vers Aubéron qui tenait de nouveau sa large épée de force. Ils frappèrent ainsi de taille et d’estoc durant de longues minutes alors qu’autour d’eux, c’était réellement l’apocalypse.

L’Archange était encore à genoux, immobilisé, souffrant. Il sentait son esprit se disloquer et des images de toutes les époques inonder la corolle de ses pensées . Il vit un monde en paix un instant, une galaxie ravagée et détruite une autre fois. Son passé et le futur se mélangèrent à son présent, les images anciennes de visions prophétiques du futur lui revenant rapidement en tête. Un instant, il vit un gigantesque guerrier en armure dorée et à l’épée enflammée, un visage serein arborant une attitude paisible et ses yeux brillant d’une intelligence bienveillante. La seconde suivante, il voyait un large guerrier en armure Terminator brandir un marteau tonnerre au-dessus du crâne d’un homme en uniforme. Alexeï se retourna vivement et ce qu’il vit se fusionna avec la vision prophétique, prévoyant l’attaque du plat de son épée, désarmant l’hérétique. L’Archange se redressa d’un bond et balaya son ennemi du revers de sa main gauche, l’envoyant contre la baie vitrée qui se brisa à son contact plus que violent. Alexeï jeta un regard autour de lui et vit Iori, celle-ci projetant des éclairs tout autour d’elle et pulvérisant ses assaillants. Lorsqu’un fut trop près d’elle, ses mains s’illuminèrent et elle matérialisa une fine épée brillant d’une lumière d’une blancheur aveuglante. Elle cisailla les infidèles à grands coups circulaires, ignorant toute finesse face à de tels hérétiques. Elle en saisit un de sa main gauche et le jeta dans les profondeurs abyssales de la cité par l’anse dont les dernières pièces de verre retombaient sur le sol ou dans le vide infini. Elle se pencha et évita une attaque circulaire avant de pulvériser le crâne de son ennemi d’un direct. Deux renégats s’élancèrent vers elle mais ses yeux échappèrent chacun un éclair qui les liquéfia.

Jusqu’à maintenant, une telle dévotion et une telle force firent pencher la balance chez les hérétiques et Samael les regardait, ses orbites vides scrutant le fond de la bataille. Il entendit alors un hurlement puissant et autoritaire. « Van Reita ! Maintenant ! »
À cet instant, provenant de derrière Samael, un sifflement strident retentit. De la vapeur quitta les pistons des jambes de l’engin qui se dressait derrière le seigneur du Chaos. Ce dernier fit volte-face d’un coup sec, sa large et longue épée noire en mains. Un dreadnought aux livrées de Goria s’imposait à la mêlée.
« Je suis là et au combat. » fit la voix familière du vieux général de la garde impériale. Des bolts ricochèrent sur sa surface blindée mais sans aucun effet. Sentant la menace émanant du gantelet du marcheur, Samael leva calmement une main et s’apprêta à propulser la machine dans les enfers. Celle-ci réagit prestement et son autocanon cribla le maître des Enfers d’obus miniatures qui explosèrent sur la lourde armure terminator les uns après les autres dans une pluie qui ne fut interrompue que lorsque le chargeur fut vidé. La vue du prince démon lui revint lorsque le feu quittant le canon de son nouvel ennemi cessa mais il était déjà trop tard. Ignorant comment ses réflexes avaient été aussi facilement dupés, le gantelet énergétique de son ennemi le saisit d’une poigne puissante et le Dreadnought pivota sur son bassin dans un grincement métallique strident avant de projeter son arme de corps à corps contre un mur dans le but d’y pulvériser sa prise. Un écran de poussière se leva du mur défoncé et lorsqu’elle se dissipa, Van Reita vit Samael se redresser. Ce dernier plongea sa main gauche au centre du blindage de la machine et un hurlement de douleur retentit. Lorsque le seigneur des ténèbres retira son membre, il tenait entre ses doigts blindés le cœur encore battant du vieux général. Les systèmes de survie interne du marcheur se chargèrent aussitôt d’effectuer des soins d’urgence et de compenser la perte du muscle vital par un système autonome secondaire. Malgré tout, l’utilisateur de la relique technologique n’était pas un Space Marine et ses plaies ne cicatrisaient guère vite. Le sang du vieil homme commençait à couler sur son torse… mais il avait encore le temps d’abattre son ennemi. Samael lui avait tourné le dos, croyant son opposant mort. Cela suffit à le…
Le gantelet énergétique de la machine de guerre s’enfonça dans le sol blindé, gondolant ce dernier. Le Seigneur de la Croisade Noire abattit son pied droit contre l’articulation de la machine qui céda sous l’impact dans un grincement sinistre. Van Reita fit pivoter le corps de l’engin avec ce qu’il restait de sa conscience pour orienter le canon rotatif vers sa cible. L’hérétique enfonça tout simplement sa main dans le trou déjà fait et se saisit du rebord, le tirant de toutes ses forces jusqu’à disloquer la cage blindée du Dreadnought. La machine poussa un dernier soupir alors que le corps meurtri à l’intérieur retombait sur le plancher, au milieu des ruines.
Samael se retourna, impassible. Sa peau blanchâtre était couverte du sang de son ennemi et de la suie dégagée par les impacts de canon d’assaut contre son armure. Il fit demi-tour et vit alors Alexeï projeter un de ses hommes au travers du mur d’un seul coup de son poing gauche.
« Mort aux infidèles ! » hurla l’Archange, apposant sa main sur le dos d’un guerrier trop occupé à combattre en duel avec un autre Chevalier Gris. Une gerbe d’éclairs quitta sa paume et fit fondre le renégat. L’Astartes chasseur de démons allait faire volte-face mais une épée traversa sa gorge et fut retirée brusquement, lui arrachant la moitié du crâne.
« Pour l’Empereur ! » fit-il en chargeant de nouveau, ses bottes de cuir lacées piétinant sans gêne les cadavres et martelant lourdement le sol. Sa main gauche, de nouveau équipée d’une dague, fut levée afin de l’abattre sur un terminator lui faisant face. Ce dernier vint saisir l’arrière du crâne de l’infidèle et l’attira contre le sol dans une gerbe de sang alors que l’Archange en balayait deux autres de sa lame bénie. Il continuait le combat alors que la stature infernale de Belphégor luttait contre celle fine et petite de Iori en comparaison avec sa taille gigantesque. Le Word Bearer échangea une pluie de coups avec l’Archange. Celle-ci dévia la plupart d’entre eux et finit par enfoncer sa lame dans les côtes du prince démon avant d’être repoussée d’un coup du plat de la lame démoniaque de Belphégor. Ce dernier s’avança de quelques pas lourds vers Iori et leva sa lame au-dessus de sa tête ornée de larges pointes. Iori roula sur le côté et évita un coup dévastateur qui fendit le sol sur une dizaine de mètres. La maîtresse de l’Ordo Goriae matérialisa de nouveau son épée entre ses mains et plongea droit devant, effectuant une roulade qui lui permit d’éviter la lame dentelée du seigneur des Word Bearers. Iori enfonça de nouveau son fer dans les côtes du Prince Démon et tenta d’y déployer toute sa force psychique mais Belphégor se saisit de la lame à l’aide de sa main libre, la pliant de sa simple force.
« Comment… ? » fit l’Archange d’une voix douce mais emplie de stupeur. Le prince démon rejeta l’arme endommagée et vide d’énergie sur le côté et envoya un puissant coup de poing au visage de la malheureuse. Les jointures, chacune presque aussi grosse que le visage d’un homme de taille normal, heurtèrent le nez d’Iori, celle-ci propulsée une dizaine de mètres en arrière avant de retomber sur le sol. Elle tenta de concevoir son épée faite de son énergie divine mais rien ne se produit. Des éclairs blanchâtres dansèrent entre ses doigts mais ce fut en vain. Elle regarda autour d’elle. Plus le Prince Démon approchait, plus elle reculait, s’acculant au reste du verre blindé bordant la baie vitrée qui donnait sur le reste de la ville et la grande Cathédrale dont la forme écrasée était agitée d’explosions et de secousses toutes plus violentes les unes que les autres. Lorsque Belphégor ne fut situé qu’à trois mètres d’elle, elle sentit la plupart de ses énergies la fuir, comme si son puissant adversaire drainait sa force vitale. Elle vit que la lumière dégagée par son aura divin se dissipait peu à peu, la plongeant dans l’obscurité. Sa main tâta le sol et les cadavres à portée, touchant le métal froid des armures Aegis des premiers Chevaliers Gris morts au combat. Elle sentit la poigne glaciale d’une hallebarde de force Némésis dans laquelle elle fit couler ses dernières forces. Son aura de protection disparut complètement, tout comme ses facultés psychiques. C’était sa dernière chance de vaincre son ennemi. Elle plongea sa lame droit devant vers la seule faille visible du démon. La lame se heurta aux côtes du démon mais ne parvint jamais à percer sa chair.
Belphégor éclata d’un rire mélodieux qui terrorisa Iori qui reculait. Le seigneur du Chaos leva sa lame au-dessus de sa tête, lame vers le bas…


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Un petit cri de douleur retentit aussi bien dans le Warp que dans le monde réel et la perception divine d’Alexeï lui permit de le reconnaître malgré la fuite des âmes de millions de morts dans la ville. Iori était tombée. Le choc fut semblable à celui d’un vaisseau spatial propulsé à toute vitesse entrant en collision avec la poitrine d’un cadavre en suspension dans l’espace. Alexeï posa un genou à terre et lâcha ses armes qui retombèrent lourdement. Il vit les molécules de poussière en suspension se faire dépasser peu à peu par les lames qui touchèrent le sol dans un cliquetis métallique quelques secondes plus tard. Il prit une longue inspiration qui sembla prendre toute l’air dans la pièce. Ses poumons se gonflèrent douloureusement, son sternum se dilata et laissa la place nécessaire à une telle réserve d’oxygène. Il releva la tête, les yeux inondés de flammes infernales dégageant une lumière bleue aveuglante et d’une pureté sans limite. Ses traits étaient tirés par la peine et la colère, sa poitrine se bombait et se dégonflait à une vitesse saccadée. Il saisit rapidement Crusader et effectua un coup circulaire de gauche à droite qui trancha trois ennemis qui s’approchaient de lui. Il se redressa d’un bond qui fit trembler le sol. Tout parut lent à cet instant. Il fixa le dos de Belphégor qui se dressait à l’emplacement des énergies vitales résiduelles d’Iori. Le maître de l’Ordo Goriae rangea lentement son épée dans son fourreau et s’avança alors, lentement mais sûrement, au centre de la mêlée. L’obscurité n’était que coupée par les flashs des fulgurants et des bolters combinés des Astartes s’entre-tuant dans la pièce. Cinq Space Marines s’avancèrent vers lui, leurs armes énergétiques pointées vers la gorge d’Alexeï. Ce dernier balaya devant lui du revers de chaque main, repoussant ces nouveaux assaillants sur le côté puis il arriva dos à son ennemi. Son pas avait été lent, calculé, le sol avait tremblé à chaque fois qu’il avait posé le talon, ses pieds avaient laissé des marques dans le plancher de la pièce, les néons s’étaient brisés sous les impacts. Belphégor se retourna, le sourire aux lèvres, fier de son accomplissement, mais lorsqu’il vit qui se dressait face à lui, son expression changea. Il tenta de dresser son épée mais Alexeï saisit la main du démon et l’envoya valser vers le mur le plus proche. Le contact fut violent et la massive stature, faisant près de sept mètres de haut, du Prince Démon s’encastra dans l’Adamantium. Faisant un bond en avant, le seigneur de Goria tira une dague qu’il fit tournoyer entre ses doigts comme s’il s’agissait d’un revolver. Belphégor tenta de lui asséner un coup de ses griffes acérées mais Alexeï fut plus rapide. Sa main gauche se saisit du poignet démesuré de la créature. Il fit un bond et enfonça sa dague dans le bras de l’humanoïde jusqu’à ce que la lame ne s’enfonce dans le mur.

Alexeï retomba lourdement sur le sol. Le Prince Démon tenta de se déprendre et envoya sa main droite en un poing fermé et énorme qui aurait pu pulvériser un homme au moindre impact. Alexeï répliqua plus tôt et envoya un coup de poing entre les jambes de son adversaire, gondolant son armure et propulsant des câbles énergétiques hors de la plaque pectorale tant la pression fut grande. Belphégor se pencha et poussa un sinistre hurlement. Alexeï se saisit de l’une des cornes quittant ses tempes et le tira visage vers lui.
« Crains-moi, rat du Warp ! Je suis Alexeï Septimus ! Maître de l’Ordo Goriae, seigneur de Goria et Divin Archange de l’Empereur-Dieu ! Crains ma juste colère ! »
Alexeï tira si fort que la dague enfoncée dans le bras du démon lui déchira les chairs et les muscles avant que la corne de son crâne ne se brise par un second coup de poing.
« Tu paieras pour tes insultes, comme ton idiote soumise l’a fait ! » hurla le Prince Démon d’un cri qui aurait déchiré les tympans de tout homme normalement constitué. Le Word Bearer effectua une nouvelle tentative de coup de poing qu’Alexeï dévia avant de lui briser le poignet à l’aide de ses deux mains. Faisant de nouveau un bond en dépliant les genoux, Alexeï arriva suffisamment haut pour finir de crucifier le démon contre le mur en utilisant sa seconde dague. Belphégor, suspendu dans les airs et incapable d’user de ses bras, poussa un hurlement de rage.
« Comment est-ce possible… » commença-t-il. Alexeï lui avait déjà tourné le dos, le laissant là, sous les regards étonnés des Astartes des deux camps. Le seigneur de Goria s’agenouilla près de la dernière arme que Iori avait utilisée. L’hallebarde de force Némésis grésillait encore d’énergie divine.
« Elle aura droit de porter le dernier coup. » fit Alexeï en se relevant. Malgré les flammes qui léchaient ses orbites et leur contour, une larme coula le long de sa joue, suivie d’une autre... Il tenait l’arme, pointe vers l’avant, de ses deux mains. Tous purent alors voir des éclairs parcourir ses membres et son aura s’amplifier jusqu’à éclairer la pièce dans son entièreté. Il enfonça l’arme dans la poitrine du Prince Démon, pulvérisant son sternum et sa colonne vertébrale avant qu’il ne finisse empalé. Alexeï lâcha prise, pensant qu’il avait vaincu son ennemi. Ce dernier était tellement affaibli que son aura ne dégageait presque plus rien. La voix d’Alexeï tremblait de douleur et de colère.
« Aubéron ! » hurla-t-il, faisant trembler la pièce tant sa peine était grande: « Effectue le plan, comme prévu ! »
Le Chevalier Gris enfonça sa lame dans le ventre d’un hérétique qui retomba sur le sol avant de la retirer désormais teintée du sang de l’ennemi. Il acquiesça et appuya sur sa balise de téléportation. Alexeï échangea un dernier regard avec lui. Ce qui vit Aubéron le sidéra. Les joues de l’Archange étaient trempées par les larmes, son corps dégageait une aura de flammes bleutées et ses yeux projetant une vive lumière. Les autres Chevaliers Gris disparurent à leur tour, laissant Alexeï seul face aux derniers Space Marines du Chaos.

Byleth jeta un regard de biais à Belphégor tout en étant tourné vers son nouveau maître.
« Seigneur, laissez-moi m’occuper de lui. Je le pulvériserai comme le chien qu’il est. » dit-il, l’écume au bord des lèvres. En temps normal il était calme, mais au milieu de la mêlée, il était terrifiant. Néanmoins, Samael le fit reculer d’une pression de la main contre sa plaque pectorale puis commença à marcher, confiant.
« Ton heure est venue, Alexeï. Tu rejoindras ta femme dans les tourmentes de l’éternité. »
« Soit ! » hurla le seigneur Inquisiteur, s’approchant de la large épée démoniaque du prince démon qu’il avait vaincu. Il la saisit, elle était réellement lourde, mais pas assez pour menacer le plan du maître de la Sainte Croisade. Il déplia son dos, faisant craquer chaque vertèbre. Il se préparait mentalement au combat comme il ne l’avait pas fait depuis des siècles. Des images défilaient dans son esprit, celui-ci n’ayant pu contenir davantage ses souvenirs. Il avait déjà vu des milliers de fins possibles à ce combat et des milliers de fins possibles à la fin de la guerre... mais à une échelle plus grosse que la simple Lostrie.
Il ne restait plus qu’une vingtaine de Terminators, dressés au travers de près de cent corps de Chevaliers Gris. Certains malheureux étaient toujours en vie, mais leurs signes vitaux trop faibles n’avaient pas permis leur téléportation.
« Approche, je t’emmènerai avec moi dans la tombe ! » hurla Alexeï. « Vous avez tué ma femme, mes enfants. J’ai sacrifié des siècles à unifier une race qui est torturée par des rats comme vous ! J’ai dévoué mon éternité à une guerre sans fin par simple envie de voir le monde en paix. J’ai payé un tribu plus lourd que ce que n’importe quel être humain pourrait payer. J’ai vécu des millénaires sans l’espoir de jours nouveaux, sachant que pour moi, il n’y aurait pas de pitié, pas de répit. Il n’y aurait que la guerre pour un homme comme moi. Ma seule douceur dans cet univers déchiré était celle que ce cloporte crucifié m’a enlevée. Mes enfants ont été tués par vos serviteurs, damnés ou corrompus. Mes neveux et nièces, mes amis et ancêtres, tous sont morts contre vous. Mais aujourd’hui, tout s’arrête. Vous êtes celui que j’attendais depuis si longtemps… Vous paierez pour votre outrage ! »
Derrière Alexeï, Belphégor tentait de lui retirer ses pouvoirs par la pensée, mais son ennemi semblait plus fort. Il ressentit alors l’énergie qu’il avait cru retirer à la femme de ce laquais du dieu cadavre. Elle était en lui désormais, car sans s’en rende compte, il s’était saisi de l’énergie située dans l’Arme de Force Némésis plutôt que de la déployer dans le torse du Word Bearer, qui survivait donc de ses dernières réserves. Il était impossible de le vaincre. Plutôt, chaque fois qu’il tentait de lui prendre son énergie, il déployait celle de son épée dans le corps de l’Archange. Les flammes bleutées qui léchaient l’uniforme et l’armure de plaques noires de l’Immortel tournèrent peu à peu au rouge démoniaque qui vacillait parfois du violet foncé au vert pâle.
« Crève sale enfoiré ! »
Alexeï dressa son bras armé au-dessus de sa tête, laissant la lame démoniaque descendre le long de son dos, avant de se donner un élan rapide, sec et violent. Il propulsa l’arme avec une telle force et y renvoya toute l’énergie qu’il avait accumulée… les flammes multicolores le quittèrent, projetant l’arme tel un réacteur surpuissant, jusqu’à Samael. Ce dernier plongea à toute vitesse vers Alexeï qui resta de marbre, se tenant droit, respirant calmement mais violemment. Désormais, ses yeux illuminaient la pièce d’une lueur bleutée insoutenable, tout comme son aura. La lame passa à quelques centimètres du crâne du Prince des Enfers, dégageant une onde de choc tout au long de sa trajectoire, transformant les Astartes les plus proches en molécules sanguines, éventrant le plancher comme le plafond avant de finir contre le mur juste en arrière, non loin duquel se tenait Byleth et ses deux terminators. Le contact fut si violent que la tour trembla de toute sa structure, grinça et pencha sur le côté de quelques degrés. Seul Byleth survécut à l’impact de l’arme du Prince Démon des Word Bearers. La lame était fichée dans le mur de plasbéton, arrêtée de façon improbable. Des fissures se formèrent et une brèche se créa. Byleth fut tout simplement projeté par la pression vers l’extérieur, tombant des centaines d’étages dans le vide...

Du côté d’Alexeï, le contact fut violent. Il ne dégaina son épée qu’à la dernière seconde en signe de défi et poussa un hurlement, attendant la charge de sa cible. Alexeï fut projeté jusqu’à la baie vitrée avec une telle force que les deux corps ainsi propulsés furent envoyés contre le mur de la Grande Cathédrale. Un éclat de lumière enveloppa le maître de l’Ordo Goriae alors que deux ailes aux plumes noires translucides se dressaient dans son dos. Ils formèrent une zone d’impact plus large qui ralentit leur progression au travers des murs du bâtiment religieux, repoussant celui-ci en arrière et le faisant canter dans l’autre sens. L’impact était celui de deux géants combattant pour leur prix au milieu d’une ville qui ne semblait autre qu’une maquette à leurs yeux. La tour de la Grande Cathédrale retomba dans l’autre sens, s’approchant peu à peu de s’effondrer au-dessus des murailles de béton qui étaient assiégées depuis peu par les Iron Rains alors que plus loin, la pointe de la Spire s’écroulerait sur des kilomètres de faubourgs.

Tous les regards se tournèrent aussitôt vers l’affrontement divin qui se produisait dans les cieux. Ils combattirent ainsi sur le mur de briques qui était désormais devenu un sol praticable après leur impact, s’échangeant des coups dévastateurs qui déclenchaient des gerbes d’étincelles à chaque impact. Le sol se fissurait peu à peu sous leurs pieds, ce qui étaient en fait les murs aux décorations gothiques de la spire. Samael bondit un instant dans les airs à une vitesse fulgurante et retomba tout aussi vite sur le sol, son épée défonçant le plancher et faisant chuter aussi bien Alexeï que le Seigneur des Ténèbres à l’intérieur de la Cathédrale tombante. Celle-ci s’effondrait à grande vitesse et le contact se fit bientôt ressentir dans toute sa structure. Peu de gens survivraient à cela. Des briques tombèrent dans tous les sens et l’obscurité s’installa.

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Tous les hommes virent l’énorme boule rutilante qui heurta le flanc de la Spire de la Grande Cathédrale avant que celle-ci ne commence à pencher et reprendre sa droiture pour ensuite chuter dans l’autre sens, s’affalant ainsi lourdement vers les murailles blindées sous siège de la capitale planétaire et pulvérisant des kilomètres de faubourgs dans lesquels de violents combats avaient lieu. Ce coup avait été douloureux pour les Iron Rains et Iron Warriors qui assiégeaient les murailles ça et là, mais ils avaient su limiter les dégâts.

Pour sa part, Dark Typhon se questionnait sur la raison d’un tel effondrement et des secousses qui avaient saisi les spires voisines. Celle du gouvernement avait fléchi de quelques degrés vers le nord, alors que la pression faite autrefois par la cathédrale l’aurait poussée vers l’Ouest. L’Iron Rain ne pu se permettre davantage de réflexions lorsqu’il entendit le sifflement d’un obus. Il fit un bond en avant, alors que la plupart des serviteurs et renégats autour de lui n’avaient pas encore entendu le bruit qui annoncerait leur fatalité. L’explosion vaporisa les malheureux alors que ceux qui étaient plus proches poussaient un cri de défi aux cieux.

« En avant ! Nous avons une ville à conquérir et une résistance à éliminer. »

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…et la lumière fut. Le clignement de ses paupières provoqua des flashs lumineux qui éclairèrent violemment toute la pièce. Tout son corps était endolori et engourdi et un poids énorme pesait sur lui. Sans sa résistance surhumaine et sa régénération, il aurait probablement été broyé jusqu’à ce que quelqu’un vienne le sortir de ces décombres. Il était dans les restes d’un corridor et c’était tout ce qu’il pouvait réussir à remarquer en raison d’un atroce mal de tête qui le saisissait de nouveau à la tempe gauche. Il entendit des craquements sinistres suivis de bruits d’éboulements. Ailleurs, la cathédrale s’effondrait et ses étages se brisaient. Il ignorait combien de millions de vies s’étaient éteintes dans la chute d’un tel bâtiment et sa colère fut de nouveau renflouée. Il se calma un instant, sachant qu’il ne pouvait rien faire de bon dans un tel état et commença à forcer afin de se déprendre. Déjà, le bruit de pierres déboulant le flanc d’une petite montagne se fit entendre, suivi par celui métallique de son membre artificiel se hissant hors des décombres. À l’aide de ce membre libéré, il retira les pierres recouvrant une partie de sa tête afin de se doter d’un angle de vue clair et net. Il remarqua alors que de nombreuses formes étaient penchées sur lui, immobiles comme s’il s’agissait de statues de marbre. Alexeï accéléra son excavation et parvint finalement à se libérer. Autour de lui gisaient des figures broyées, des corps empalés sur des murs et le plafond. Les forces du Chaos étaient passées ici lors des premières étapes de l’assaut de cette Spire. Alexeï regarda les malheureux défunts puis constata que parmi les corps déchirés il y avait ceux d’Astartes des Word Bearers. Alexeï revit alors l’image du sourire satisfait de Belphégor après le meurtre de sa femme.

Son aura s’intensifia de nouveau, vibrant de colère et d’un désir de vengeance inhumain. Alexeï enfonça son poing gauche dans la pile de pierres de laquelle il s’était tout juste sorti et en retira sa fidèle épée Crusader qui était encore en parfait état. Son fil invulnérable lui donnait encore une apparence de perfection et de pureté. Au simple contact de la main d’Alexeï sur sa prise, la lame s’enflamma d’un feu bleu irréel qui illumina pour de bon les catacombes. Alexeï s’avança dans celles-ci, se décidant de quitter l’endroit. Il fit son chemin difficilement dans un dédale de couloirs, défonçant certains murs de son pied afin d’accélérer sa sortie puis se retrouva à l’extérieur. Ses yeux se levèrent vers le ciel. Telles des pièces d’or coulant à flot d’un coffre au trésor renversé, les premiers rayons du soleil quittèrent le firmament pour éclairer les ruines enflammées de leur éclat laiteux. Il ignorait où était son ennemi mais il aimait à s’imaginer qu’il fusse mort dans la chute du bâtiment.
« Nous te retrouvons enfin. » fit la voix rauque et douce à la fois de Samael. Alexeï se retourna mais ne vit rien…seuls des murmures incompréhensibles retentirent tout autour de lui, comme si des millions de lèvres s’agitaient à la fois. Il fit de nouveau volte-face et se retrouva droit devant un ennemi qu’il savait être dangereux. « Nous t’aurions crût mort après cela, mais nous avions tort. »
Il ne laissa même pas le temps au seigneur de Goria de réagir qu’il envoyait un puissant coup à la gorge de ce dernier, le faisant voler d’une trentaine de mètres en arrière tant l’impact était puissant. Du sang coulait à flots du cou du maître de l’Ordo Goriae qui se releva avec peine, son uniforme noir et son armure de plaques tachées d’hémoglobine. Il eut tout juste le temps de faire un bond de côté, s’évitant la charge dévastatrice et violente du seigneur des Ténèbres. Ils échangèrent ainsi de nombreux coups qui dégagèrent des explosions d’énergie divine.


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« Pour Lostrie ! Pour l’Empereur ! » hurla Jarran, son sabre pointé vers l’avant alors que ses puissantes jambes le poussaient vers ses ennemis. Ils étaient parvenus à percer les murailles d’entrée de la puissante forteresse du Chaos, mais à quel prix, c’était une autre question.

Son pistolet fuseur fut le premier de toute la bataille à faucher un très craint Space Marine du Chaos. Ce dernier avait à peine eut le temps de tourner le canon de son arme vers la position du Maître de Guerre que ce dernier l’avait liquéfié. Le sang coulait à flots tout autour et le garde impérial espérait parvenir à poser les bombes à fusion dans la salle des réacteurs à plasma du vaisseau renégat. Lorsque le bruit de nouvelles détonations retentit, il se plaqua contre un mur à sa gauche et vit six des hommes qui le suivaient se faire dépecer par une rafale de traçantes. Le vétéran ignorait de quoi il s’agissait et effectua une courte prière à l’adresse de l’Empereur-Dieu. Prenant une profonde inspiration, serrant sa poigne sur la crosse de son pistolet, il se jeta dans le corridor, faisant de nouveau face aux lugubres décorations du passage. La machine devant lui n’était nulle autre qu’un Dreadnought aux couleurs noir et blanc de la Neo-Legion. Son autocanon faucheur se mit de nouveau à faire feu mais les projectiles ne parvinrent jamais à percer le champ de force de l’officier. Ce dernier se laissa glisser sur le sol sur les derniers mètres qu’il parcourut et se jeta sur le sol pour passer entre ses jambes et se retrouver derrière lui. Sans même hésiter, risquant sa vie pour la cause, il appuya sur la détente en serrant les dents, espérant qu’il restait assez d’énergie dans son noyau pour vaincre cet atroce appareil. À peine l’arme avait-elle entaillé la coque que le monstre d’acier se retournait pour lui faire face.
« Que l’Empereur me garde… »
Un terrible hurlement, métamorphosé et distillé par les haut-parleurs et sa colère retentit. C’était un rugissement de fierté et de succès.

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Le chaos régnait désormais partout dans les rues, et cela dans tous les sens du terme. Des créatures tout droit issues des enfers marchaient aux côtés de serviteurs et de soldats déformés aux limites de l’imagination, prenant un malin plaisir à la destruction de chaque chose et à la désacralisation de chaque objet.

Frederick était parvenu à regrouper un millier de civils et de soldats à ses côtés afin de les escorter jusqu’au dernier astroport de la ville, la seule chance de survie de la culture et de la société de cette planète, mais il savait désormais qu’il devrait se sacrifier pour la survie des innocents. Il tira la culasse de son fulgurant et effectua une courte prière. Il espérait que les Saints soient avec lui et fit signe à ses subordonnés de le rejoindre. Six hommes se présentèrent à lui.
« Feitos, vous partirez avec votre escouade afin d’accompagner et de protéger les survivants. Je veux que vous surviviez aussi. Évitez donc tout engagement inutile et poursuivez. Permettez-vous jusqu’à dix pour-cent de pertes si cela peut sauver la mission. » fit le Capitaine de la 3ème Compagnie d’une voix calme.
Il se retourna vers ses cinq autres frères Astartes alors que Feitos quittait au pas de course pour rassembler son escouade tactique. Sans mot dire, tous les hommes étaient déjà prêts à lever le camp.
« Tant qu’à vous, frères sergents, vous m’accompagnerez avec vos unités afin que nous puissions ralentir la poursuite de l’ennemi pour laisser le temps à nos protégés d’être évacués. »
« Entendu, frère capitaine. » répondirent les cinq hommes à l’unisson.
« Alors préparez vos frères. »
Frederick, désormais le plus haut gradé et probablement le dernier des officiers du Chapitre Space Marine des Crusade Guardians, allait sacrifier sa vie et, probablement, celles de ses frères afin de faire ce pourquoi ils servaient : protéger et garder. Il fit venir à lui le chapelain afin qu’ils commencent ensemble les rites de protection et d’accompagnement, recommandant les âmes de leurs frères de bataille à l’Empereur-Dieu de l’humanité. Le jeune Space Marine, âgé tout au plus d’un demi millénaire, jeta un regard circulaire sur les restes du bourg qu’ils étaient parvenus à infiltrer en détruisant les troupes du Chaos défendant l’une des brèches qu’ils avaient eux-mêmes faits dans la muraille de l’Anneau Intérieur. Les bâtiments qui furent autrefois les demeures de riches bourgeois et de membres de nobles professions étaient désormais ravagés par des incendies implacables et des colonnes de fumée huileuses. Le verre brisé craquait sous les pas de ses guerriers alors que le clapotis des flammes léchant les murs se faisait de plus en plus insistant. Cela fit comprendre à l’Astartes la gravité de la situation : Ils allaient réellement mourir. Il n’y avait plus rien d’encore vivant en ce monde et il doutait fortement qu’il pourrait un jour s’en sortir. Ses prières furent plus que jamais ferventes, malgré les standards des prêtres guerriers génétiquement modifiés dont il faisait parti.

Le soleil était à son zénith lorsque tous les préparatifs furent terminés. Il fit venir à lui Feitos et lui donna l’ordre de se dépêcher d’atteindre l’Astroport. Le Space Marine acquiesça et quitta, frappant de son poing la poitrine de son armure. Frederick acquiesça silencieusement et se retourna vers ses derniers hommes, tout au plus une poignée. Ils étaient quarante quatre en face de lui, mais il s’agissait là des meilleurs soldats de l’Imperium et des plus puissants guerriers de l’univers. Il héla ses troupes et disparut dans les bâtiments, indiquant déjà à ses subordonnés les ordres qu’ils devaient suivre. C’est ainsi que commença la fin du jeune chapitre des Crusade Guardians. Créé autrefois sous demande inquisitoriale de l’Ordo Goriae et, en d’autres mots, par Alexeï Septimus, il avait pour mission d’escorter et de mener des missions d’avant garde pour la Sainte Croisade. Celle-ci se terminant en ces jours sombres, le Chapelain Perdras et maître du chapitre avait décidé qu’ils mourraient donc en donnant leur vie à l’Empereur et dédiant leurs derniers moments à ralentir et endolorir l’ennemi. Ils se déplacèrent donc ainsi dans les bâtiments, revenant vers la brèche qui était l’un des points centraux de l’acheminement de troupes vers l’intérieur et l’entrée directe pour envoyer des troupes à la suite de la colonne de réfugiés. Frederick comptait bien établir une tête de pont efficace et meurtrière afin de freiner l’ennemi et, si possible, de le mutiler le plus possible avant de tomber.

Ils attendirent là de longues minutes, s’étant positionnés entre les décombres des structures formant les coins d’un carrefour. Ils positionnèrent ainsi à nouveau des dizaines de carcasses de char, usant de leurs muscles afin de pousser voitures civiles et véhicules blindés. Rapidement, ils s’étaient créés plusieurs petites positions défensives indépendantes.
« Anges de la Mort. » fit calmement Frederick. « Vous connaissez votre devoir. Force et honneur ! »
Il ferma alors le canal de son communicateur, ne laissant en ligne que celui d’urgence. Il attendit là pendant des heures, le dos de son armure appuyé contre la carcasse encore fumante d’un Leman Russ de la garde impériale qui avait été détruite dans les premiers stades de la percée. Il leva la tête afin de scanner la zone à l’aide de ses lentilles et vit alors plusieurs formes de chaleur de taille humaine se dessiner dans le mur de poussière qui se levait dans les airs, défiant les rayons du soleil par leur quasi immobilité.
« Attendez qu’ils soient suffisamment proches pour qu’ils voient clairement le pardon de l’Empereur-Dieu. »

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L’air était lourd des scories retombant lentement dans les corridors, soulevées des poutres et des murs par la chute de la Grande Cathédrale. Le manque de lumière avait provoqué une obscurité dense et impénétrable même par les yeux les plus perçants mais cela changea légèrement lorsque l’un des blessés activa la lampe de poche de son fusil laser.
« Gouverneur ? » fit une voix rauque qui fut suivie d’un râlement semblable à celui d’un homme s’étouffant avec son repas. Il répéta plusieurs fois sa question mais rien ne se produisit. Il tenta de se lever mais il était cloué au sol. Il jeta un regard à sa droite et ne vit que son bras dont l’extrémité tenait fébrilement sa lampe de poche. Ses yeux se posèrent alors à sa gauche et vit une large et lourde pierre à la place de son appendice. Ce dernier était probablement en dessous, pulvérisé et broyé au-delà de tout espoir de soins. Des toussotements retentirent alors ça et là, attirant la crainte et l’attention de l’officier de la Garde Pourpre. Il fit un arc de cercle de sa lampe de poche dans le sens des aiguilles d’une montre et ne vit qu’un couloir aux murs craquelés, aux poutres effondrées et des gravats recouvrant tout ce qui leur servait d’appui. Il avait perdu toutes notions de l’orientation et de la gravité et il ignorait même s’il était encore capable de bouger, nonobstant son bras coincé.

Une silhouette se dressa péniblement au milieu du corridor, se saisissant d’un pistolet dans son holster. L’arme était reliée à son lourd paquetage dorsal comprenant tout l’équipement nécessaire qu’un Garde Pourpre devait posséder lorsqu’il avait une mission de protection à long terme. Le surgénérateur énergétique de l’arme grésilla un instant, provoquant une gerbe d’étincelles.
« Capitaine ? » fit le soldat au loin, s’élançant à la course vers le blessé. Au moment où il allait atteindre ce dernier, il vit le mur à sa droite se transformer en une averse de pierres et de cendres qui s’étiola à la gauche. Les formes gigantesques d’Astartes se dressèrent entre les formes vaporeuses des nuages de poussière. Leur fusil dressé, ils ouvrirent le feu sans sommation. Le vétéran tenta de tirer son pistolet laser de service hors de son étui mais il fut rejeté en arrière par l’explosion d’un bolt contre sa plaque pectorale. Il tomba sur le dos, secoué tant l’impact était violent, le souffle coupé. Il n’abandonna tout de même pas et parvint à pointer son arme vers le premier ennemi à portée. Vidant sa batterie en une fraction de seconde, il fut aveuglé par le flash continu des détonations et c’est ainsi qu’il ne vit pas la hache tronçonneuse d’un ennemi s’abattre directement dans son visage.

Krerox, couché entre les gravats et adossé dans la poussière, tirait sans discontinuer à l’intention de l’un des géants. Il vit le capitaine de la garde se redresser et jeter une grenade à fragmentations droit au visage d’un ennemi. La détonation repoussa ce dernier sur le sol, son visage lacéré et sanguinolent. Le garde impérial se saisit de la silhouette inconsciente du gouverneur et partit au pas de course, ignorant autant que possible ses blessures, le devoir passant avant tout. Il sentit que son protégé se réveillait peu à peu, reprenant de ses sens avec difficulté.
« Que se passe-t-il… » murmura-t-il entre des grognements de douleur.
« Je l’ignore, mais on fout le camp d’ici ! » beugla l’officier de la Garde Pourpre. Il tenait la mince silhouette de Mikael Palratov sur un épaule. Il savait que le combat se poursuivait dans le couloir qu’ils venaient d’abandonner et que ses hommes allaient retenir les infâmes le plus longtemps possible, mais ce ne serait guère long.
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Les deux géants braquaient leur regard dans celui de l’autre, décrivant des cercles concentriques l’un avec le second. Ils étaient à l’apogée de leur puissance, capables de raser une ville par leur simple volonté, mais chacun avait un but plus important, une mission primordiale. Le premier, habillé d’une légère armure de céramite et garnie de décorations sanctifiées, se tenait sur ses gardes, bien que sa colère était difficilement contenue. Les flambeaux de ses yeux illuminaient l’obscurité mourante de plus belle et sa colère semblait résonner telles des fréquences inaudibles sur un rayon de plusieurs kilomètres. L’ambiance était lourd par l’opacité de l’air due aux déca tonnes de molécules de poussière retombant depuis les strates déchirant les cieux par leur armure scintillante et enflammée par les milles feux de l’Enfer. Pour Lui, rien ne semblait plus exister autre que la vengeance. Ses mains crispées tremblaient d’une rage meurtrière mal contrôlée, sa position assurée semblait à la fois fébrile et d’une force incroyable. Le guerrier en quête de vengeance s’avança, continuant de marcher sur le côté, changeant parfois l’orientation de sa rotation. Autour d’eux, les combats continuaient, mais dans le crâne des deux opposants, il n’y avait que celui en face et rien d’autre.

« Tu es bien trop confiant en tes capacités, jeune créature. » fit Samael d’un ton froid et d’une voix rauque. Il était terrifiant, dégageant une noirceur étouffante qui était aux limites de faire fondre la volonté et la force d’Alexeï. Le moral de ce dernier était à son plus bas et ne tenait que par désir de vengeance.
« Et tu es trop confiant en tes dieux pitoyables ! » beugla Alexeï, laissant libre cours à un iota de sa haine. Il fit un nouveau pas vers l’avant mais son ennemi ne réagissait pas, il restait ainsi, las, les bras le long du corps dans une position détendue et la pointe de sa lame vers le sol. Il détaillait son ennemi du regard, accordant une grande attention à la multitude de joyaux qui recouvraient l’habit du seigneur de la Sainte Croisade. Les rivets argentés ornant les plaques de son armure étaient encore scintillants malgré la poussière qu’ils avaient goûtée, les anneaux et les bagues recouvertes de runes bardant ses larges doigts dégageaient une lueur divine et brûlante. L’ennemi de Samael se tenait face à lui comme lors des premières secondes de leur duel : immaculé, inchangé…

Invincible.

Aucune blessure ne laissait de traces, aucune attaque ne pouvait l’affecter.
Ils continuèrent ainsi, l’un tournant autour de l’autre, leur sempiternelle danse de la mort, un simple débris formant le centre de leur cercle de haine et de douleur.
« Approche, humain. » tonna alors le démon avec force. Sa mâchoire arrachée ne laissait place à aucune forme d’articulation et les sons qui quittaient les profondeurs abyssales de son corps semblaient provenir du néant lui-même vibrant avec une énergie infernale écrasante.
Alexeï ne bougea alors plus. Un instant, il parut statufié, comme si la terreur s’était emparée de lui et personne ne pouvait dire si le regard du défenseur de l’Imperium était encore focalisé sur la présence intimidante du Prince Démon ou si sa vue s’était perdue dans la rassurante inexistence où rien n’est possible. Samael sourit et s’approcha, pensant pouvoir récupérer l’âme de son ennemi sans mener d’avantage de combat. Son pas fut léger et stylisé, ses pieds blindés se reposant lentement sur le sol. À un mètre d’Alexeï, il aurait pu lui sectionner la nuque, séparer son crâne de sa poitrine, mais il ne le fit pas. Il avança encore d’un pas, progressant dans un silence virtuel dans lequel seul la respiration lente et profonde de son ennemi était audible. Nul mention des combats environnants qui se déclaraient en leurs deux noms ne parvenaient à ses oreilles, nulle rumeur de la présence d’autres créatures vivantes ne l’atteignait. Seulement un vent froid et sec qui léchait leurs deux visages avec la même intensité et la même violence.

Samael leva légèrement son bras, se préparant à frapper celui qui avait voulu lui tenir tête, qui lui avait lancé le défi ridicule de le vaincre. Les humains, aux yeux du maître des ténèbres, n’étaient que des créatures inférieures et faibles, défiant toute sorte de logique à l’aide de leurs cerveaux défaillants. Il n’eut pas le temps de terminer son mouvement. Il ignorait si son ennemi était parvenu à atteindre sa propre vitesse, ou si ses pensées infernales l’avaient déconcentré, mais Alexeï avait frappé le premier. Crusader fendit l’air en un arc circulaire, émettant un faible sifflement. La lame lacéra la poitrine blindée de l’armure Terminator du prince des enfers et dégagea une pluie d’éclairs qui enlaça la forme gigantesque de Samael. Ce dernier fut repoussé deux mètres en arrière et retomba sur le dos, du sang s’écoulant de son torse et recouvrant sa lourde protection. Samael ignorait comment il avait pu commettre une erreur aussi stupide et se redressa machinalement, comme s’il n’était gêné du coup qu’il venait de recevoir. Le liquide écarlate cessa de l’enivrer alors que sa blessure se refermait immédiatement. Aucun coup suffisamment mortel ne l’affectait, et il reprit donc la même cadence, implacable et insoutenable. Son adversaire le tenait désormais à distance, la longue épée Crusader pointée vers sa gorge.
Sans même crier garde, Alexeï s’élança. Il fit appel aux vents magiques qui l’enroulèrent avant qu’il ne les délivre directement contre Samael. Une pluie d’éclairs striés de flammes quitta les yeux du maître de l’Ordo Goriae avant de tourbillonner sur l’emplacement de Samael et de s’abattre sur ce dernier en une kyrielle d’étincelles aux couleurs de l’arc-en-ciel. Avant même que cette tempête d’énergie ne s’arrête, le fil des deux épées se rencontrait, s’abandonnait et reprenait sa discussion éclatante.

Samael leva la main gauche vers son ennemi et le projeta d’une impulsion mentale contre le mur blindé d’un bâtiment. Alexeï sentit l’air fouetter ses joues et les restes de son uniforme, sifflant à ses oreilles avec une force phénoménale. Il prenait de la hauteur et de la vitesse à une rapidité exponentielle et il se doutait que même lui aurait du mal à se remettre d’un tel choc. Il déploya ses ailes éthérées, l’éclat noir de celles-ci s’étendant sur des kilomètres à la ronde, mettant en déroute des centaines de renégats par leur simple pureté, disloquant l’énergie de démons dans le même élan et les coupant du monde réel, les faisant disparaître en une fraction de seconde. Ses écrans de plumes battirent en de lourds mouvements semi-circulaires visant à ralentir son vol. Ses muscles se tendirent, son cœur battit plus vite, ses yeux enflammés s’injectèrent de sang. Il s’arrêta finalement dans les cieux, ses appendices divins immobiles et le visage d’Alexeï serein, mais dans son esprit recommençait une lutte toute aussi violente et désespérée que celle qui faisait rage à l’extérieur. Des images innombrables revinrent à lui, souvenirs provenant d’un futur lointain où l’humanité se serait détruite, entre-déchirée par ses conflits internes, ou bien sous le joug d’un être sans foi ni loi, cruel et dévastateur. D’autres images furent celles, improbables, d’une galaxie presque en paix où la justice régnait. Mais il savait qu’il ne vivrait ni verrait l’une de ces fins se produire.

Ses bras musclés longeant son corps, son armure lacérée donnant un aspect impressionnant à son torse, son épée illuminée pointée lame vers le bas et las sur son flanc, il attendait le maître incontesté des ténèbres, le regard incorruptible de l’Archange détaillant tout ce qui se passait. Son ennemi apparut alors droit devant lui, comme s’il avait toujours été là ou bien qu’il avait profité d’un moment d’inattention d’Alexeï pour se glisser devant lui. Mais l’inquisiteur n’avait jamais détourné complètement le regard de l’emplacement où son ennemi s’était matérialisé. Ainsi, immobiles dans les cieux, ils recommencèrent leur affrontement. Samael frappa de toutes ses forces mais le coup fut dévié par la puissance divine du maître de l’Ordo Goriae qui répliqua ensuite d’un coup circulaire parfaitement calculé qui vint cisailler des ligaments de la cuisse gauche de l’hérétique.
Ce dernier frappa de toutes ses forces à l’aide de sa lame, mais celle-ci n’avait pas besoin d’être maniée avec puissance. Elle lacéra le ventre d’Alexeï qui recula, perdant de l’altitude et commençant à détaler de dizaines de mètres. Du sang coulait abondamment de son corps et déjà, il sentait que ses tripes combattaient pour quitter son ventre. Il ferma les yeux, espérant résister à une telle blessure, mais ne pu rien faire. Déjà, Samael retombait sur lui à toute vitesse, fendant l’air de sa silhouette massive. Une nouvelle passe d’armes parvint à blesser le guerrier éthéré à l’épaule.

Le dos du maître de l’Ordo Goriae heurta l’angle entre le mur et le toit d’un bâtiment et il le pulvérisa avec puissance, secouant la structure de plastacier du gratte-ciel et traversant planchers après planchers. Lorsque son corps heurta le sol, Alexeï n’ouvrit pas les yeux. Le sang coulait de ses plaies et dégoulinait abondamment sur les tuiles fracassées du lieu d’impact. Des soldats entourèrent la dépouille du guerrier implacable, terrifiés.

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« Notre seigneur est mort ! » hurla un soldat de la garde Gorienne en s’élançant au pas de course vers le nid de mitrailleuse situé à une fenêtre. Les sacs de sables de la position étaient criblés d’impacts à tout instant et les murs se brisaient peu à peu alors que le combat continuait à l’extérieur.
« Défendez sa dépouille ! Montrez-vous dignes de lui ! » hurla le commissaire Korem Gaunt. Il plaqua son dos contre un pilier de béton supportant la façade est du bâtiment de ravitaillement, sachant qu’il n’avait pas à craindre des tirs ennemis provenant dans sa direction. C’était un jeune commissaire qui n’avait jamais connu ses parents. On disait qu’il était né sur le monde connu sous le nom de Verghast, un monde ruche à la haute capacité industrielle, mais il n’en savait guère plus sur ses origines. Il pivota sur la droite, lâcha une volée de bolts sur de nouveaux assaillants et vit deux d’entre eux tomber sur le sol alors que d’autres se déployaient derrière les débris de véhicules civils, répliquant de leurs armes archaïques de façon sporadique.
« Sergent, déployez vos deux hommes à cette fenêtre, qu’ils rechargent la mitrailleuse et qu’ils repoussent cet assaut, sinon on va rapidement se faire engloutir, au nom de l’Empereur ! »
Il comptait bien mourir aux côtés des derniers hommes du régiment auquel il avait été affilié. Le 146ème de Goria était une unité performante et efficace dans sa méthode de combat, et malgré les lourdes pertes qu’il avait endurées, il était toujours fonctionnel et déterminé. En fait, il avait à ses côtés les derniers hommes de l’unité, tout au plus une centaine, qui défendaient tant bien que mal un bâtiment servant d’entrepôt pour les rations de ce secteur du bourg. Bien sûr, cette position n’avait plus de réel intérêt stratégique aux yeux de l’état major, étant donné que l’assaut ennemi s’était tellement intensifié que toute nourriture ne saurait être utile pour le peu de temps que les combats dureraient encore.
Il disposa six hommes pour qu’ils aillent tirer le cadavre d’Alexeï jusqu’à l’escalier pour ensuite le faire grimper les marches.
« Dépêchez-vous ! S’ils submergent le rez-de-chaussée, nous perdrons le corps de notre sauveur ! » hurla Gaunt en reprenant position face à une fenêtre, projetant une nouvelle pluie de bolts vers quelques téméraires qui avaient décidé de progresser à découvert. Un bolt arracha l’épaule d’un malheureux alors qu’un second voyait sa cuisse se vider de ses muscles et de son sang. Il n’eut pas le temps de recharger son arme pour faire feu de nouveau qu’ils recevaient une pluie de balles qui les faucha.

À cet instant, le sol commença à trembler. Entre deux larges bâtiments, il vit la silhouette massive d’une créature qu’il aurait souhaité ne jamais voir. Sa lourde armure noire était parcourue d’éclairs, son crâne dégarni était orné d’une flamme noire, ses yeux n’étaient que des orbites vides d’une blancheur aveuglante. Le monstre de chair et d’acier brandit une lourde hache au-dessus de sa tête et poussa un terrible hurlement. Gaunt n’eut pas le temps de donner l’ordre à ses hommes de boucher leurs oreilles mais il le fit tout de même. Il vit que ceux qui étaient aux fenêtres l’avaient fait par réflexes, s’épargnant une terrible surdité qui n’aurait été percée que par les murmures infernaux de nombreuses créatures démoniaques. Ses hommes recommencèrent à tirer, leurs fusils lasers criblant leurs assaillants de tirs. Le Prince Démon, du haut de ses six mètres, s’avança lourdement vers le bâtiment. Ses épaulettes affichaient une étoile jaune à huit pointes et dominée par un œil. Un missile vola en sa direction et s’enfonça dans son épaule avant d’exploser, extirpant un rugissement de colère et de haine au démon qui courut de plus belle vers le bâtiment. Le contact de son épaule avec le mur fracassa la façade nord qui retomba vers l’avant. Gaunt tira son épée tronçonneuse hors de son fourreau et l’activa dans un grincement métallique. Le bourdonnement de son arme provoqua l’expulsion d’un petit nuage de fumée avant que le guerrier ne se tienne face à la monstrueuse corpulence de la créature.
« Approche ! Écrase-moi si tel est ton désir ! Tu ne prouveras que ta faiblesse ! »
Le démon plongea ses orbites effacées dans les yeux de Gaunt qui sentit une terrible frayeur lui parcourir l’échine et le faire frémir.
La créature fit deux pas de plus puis ses yeux s’illuminèrent. Un rayon d’énergie les quitta et plongea en direction du jeune commissaire qui fit un pas à reculons. Lorsqu’il vit que l’énergie allait le heurter, une ombre se dessina devant lui et retomba lourdement sur le sol, encaissant le tir au passage. C’était le corps d’Alexeï, toujours inerte.
« C’est ce que vous voulez ? Nous ne mourrons pas pour ! Nous vous le donnons ! » hurla l’un des soldats situés au troisième étage. Gaunt s’enragea, ses dents grincèrent. Il se retourna et leva la tête vers sa nouvelle victime.
« Traître ! »
La pression sur la détente de son pistolet bolter ne se fit pas attendre et sembla réellement satisfaisante. Il vit, au ralentit, le crâne du responsable disparaître en une gerbe de sang et de matière grise. Des paroles gutturales prononcées dans une langue incompréhensible retentirent derrière Korem. Ce dernier vit alors la longue hache du prince démon s’enfoncer dans le bâtiment, sa garde suivie du poing de la créature se rendant à l’endroit où était située la muraille nord de la structure avant le plaquage du démon. La lame sectionna le pilier central qui maintenait l’édifice en place. Ce dernier grinça sinistrement et commença à s’abattre vers l’avant, retombant vers l’officier disciplinaire, la dépouille d’Alexeï et la créature infernale. Celle-ci poussa un rire sinistre et puissant qui fit trembler Gaunt. Ce dernier fit volte-face et regarda celui qui venait de tuer tous ses alliés. La pluie de ruines s’abattit contre tous ceux qui étaient devant le gratte-ciel…

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« À terre ! » beugla une voix derrière le général. Les paroles lui semblaient adressées et la tonalité n’était pas inconnue à Jarran. Ce dernier se courba et évita alors un trio de shurikens jetés de main de maître par le vieux Baruto Wokaziris.

« Couchez-vous ! » dit-il au travers de sa courte moustache blanche. L’officier cadien se plaqua contre le sol et entendit alors une sourde détonation derrière lui. Il jeta un regard alors et vit la poitrine d’un Astartes, lacérée par des fragments tranchants provenant visiblement d’une grenade. Le Maître de Guerre se releva et regarda la silhouette gigantesque du Space Marine retomber sur le dos. Sa respiration était lente, imperceptible et difficile. Le commandant du 117ème régiment spécial leva son pistolet fuseur vers le visage du défunt, appuya sur la détente, ce qui provoqua l’envoie d’un rayon de micro-ondes concentrées qui fit fondre la boîte crânienne du renégat.
« L’hérésie n’a nul pardon. » murmura Jarran en se retournant vers ses hommes. De sa main libre, il leur fit signe de s’avancer. Ils quittèrent leurs couverts et s’élancèrent.

Le Maître de Guerre était heureux d’avoir le colonel du 11ème Shogun à ses côtés, il sentait réellement qu’il avait là un allié de grande puissance. Le Katana énergétique du guerrier était immaculé mais le vieil officier savait que le sang ne tarderait pas à y apposer sa couleur. Le commandant de la Garde Impériale fit fondre une cloison d’un seul tir de son arme et se plaqua contre le mur, insérant une nouvelle capsule d’énergie dans son pistolet, faisant signe à ses hommes de prendre position dans la pièce. Huit commandos entrèrent, équipés d’armures carapaces et de fusils à pompes. Des lampes fixées au canon de ces armes illuminèrent la pièce de leurs faisceaux et ce qu’ils montrèrent terrifia les vétérans.
« Par l’Empereur… » murmura l’un d’entre eux. Des corps étaient fusionnés dans leur entier contre les parois de la pièce, le métal se mélangeant à la chair dans un échange semi-organique, l’acier battant d’un pouls incertain et étant strié de veines d’un rose argenté. À l’instar de leurs bouches, les yeux des malheureux s’ouvrirent.
« Purgez-moi ça ! » hurla Jarran en entrant. Il ne fit pas feu de son arme mais dégaina son pistolet laser qu’il régla à puissance maximale. Son arme était dans le rouge et était sur un mode réellement déconseillé par les technoprêtres, mais aucune purification n’était possible sans cela. Il fit feu une fois, un rayon rougeâtre quittant l’arme, provoquant une vive lumière dans toute la pièce et la poitrine d’un malheureux s’ouvrit au niveau du sternum comme s’il s’agissait d’une fleur au début du printemps. La brûlure était si profonde et intense que la tête retomba flasque vers l’avant.
« Par les dieux inférieurs. » murmura Baruto Wokaziris en s’avançant dans la pièce de quelques pas. Il tenait son épée de ses deux mains mais il ne voulait pas la souiller du sang des créatures fusionnées aux parois de la pièce cylindrique dans laquelle ils étaient. Un nouveau tir de pistolet laser ouvrit la poitrine d’un autre hérétique alors que le Maître Senseï priait, les yeux regardant dans les airs. Lorsque la lumière fut, il vit alors des ombres se détacher du plafond. Ils étaient massifs, géant. Leurs armures étaient étincelantes d’obscurité.
« Ennemis dans les airs ! » beugla le vieillard en faisant un bond de côté. À l’endroit où il était, il vit le sol se renfoncer sous des impacts de tirs.
« Bolter ! » hurla Jarran en se dirigeant vers le corps d’un ennemi qu’il avait purgé pour se plaquer contre le mur. Il vit deux formes descendre dans l’obscurité, à peine illuminées par les lampes torches de ses soldats qui ouvrirent le feu de leurs fusils à pompe. Les volées de billes métalliques ricochèrent contre les lourdes armures autopropulsées des créatures.
« Sergent Hopkins ! Prenez place sur la… » commença Jarran. Il n’eut pas le temps de finir sa phrase que l’interpellé était saisit par les épaules et traîné dans l’obscurité du plafond. Il vit deux hommes faire feu à sa suite mais les tirs ne se rendirent jamais jusqu’à la cible.
« Repli ! Repli ! » ordonna le maître de guerre, comprenant que la situation était sans espoir et que ses hommes étaient menés à être massacrés.
« Je les retiens. » fit Baruto en tirant trois grenades shurikens de ses poches. Il effectua une courte prière à l’Empereur et aux dieux inférieurs avant de se mettre en position de combat.
« Ce sacrifice n’est pas utile… » fit le vieux Cadien en posant sa main sur l’épaule blindée du shogun.
« Nous sommes ici pour faire des morts ? » commença Wokaziris alors que deux hommes passaient à sa droite, quittant la pièce par la large porte blindée alors que de nouvelles détonations retentissaient. Du sang et des viscères retombèrent des hauteurs et recouvrirent un malheureux dont la résolution disparut d’un coup. Il commença à crier et se dirigea vers la porte sans faire attention et sans suivre le plan de couverture que les membres du 117ème régiment spécial avaient toujours utilisé. Le commandant de l’unité levant son pistolet laser vers lui, baissa la puissance et tira un coup à faible intensité dans la cuisse droite du malheureux, qui s’arrêta, surpris par le comportement de son officier.
« Alors laissez moi rester ici et en faire le plus possible tout en retardant leur poursuite. » murmura le vieil homme. Jarran acquiesça à contrecœur et quitta la pièce au pas de course, suivit par ses deux derniers hommes.
Lorsque la porte blindée se referma derrière le plus vieux des Shoguns, ce dernier lança ses shurikens avec fluidité et détachement et chacun vint se planter dans les jointures des casques de trois Astartes qui furent projetés dans sa direction par leurs réacteurs dorsaux. Les explosions résonnèrent mais déjà, Jarran était trop loin pour entendre.
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Quelles que soient nos croyances, aujourd'hui il est temps de défendre notre réalité en se tenant dos à dos et épaule à épaule afin de protéger et créer la liberté à laquelle nous aspirons tous.

-Alexeï Daïmoxe


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Alexeï Daïmoxe
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MessagePosté le: Ven 18 Avr - 15:49 (2008)    Sujet du message: Bataille finale partie 3 Répondre en citant

Le corps gigantesque de la créature gisait à ses pieds tel le béhémot qu’il était et Alexeï n’avait en tête que la vengeance alors qu’il revoyait défiler devant lui les derniers souvenirs de la mort de celle qu’il aimait. Ses yeux étaient de braise, son sang bouillant et sa rage palpable. La hache du démon était désormais enfoncée dans son large poitrail qui avait lui-même écrasé les corps de nombreux autres malheureux dont le sang se mélangeait désormais à la poussière.
L’Archange de l’Empereur lâcha un soupir et recula, jetant un dernier regard, avant de tourner dos à son dernier ennemi fauché et s’en aller d’un pas lent. Le temps semblait se dérouler différemment pour lui alors qu’il songeait avec peine à tout ce qu’il venait de perdre.

Jamais plus il ne lui dirait qu’il l’aime. Jamais plus il ne la verrait. Jamais plus il ne la serrerait dans ses bras ou l’embrasserait. Elle était disparue à jamais, leur amour terminé, son essence dissipée et vaincue dans les méandres du Warp. Le soleil se levait peu à peu, ses rayons mielleux traversant la poussière et formant une kyrielle lumineuse éclatante qui se dissipait à l’approche du simulacre des bâtiments. Chacune de ces échardes solaires chutèrent lourdement et lentement sur le terroir, leur trace divine disparaissant à jamais pour laisser place à de nouvelles et plus nombreuses. Un nouveau pas vers l’avant souleva un voile de poussière et dégagea de nombreuses vagues vibratiles qui se répercutèrent le long de son tibia jusqu’à se dissiper complètement, comme si le poids et la force de chacun de ses pas était capable de faire trembler le sol et de déplacer des montagnes, comme si chaque mouvement était d’une difficulté difficilement surmontable. Sa respiration lente et contrôlée était signe de la densité de ses sens exacerbés. Ses yeux perdirent peu à peu de leur colère alors qu’il semblait concentrer ses facultés intellectuelles et psychiques à bloquer le flux constant d’images qui lui revenaient à l’esprit. Un instant, il vit les plaines merveilleuses et éclairées d’un pays qui n’existait plus sur une planète aujourd’hui mythologique alors qu’ensuite, il visitait une autre contrée, ornée d’une grande tour faite de métaux anciens et se dressant jusque dans les hauteurs des cieux, illuminée par instants des nombreux projecteurs qui visaient à présenter sa magnificence. Une larme tomba le long de sa joue droite et se rendit lentement mais sûrement jusqu’à son menton, à partir duquel elle plongea vers l’infini, descendant au rythme de la peine qu’éprouvait l’immortel guerrier. Il revit un instant son sourire et la lueur qui brillait dans ses yeux noisette alors que ces derniers changeaient vers le jade sous un rayon de soleil qui vint présenter chaque détail et tracés de perfection qui faisaient de son visage le plus beau qu’il n’avait jamais contemplé alors que ses cheveux mi-longs battaient dans le vent de la côte maritime d’une autre planète sur laquelle il n’avait pas remis les pieds depuis des millénaires, voyant peu à peu sa forme passer du désert orangé à celle de plaines verdâtres parfois traversées de rivières et de fleuves à l’eau si limpide qu’il lui semblait possible de voir ses profondeurs attribuées à des rêves utopiques.

Toute sa vie il s’était juré de penser à lui-même un jour. Toute sa vie, il s’était menti et avait été infidèle à sa propre parole. Il n’avait pas su donner d’amour à la personne la plus proche de lui, qui était là depuis bien avant Iori, qui avait traversé avec lui tant d’épreuves. Sa conscience n’avait jamais vécu le repos en des dizaines de millénaires. Pas de répit, pas de rémission. Dans sa vie, il n’y avait eut que la guerre. Autrefois, il avait rêvé de gloire, de justice et de liberté. Il avait rêvé d’immortalité, d’atteindre des talents qu’il ne croyait pas possible d’obtenir. De force et de grandeur qu’il croyait tout aussi chimérique que le paradis qu’il s’était inventé. Jamais il n’avait connu le repos. Son esprit avait été en guerre durant toute sa vie, son imagination s’était tourné vers les combats qu’il aurait à vivre tôt ou tard. Son paradis intérieur n’était en fait qu’images de grandeur et de victoires au nom de ses idéaux, mais jamais il n’avait vu comme finalité à ses actes une accalmie quelconque… pas de paix, pas de répit. Il n’y a que la guerre… Il avait vu cet avenir. Il avait vu tous les autres. Il les avait ignorés, continuant, marchant, rampant, avançant tant qu’il en était capable. Progressant vers l’avenir et son inexorable fin tant qu’il croyait cela possible. Pour lui, Si Dieu Existe, il devait combattre pour lui et ce, pour l’éternité. À ses yeux incorruptibles, Dieu n’était autre que justice, amour et devoir, chose qu’il avait respecté toute sa vie, si ce n’est vis à vis sa propre personne. Ce qu’il ignorait en ces heures sombres, c’était s’il avait créé son futur, si dans son esprit, il avait tout inventé, qu’il avait décidé de chaque mort et de chaque blessé, qu’il avait décidé de chaque ami qu’il perdrait, de chaque fils qui mourrait… ou bien si cela n’avait été que le destin, que les possibilités d’un univers futur, vis à vis chaque chose, et qu’il pouvait déterminer dans laquelle il progresserait selon ses choix. Jamais il n’avait fait les bons et il le savait maintenant. Sa vie n’avait été qu’un échec. Il avait eu ce qu’il voulait à l’époque. Il avait obtenu ce qu’il avait désiré.

Dans le présent d’un passé, il savait qu’en sachant cela, il prendrait une décision bien meilleure. Il savait qu’il vivrait sa vie différemment, qu’il ne se dédierait pas à la guerre éternelle. Et il savait tout de même que cet homme ne vivrait guère que les prochaines minutes de son existence. Il pouvait de nouveau fuir dans son esprit et s’imaginer un autre avenir possible… se créer un nouveau monde où il pourrait passer l’éternité heureux avec celle qu’il aimait. Mais il savait que tout ce qu’il avait fait avait été un sacrifice nécessaire. Qu’il n’avait pas été entièrement malheureux, qu’il avait donné aux autres ce qu’il aurait aimé que l’on fasse pour lui. Son sacrifice autant mental que physique, psychique qu’éthéré, était quelque chose qu’il avait en fait accepté des siècles plus tôt et pourquoi il s’était formé toute sa vie. Il se relèverait plus fort et gagnerait un jour le paradis qu’il avait toujours cherché, dont son subconscient l’avait toujours fait rêver des nuits durant. Il se relèverait d’entre les morts, car telle était sa volonté. Jamais il ne s’arrêterait. Jamais son pas ne serait plus lent. Jamais il ne tomberait sans se relever. Jamais il ne cesserait le combat si un ennemi marchait encore.

Son regard céladon balaya les rues obscurcies de scories pendant de longues minutes. Il vit la chair blanchâtre des mutants dont les lèvres gercées par la décomposition et la malnutrition psalmodiaient sans cesse des paroles impies. Il perçut la faiblesse et la peur dans leurs murmures infernaux. Il sentit le poids de la mort qui pesait sur ces êtres faibles qui s’apprêtaient à bondir vers lui pour l’engager dans un nouveau combat qui serait perdu d’avance. Les ignorant, Alexeï continua sa marche, passant près de leurs formes indistinctes, enjambant les quidam des deux factions, traversant sans broncher les colonnes de fumée huileuse qui se dégageaient des conduits d’approvisionnement de la cité, fauchant les rares courageux qui se mettaient dans son chemin, qu’ils soient démons, humains ou Astartes, personne ne l’arrêtait dans sa longue marche. Personne n’arrêtait sa méditation guerrière. Ses yeux n’avaient plus aucun éclat; ils étaient d’un noisette ternis par les expériences grisantes de l’éternité que constitua sa vie, comme s’ils étaient concentrés sur quelque chose qui n’était pas de la réalité dans laquelle baignait le corps du maître de l’Ordo Goriae… dans son esprit, tout ce qu’il avait vu défilait à une vitesse parfois ahurissante et d’autres fois écrasante par sa lenteur. Les plaines désertiques de la défunte Oraclis qui céda son bagage culturel à Goria laissa bientôt place aux villes et communautés enneigées, balayées par des vents au froid mordant et peu à peu recouverte par une fine couche d’eau congelée et blanche…

Les méandres de son esprit devinrent rapidement un maelström de pensées, de réflexes et pouvoirs psychiques se combinant en un seul instant. Tenant toujours aussi fermement son épée dans sa main droite, il se rendit compte des centaines de corps qui l’entouraient, dépecés et sanguinolents. Chacun de ses pas lourds faisait voleter autour des gouttes écarlates tout en produisant un désagréable bruit de succion. La pointe de la lame posée sur le sol, Alexeï admira un instant le liquide vital de ses adversaires vaincus ruisselant sur le fil de Crusader. Peu à peu, sa conscience redevenait entière et il entendait de nouveau le sifflement strident d’un bombardement sans fin, les courants d’air sec fouettant son visage creusé de sillons et de cicatrices par la raideur de son existence. Tout lui revenait, ainsi que la présence d’un petit groupe armé qui reculait peu à peu, le canon de leurs armes pointé vers le sol. Ils étaient tout au plus une centaine de renégats armés sommairement, la plupart de leurs armes encore fumantes. Alexeï sentit alors les morsures brûlantes d’impacts de balles sur son corps et se regarda. Bien que le tir n’ait pas su percer les muscles, et pour certains étaient guère capables de transpercer sa chair, il n’avait sur lui qu’une centaine de traces d’impacts épars sur lesquels se formait une lueur bleutée qui régénérait les plaies. Lorsqu’il recevait des projectiles d’une si faible puissance, il était rare qu’ils parviennent à lui faire des blessures graves et la plupart du temps, il était capable d’ignorer leur impact et de laisser sa régénération psychique refermer ses plaies. C’était encore le cas et il comprenait désormais la crainte que ses ennemis avaient de lui.
« Approchez, infidèles. Venez vous mesurer à moi. » dit-il, restant immobile et défiant ses adversaires en pointant son épée vers eux. La plupart accélérèrent leur fuite, alors que d’autres reprirent en assurance, s’avançant de quelques pas vers Alexeï. Ils étaient tout au plus une trentaine, alors qu’Alexeï se rappelait bien avoir déjà vaincu une vingtaine d’Astartes en combat direct, seul contre eux. Ces simples humains n’étaient pas un véritable défi pour un Saint Archange.

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« Votre travail fut mémorable. Vous avez le mérite que bien des hommes n’ont guère. » murmura la voix grinçante du vieillard qui s’approchait peu à peu du corps sanguinolent de Mikael Palratov, ce dernier appuyé dos contre une colonnade et désarmé. Ses poumons se gonflaient de façon saccadée et à chaque pulsion cardiaque, du sang quittait ses trop nombreuses plaies, tachant davantage la chemise blanche de son complet. Il ne comptait pas bouger, il attendait que son ennemi s’approche suffisamment de lui pour le faire payer son hérésie.
« Ta pitoyable guerre nous a tout de même coûté très cher. » grinça-t-il de nouveau. Ses robes sacerdotales émettaient un bruissement synonyme de mort aux oreilles du jeune gouverneur dont les fluides vitaux s’échappaient peu à peu. Il avait de plus en plus de difficulté à respirer, et chaque expiration laissait du sang s’écouler par ses narines et sa bouche. Avoir été un Astartes, il était certain qu’il y aurait survécu, mais il n’était qu’un homme, certes en pleine santé, mais tout de même un simple humain. Comment avait-il pu se rendre là ? Il avait été un brillant étudiant, d’une bonne famille, riche et intelligent. Il avait tout un avenir devant lui, le futur ouvrait ses portes. Il avait une belle vie d’une certaine manière, qui ne demandait qu’à continuer, mais désormais, il était las, gouverneur d’un monde ruiné et en flammes et titulaire d’un corps contusionné...
Le vieillard se pencha sur lui au son du cliquetis des symboles impies qui pendaient à son cou et des centaines de chaînes bardées de pointes acérées. Son visage ridé aux yeux de rongeurs affichant une lueur moqueuse se tordit en un rictus qui terrorisa partiellement le jeune homme.
« Je suis Mikael Palratov… » commença le gouverneur, vomissant du sang de plus belle. « Fils de Lostrie… »
« Et je suis le Cardinal Arakel Dardina, de Koronez… bien que cette planète ridicule ne soit plus qu’une chaîne d’astéroïdes. Enchanté. » fit l’apostat en serrant la main du gouverneur, un sourire au coin des lèvres. Il se redressa quelque peu et se retourna vers les hommes qui étaient à ses côtés. Il s’agissait là d’une escouade complète de Space Marines du Chaos, dont les armures d’un rouge foncé bordées d’argent affichaient un crâne enflammé comme symbole sur les épaulières. L’un d’eux s’approcha, visiblement le champion de l’unité, et s’inclina près de l’hérétique.
« Vos ordres, seigneur ? » demanda-t-il d’une voix stridente qui fut d’autant plus désagréable à entendre pour Mikael que celle du cardinal. Ce dernier murmura à l’oreille de l’Astartes qui acquiesça et quitta la pièce d’un pas rapide, enjambant les flambeaux incrustés dans les murs qui servaient désormais de plancher depuis la chute complète de la spire contre le sol, agrandissant son ombre en des proportions épiques. Arakel Dardina, convaincu de sa victoire, tourna un instant dos à Mikael. Ce dernier tenta de faire abstraction de son ventre déchiré et ruisselant d’hémoglobine et dégorgeant ses viscères. Nonobstant sa douleur, il saisit l’épée campée dans son fourreau et piqua droit devant lui, l’enfonçant dans le dos du patriarche pour la lui ressortir par le flanc, transperçant son cœur et un poumon.
« Enchanté… aussi. » fit finalement Mikael alors que son dernier souffle le quittait. Même si la vie s’était accrochée à lui, ce n’aurait pas été de longue durée. Les guerriers génétiquement améliorés attitrés à la garde de l’apostat ouvrirent le feu, leurs tirs d’une précision mortelle déchiquetant le jeune homme dont les restes retombèrent sur le sol à la suite d’un nuage de sang, mettant fin à sa souffrance mentale, plus grande que celle de son physique.
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Une lumière divine s’abattit autour de sa large silhouette, enflammant des dizaines de mètres d’habitations et de ruines d’un feu purificateur, emportant par la même occasion une véritable vague d’assauts de gardes renégats et de mutants. Les corps putréfiés de dizaines de revenants disparurent, leur chair purifiée de toute forme de présence démoniaque. Quelques secondes plus tard, les squelettes blanchis des infrastructures de la ville s’effondraient dans un chahut assourdissant et semant la panique chez les troupes désorganisées du Chaos. Alexeï leva la main vers une nouvelle troupe d’hérétiques qui plongeait dans sa direction et les foudroya d’une rafale d’éclairs d’une blancheur aveuglante. Son regard circulaire et calculateur analysait la situation au fur et à mesure, ne faisant guère attention à la présence de toujours plus d’ennemis. Il ignorait combien de centaines il avait emporté avec lui, bien que la plupart n’étaient que des laquais, il permettait la défense d’un secteur et d’augmenter le nombre de pertes que subiraient les forces du Chaos.

Il n’attendait plus que de recevoir l’attention des puissances de la ruine pour emporter avec lui des cibles plus intéressantes. Il tourna son regard vers les toits de bâtiments léchés par des appendices éthérés issus de sa juste furie psychique, les flammes nettoyant toute trace de peinture et même de présence humaine… mais là n’était pas orientée sa concentration. Des élus ou des créatures punies des dieux s’approchaient de lui, le contournant par les hauteurs, se propulsant de façon saccadée à l’aide de leurs appendices déformés et trop nombreux.
« Approchez, créatures infernales. Montrez-vous face à moi, goûtez à la colère de l’Empereur… » murmura Alexeï d’une voix rauque. Il n’avait plus aucune lueur dans les yeux depuis déjà quelques heures, comme si la perte de celle qu’il aimait l’avait littéralement terrassé et que sa vigueur ne reviendrait que lorsqu’il croiserait de nouveau son ennemi juré. En attendant, il chargeait le plus lourd tribut possible aux forces du Grand Ennemi afin de rendre leur opération si coûteuse qu’elle en deviendrait inutile et inintéressante. Son pas lent et méthodique, son visage dur ne trahissant que de la détermination et une colère contrôlée, l’approchèrent peu à peu d’une nouvelle réalité. La muraille effondrée qui séparait l’anneau intérieur des faubourgs n’était plus qu’un vague rappel d’une époque de grandeur révolue. La poussière crissa sous ses bottes de cuir à cap d’adamantium lorsqu’il posa pied dans la large faille qui avait été faite dans la fortification. Il regarda de gauche à droite, fixant les corps des malheureux qui s’étaient tués dans l’effondrement, recommandant l’âme des défenseurs à l’Empereur-Dieu et la sienne alors qu’il enjambait et escaladait des blocs de plasbéton dont la taille était incroyablement intimidante. Le spectacle qui s’offrit alors à ses yeux l’éblouit tant il était horrible. Déjà, tout ce qui entourait autrefois la grande et glorieuse capitale disparaissait dans un tourbillon de furie et de malice. Des vents colorés de façon malsaine balayaient le désert environnant alors qu’un crépuscule laiteux s’instaurait aux environs, laissant des flocons de poussière quitter les cieux, emportant avec eux la douce flagrance du soufre et un vent sec et aride. Les bâtiments ruinés étaient balayés d’une tempête malodorante et capable de désosser même les reptiles portant sur leur corps les plus résistantes écailles. Des centaines de monstruosités rampaient dans une valse sans fin, torturés par des ronces métalliques quittant le sol et se saisissant de leurs membres affaiblis.

Et toujours de nouvelles armées quittaient les profondeurs de cet enfer terrestre pour se jeter dans la bataille. Alexeï comptait désormais amener le combat chez l’ennemi, repousser ce dernier le plus loin possible, supporter tant d’adversaires afin de faire flancher leur siège. Peut-être même pourrait-il permettre à ses frères de reprendre du terrain en ralentissant la progression renégate.

Déjà, de nouveaux détachements ouvraient le feu en sa direction, les balles se dissipant par centaines contre son aura de pureté qui arrêtaient les projectiles qu’à quelques centimètres de sa personne, comme s’il était invulnérable. Quelques fois, des tirs parvinrent à percer la bulle de sa volonté, s’enfonçant dans sa chair et s’arrêtant à la rencontre d’un os ou d’un muscle, ne gênant en rien l’Immortel. Ce dernier déploya alors toute sa furie contre les ennemis de l’Empereur et les hérétiques qui jonchaient le terrain, grimpant entre les couverts alors qu’ils voyaient un seul homme, titan parmi les hommes, se dresser face à une marrée de renégats et de monstres insatiables. Des éclairs strièrent les cieux, se déversèrent de ses globes oculaires comme du bout de ses doigts, envoyant dans le néant ceux qui osaient croiser son regard. Un rayon ardent quitta la paume de sa main, vaporisant un blindé qui progressait tant bien que mal entre les gravats de la muraille et des bidonvilles, avant que la chaleur dégagée ne se transforme en une réelle apocalypse purificatrice qui nettoya une centaine de mètres de terrain, laissant les corps des défunts carbonisés et brisés entre les restes de l’anneau extérieur de la ville alors que de nouvelles détonations psychiques s’étendaient sur le terrain. Il sentit une présence adoucissante et rassurante dans les tréfonds de son esprit et su qu’elle veillait sur lui. Il ferma les yeux, abandonnant la monstrueuse scène de massacre du regard pour aller de nouveau vagabonder dans les méandres d’un avenir qui ne serait jamais, arrêtant sa purge et restant ainsi, droit et imperturbable alors que des centaines d’ennemis plongeaient vers lui, assoiffés de sang et de vengeance. Il attendit ainsi, immobile, impassible. Un missile s’approcha de lui à toute vitesse et explosa, répandant une pluie de fragments tout autour de lui et l’enfumant, le rendant invisible.

Il faut dire, Alexeï non plus ne voyait guère quoi que ce soit. Ses yeux noisette se posèrent sur les formes indistinctes qui s’alignaient devant lui. Il entendit leur désespoir et leur consternation lorsque la fumée se dissipa pour leur donner la vue sur un être intouchable et invincible.
« Nos tirs ne lui font rien ! » hurla un homme alors que deux hérétiques à sa droite installaient leur mitrailleuse lourde pour le cribler de tirs. Alexeï encaissa une longue rafale de projectiles à tête perceuse en pleine poitrine. Certains traversèrent la protection de son aura et s’enfoncèrent dans sa chair, des balles s’enfonçant dans son ventre et extirpant une gerbe de sang et pinçant le maître de l’Ordo Goriae d’une infime douleur. Malgré tout, il ne broncha pas. Lorsqu’il leva les yeux au ciel et commença à prier pour invoquer à lui la puissance divine, il eut un désagréable pressentiment. Une puissante douleur le saisit alors à la hanche, sans qu’il ne sente rien venir. Il tomba à genoux et posa les mains sur le sol, lâchant son épée, et parvint à se retourner, voyant Samael se dresser devant lui du haut de ses deux mètres quatre-vingt, sa longue et fine épée tenue d’une seule main.
« Tu nous cherchais, humain ? » demanda-t-il de sa voix grave et terrifiante. L’ombre qui se dégageait de ses orbites s’amplifia un instant.
« En fait, je me plaisais bien à lessiver tes sous-fifres, mais te purifier me sera encore plus agréable, bien que ce soit une seule personne, ce sera de grande valeur. Une nouvelle tête à mon tableau de chasse. »
« Nous reconnaissons bien là les hommes… trop confiants en eux-mêmes. Cela vous mènera tous à votre perte. »
Alexeï esquissa un sourire alors qu’il retirait sa main de sa plaie afin de jeter un regard sur ses doigts ruisselant... Son membre bionique se saisit de la poignée finement ciselée de Crusader et la fit glisser jusqu’à lui pour qu’il la saisisse de sa main droite. La chair artificielle qui recouvrait son bras de remplacement tressaillit alors que les muscles imités qui y étaient regroupés se gonflaient à bloc. Lorsqu’on lui avait ajouté de la chair de remplacement sur son membre cybernétique, ce n’était que dans un but de résistance. Ne pouvant régénérer l’acier faisant partie de son corps, il avait demandé qu’on lui recrée une fausse chair et de faux muscles afin d’imiter chaque partie du derme et des tissus vivants, qui se fusionnèrent à son organisme afin de le retransformer en une forme complètement humaine, ou presque. L’épaisseur de cette chair étant équivalente à celle de son autre membre, elle était devenue aussi résistante de part son aura et sa résistance physique naturelle, ce qui offrait à son ossature cybernétique une bonne protection qui pouvait reprendre sa forme suite à de graves blessures. Alexeï remercia la science un instant d’avoir compensé une blessure si importante avec une telle efficacité.

« Prêt à perdre la vie ? » demanda le seigneur de la Sainte Croisade en se redressant péniblement, serrant la blessure de sa main gauche alors que la droite tapotait la poigne qui était désormais imbibée de sang. « Approche. »
Samael n’attendit pas autant que lors de leur première rencontre. Il leva son épée haut dans les airs et l’abattit de toutes ses forces, Alexeï interposa sa lame d’une seule main, sachant pertinemment que ce ne serait jamais suffisant. Il serra les dents et attendit le contact… ce dernier fut violent et repoussa l’Archange contre les ruines de la muraille qui se fissurèrent d’avantage. Il regarda le ciel cramoisi qui était hanté de nuages grisâtres qui laissaient tomber une poudre couleur soufre sur tout l’anneau intérieur. Il savait déjà qu’au milieu de ces combats, il ne restait guère une grande résistance impériale. Alexeï était désormais certain que toute son œuvre était détruite.
Combien de fois nous sommes nous levés tôt ? Combien de fois avons-nous préparé le combat aux petites heures du matin, surveillant le champ de bataille pour prévoir nos prochaines actions ? Combien de défaites cela nous prend-t-il pour faire échouer l’œuvre d’une vie ? Seulement une. Une seule pensa Alexeï, se remémorant les paroles d’un maître de guerre aujourd’hui mort depuis plusieurs dizaines d’années. Samael revint vers lui, s’approchant d’un pas lourd qui sembla faire trembler le sol. Alors que l’Inquisiteur le voyait arriver au ralenti, il se rendit compte que tout autour était immobile. Il eut le temps de saisir sa lame de ses deux mains et, de son plat, repousser l’arme démoniaque du seigneur du Chaos. La pointe de cette dernière vint pulvériser une partie des gravats situés à quelques mètres d’Alexeï. Ce dernier réagit avec une vitesse et une force spectaculaire, propulsant son assaillant en arrière d’un coup de pied direct en pleine poitrine. Au contact de l’acier de son talon blindé avec l’Adamantium de la lourde armure terminator de Samael, le sol trembla et un grincement sinistre retentit alors que la plaque pectorale du Maître des Enfers s’enfonçait et que le talon de la botte blindée d’Alexeï volait en éclats. Il s’élança vers son ennemi qui était retombé dans les restes d’un bunker, se relevant dans les ruines. Alexeï leva son épée au-dessus de son épaule droite et enchaîna une série d’attaques transversales et circulaires qui mirent à mal la garde de Samael. Ce dernier parvint néanmoins à saisir le bras droit d’Alexeï et de le plaquer à plusieurs reprises contre le plasbéton renforcé du bunker, craquelant ce dernier et provoquant de nombreuses ecchymoses sur l’avant-bras du Seigneur de Goria avant de le projeter contre le mur situé derrière lui et de le faire passer au travers dans un éboulis complet et total de la structure. Samael s’approcha du corps sanguinolent d’Alexeï et saisit ce dernier à la gorge, le soulevant du sol et le portant dans les airs avant de le projeter contre un autre bâtiment érigé à une dizaine de mètres d’eux. Le choc fut si violent que l’édifice s’écroula sur lui-même, ne formant qu’une pile de débris au-dessus de l’Archange divin, relevant un nuage de scories issues du feu qui brûlait l’infrastructure depuis l’intérieur.

Alexeï se rétablit une autre fois, faisant face à l’hérétique qui s’approchait à nouveau de lui. Ils échangèrent de nombreux coups d’épées et de poings. Une attaque circulaire fit reculer l’Archange contre un mur avant que Samael ne frappe de nouveau. Le tueur de démon voulut dévier la lame de son ennemie mais seuls les fils se rencontrèrent. Une explosion d’énergie éloigna les deux adversaires qui retombèrent chacun sur le sol. Samael maintint fermement sa poigne sur sa lourde épée alors qu’il passait au travers du mur d’un autre bâtiment. Combien de ceux-ci avaient-ils saccagés dans leur duel ? Implacable, Alexeï se redressa une nouvelle fois, Crusader en main, et s’avança vers Samael.
« Tu vas payer pour la bavure qu’est ton existence ! » hurla Alexeï en s’élança tout droit. Samael encaissa la charge du plat de sa lame, repoussant celle d’Alexeï avant de contre-attaquer. L’arme démon lacéra la cuisse droite du Seigneur Inquisiteur qui posa un genou à terre tant la douleur était énorme. Il dévia une kyrielle d’attaques avant de répliquer d’un coup en piqué dans le torse de son ennemi. Avec une grâce féline, Samael se pencha vers l’arrière et vit le plat de la lame glisser sur sa plaque pectorale endommagée. De sa main gauche, il repoussa l’arme d’Alexeï que ce dernier perdit de main. Il vit sa lame retomber sur le sol dans un tintement métallique et vit alors son ennemi se saisir de la poignée d’Harmaggedon de ses deux larges mains pour abattre la lame démon de toutes ses forces sur Crusader. Prenant le tout pour le tout, Alexeï plongea sur son ennemi, les bras ouverts pour le saisir à la taille et le soulever du sol. Le plaquage plongea les deux adversaires contre un mur. Samael garda sa poigne sur Harmageddon qu’il ne pouvait désormais plus utiliser vu leur corps à corps.

« Meurs, sale chien d’infidèle ! Tu paieras pour ta naissance et ton existence putride ! » hurla Alexeï alors que son poing orné de bagues sanctifiées heurtait la tempe gauche du Prince Démon. L’impact fut si violent qu’un craquement retentit et de la lumière froide quitta la zone de contact. Alexeï saisit la gorge du démon et lui plaqua le crâne à plusieurs reprises contre le mur de béton derrière eux qui se craquela à chaque impact, un dernier coup lui enfonça le crâne dans le mur dans une série d’échardes et dans un écran de poussière. Samael poussa Alexeï contre le mur voisin et le plaqua contre ce dernier en l’y maintenant du plat de sa lame et appliquant toute sa force. Les vertèbres du maître de l’Ordo Goriae claquèrent puis le mur croula finalement sous la pression et les deux ennemis retombèrent l’un sur l’autre sur le sol. D’un coup de genou dans l’armure de son ennemi, Alexeï repoussa ce dernier sur le côté avant de bondir dessus. Sa jambe gauche posée sur le bras gauche de Samael pour l’immobiliser et la jambe droite faisant une pression sur celles de son ennemi, il tenait le maître des ténèbres cloué au sol et seul son bras droit, armé d’Harmageddon était encore un danger. N’ayant aucune place pour combattre et les moyens de se débattre, il lutta comme un chien enragé malgré que son visage garda tout son calme. Du pommeau orné de pointes de sa lame démon, il frappa dans les côtes d’Alexeï qui expira tant la douleur fut grande. Il savait qu’il venait probablement de se faire blesser gravement. Il sentit ses poumons se gonfler et se lacérer contre ses os brisés. Ses deux mains libres, Alexeï entama le massacre de son ennemi. Son membre bionique se saisit du poignet droit de l’ennemi et le plaqua à plusieurs reprises sur le sol dans le but de le désarmer. Les orbites obscures de Samael perdirent alors en intensité et sa mâchoire brisée lâcha un hurlement de terreur. Le seigneur des ténèbres sembla agité de tremblements avant que sa force gigantesque ne lui permette de se défaire de son ennemi qu’il propulsa vers le mur situé à quelques mètres de sa tête. Alexeï retomba sur le sol dans un grincement sinistre et vit Samael se tourner sur le côté pour reprendre sa lame. Il semblait bien plus faible et sans énergie si on le comparait à ce qu’il était avant.
« Non… » murmura-t-il alors qu’il voyait que la lame n’était pas à portée de main. Ses doigts grattèrent la poussière, gagnant quelques millimètres alors que son bras gauche le poussait de quelques centimètres vers l’avant.
« Misérable cloporte rampant… » murmura Alexeï. De son pied droit, il retourna son ennemi sur le dos avant de relever sa jambe à quatre-vingt-dix degrés pour abattre son talon sur le crâne de son ennemi. Ce dernier interposa ses deux mains et résistant tant bien que mal à la pression, comme si Alexeï était désormais plus fort. L’Archange gagnant peu à peu du terrain. Il repoussa finalement les bras affaiblis du démon et abattit son pied à plusieurs reprises dans le visage du renégat, son ossature se rompant peu à peu sous les impacts. Lorsqu’Alexeï cessa, il vit que son ennemi respirait avec difficulté, ce qui attira la curiosité de l’Archange. Ce dernier posa son genou sur la cage thoracique de l’ennemi et se pencha sur ce dernier. L’Astartes avait repris une apparence plus humaine, ses yeux grisés par le temps fixaient Alexeï avec une étrange terreur alors que son visage massacré par les coups semblait n’être qu’une bouillie ensanglantée. Malgré tout, il semblait être un puissant seigneur du Chaos qui avait la possibilité de donner du fil à retordre à tout adversaire.
« Mon pouvoir…tout… » commença le guerrier du Chaos. Alexeï ne comprit pas sur le coup ce qu’il tentait d’exprimer et l’hérétique tendit désespérément sa main droite vers son épée. Alexeï comprit aussitôt et se releva d’un bond, se jetant vers la lame démoniaque. Andras se saisit de sa cheville et tira de toutes ses forces avec l’énergie du désespoir. Son organisme Space Marine, traumatisé par la possession, avait tout de même gagné en force et en robustesse par les mutations qu’il avait subies. Son adrénaline se concentra en un instant tout comme sa force démoniaque. Alexeï retomba lourdement sur le ventre, écartant l’épaisse pellicule de poussière et de cendres qui recouvrait le sol. Le Space Marine du Chaos se redressa difficilement. Il avait encaissé de douloureuses blessures et sans son arme, il n’était rien.
« Reprends-toi, tu es Le Puissant, Samael… » murmura-t-il d’une voix tremblante. Il fit un pas vers l’avant qui fit grincer les servomoteurs endommagés de son armure. Il n’avait plus le soutien de sa technologie, ni celui des dieux. Il avait eu tort de sous estimer cet adversaire alors que Samael était en lui. Il était réellement capable de beaucoup de choses. L’Archange se retourna, se mettant sur le dos, et repoussa l’Astartes en lui envoyant ses deux pieds en pleine poitrine. Andras vola de plusieurs mètres en arrière et retomba le dos contre un Leman Russ carbonisé et détruit. L’impact fut violent et sonna le renégat. À cet instant, l’obscurité regagna ses yeux, comme s’il avait fallut un certain à Samael pour revenir.
« Redonne-nous cette arme, misérable grouillot. » tonna-t-il en s’avançant d’un pas lourd vers Alexeï. Ce dernier éclata d’un rire assuré. Sa voix était grave.
« J’ignore qui est celui qui dépend d’une arme pour avoir ses pouvoirs. À part ta force et ton endurance, dis-moi ce que tu as ? Aucun pouvoir, n’est-ce pas ? Aucune puissance ? Tu n’es qu’une âme enfermée dans un corps. Tu as certes toute ta puissance physique, mais rien d’autre. »
Samael continuait d’avancer avec haine alors qu’Alexeï se saisissait de l’épée qui semblait peser une tonne entre ses mains.
« Tu paieras pour ta trahison envers l’humanité, Andras. »
« Andras est mort depuis plus d’un an. Seule notre grande présence subsiste en ce corps. »
« C’est ce que le Colonel Slaughter disait aussi, jusqu’au moment où il a combattu finalement celui qui le possédait. Tu es peut-être fort, Samael, mais tu hérites des faiblesses d’un humain. »
Alexeï leva sa main gauche vers son ennemi, lui offrant l’image du creux de sa paume. Ses yeux s’illuminèrent d’un feu bleu purificateur et des éclairs transportèrent ces flammes éthérées jusqu’à sa main qui, malgré la haute température, n’en sembla jamais affectée. Malgré tout, la température baissa tout autour et seule la chaleur du feu psychique pouvait réchauffer quelque chose, mais son rayon thermique était faible…

Une décharge d’énergie plongea en pleine poitrine du Seigneur Terminator qui fut propulsé plusieurs mètres en arrière. Son armure était désormais éventrée et du sang dégoulinait de sa plaie.
« Misérable grouillot. » fit Alexeï en s’avançant. « Qui es-tu pour juger les hommes, alors que ce sont eux qui font de toi un être puissant. Ces êtres pitoyables qui te vénèrent ou te déifient, toi et les dieux du Chaos ainsi que toute autre défécation issue de l’Immaterium, ne méritent que la purification. Le pardon de l’Empereur s’acquiert dans la mort lorsque l’homme n’a pas de volonté. »
« Nous ne sommes pas un homme. Nous ne sommes rien que tu puisses comprendre. Nous sommes invincibles et nous reviendrons aussi longtemps qu’il est nécessaire. » fit le renégat en se redressant malgré sa blessure, comme s’il n’était guère gêné par celle-ci. Son pas lourd fit grincer le sable et les petits débris. Ses deux poings fermés étaient prêts à s’abattre sur son ennemi. Ils se firent face ainsi de longues minutes, ne bougeant plus d’un poil. Les cheveux bruns coupés courts d’Alexeï valsèrent au vent alors que sa barbe fraîche de quelques heures lui donnait une apparence plus brutale. Les sourcils froncés, la respiration longue et forte, il avait l’air lui-même d’un démon enragé qui s’apprêtait à bondir sur sa proie. Samael, quant à lui, restait neutre, aucune émotion n’apparaissait dans son visage et ses orbites pris d’une obscurité impénétrable ne trahissaient aucun sentiment. Il était stoïque face à l’ennemi qui pourrait désormais le mener à sa fin.
« Tu es beaucoup plus puissant que la première fois que nous nous sommes rencontré, Alexeï Septimus, Frère-Paladin de la Fraternité de la Lumière. »
Alexeï suréleva un sourcil, ne comprenant pas de quoi son ennemi séculaire parlait.
« Je ne vois aucunement de quoi tu parles. »
Alexeï fouilla ses souvenirs, mais il n’avait jamais porté aucun titre qui s’approchait un moindrement de cela.
« Par le passé, nous nous sommes jetés dans la mort ensemble. Tu nous as emporté avec toi. Pourtant, tu étais beaucoup moins fort qu’en ces temps présents. »
« Alors toi, tu étais réellement pathétique. » fit Alexeï d’un ton sarcastique alors qu’il faisait un pas. « Tu n’auras jamais cette lame de nouveau. »
Samael avança encore de quelques pas et il vit alors Alexeï détacher les sangles de son armure carapace dont il écarta chaque côté avant qu’il ne déboutonne sa chemise d’uniforme qui était déchiré en de nombreux endroits. Il leva l’un des pans de son habit et se saisit d’une chaîne lumineuse par la pureté qu’elle dégageait et il l’enroula autour de la lame avant de sortir quelques fioles d’eau bénite qu’il déversa en effectuant une prière. Le liquide bénit glissa le long de la lame en formant un faible brouillard.
« Toutes ces précautions sont inutiles. » murmura le démon en s’avançant de nouveau. Alexeï fit un pas en arrière et prit son élan, penchant son dos vers l’arrière, et lança la lame vers un mur.
« Alors prouve-moi que tu n’as guère besoin de cela pour vaincre, si tu es réellement tout puissant. Samael n’eut aucune réaction mais s’avança d’un pas lent vers son ennemi et prit de plus en plus de vitesse. Ils foncèrent l’un sur l’autre avec une force titanesque et le contact fut si violent qu’Alexeï fut propulsé plusieurs mètres en arrière et son dos heurta violemment la statue de St Mawr qui s’écroula. La longue épée faite de métaux précieux et de cristal qui ornait la décoration retomba sur le sol à quelques mètres de l’Archange. Ce dernier repoussa la pensée et se tint prêt alors que son ennemi approchait. D’un agile coup de pied circulaire, il fouetta le visage de son ennemi qui perdit l’équilibre avant de se rétablir pour saisir la jambe gauche de son ennemi qui venait le heurter à nouveau. Il attira son ennemi vers lui. Alexeï retomba ventre sur le sol et regarda ce qu’il pouvait faire alors qu’il sentait son ennemi le faire tournoyer, probablement avec l’intention de l’envoyer dans un autre mur. L’Archange se saisit de l’épée décorative de la statue et l’enfonça dans le sol de toutes ses forces, se maintenant de ses deux mains à sa garde. Avec ce nouvel appui, Alexeï mitrailla son ennemi de coups de pieds désorganisé qui repoussèrent le démon. Ce dernier leva son poing dans les airs et l’abattit de toutes ses forces dans le bas du dos d’Alexeï qui fut écrasé contre le sol. Ce dernier roula sur le côté alors que le talon blindé de son ennemi s’enfonçait de plusieurs centimètres dans le plasbéton. Posant ses pieds à plat sur le sol et donnant une poussée avec ses genoux, il se redressa d’un bond et évita un coup de poing que son ennemi lui envoya au visage avant de s’en saisir et d’envoyer Samael valser contre une voiture civile abandonnée. Par la force d’impact et son poids titanesque, le Prince Démon écrasa le véhicule dans un grincement sinistre. Il se releva et se saisit de la carcasse pour l’envoyer vers l’Archange qui se pencha pour éviter le projectile qui finit dans un bâtiment non loin.
« Tu n’es rien face à notre toute puissance, Alexeï. Utilise donc tes pouvoirs pour une cause réelle qui te rapportera. Qu’as-tu gagné à te battre pour l’Imperium ? Tu as été trahit sur ce monde, ils t’ont coupé de tous tes hommes car ils n’avaient pas confiance en toi, toi qui as sacrifié l’éternité pour les défendre de toutes les menaces, toi qui as combattu au côté de leur empereur et qui a enduré mille tourmentes. N’es-tu point respecté par tes ennemis ? N’es-tu point crains par ceux-ci ? Ils te voudraient tous comme allié ou comme seigneur car ils connaissent ta puissance, alors que les séïdes de l’Empereur-Dieu ne te respectent pas et n’ont aucune confiance en ta loyauté. Rejoins-nous. » Alexeï resta stoïque face au questionnement de son ennemi mais sa dévotion ni sa résolution ne baissèrent. « Et accepter ton offre serait leur donner raison. Ce serait leur montrer que je ne suis rien et que je ne vaux rien. De qui ai-je reçu le respect ? Celui de tes pitoyables serviteurs ne m’attire guère. Leur crainte vis à vis moi est bien fondée, car ils ne méritent aucunement l’existence. Je suis respecté par mes hommes qui me sont restés fidèles au cours des siècles durant lesquels j’ai combattu pour la liberté et la justice. Je suis respecté de bien plus de gens que ton esprit désaxé ne pourra jamais le concevoir, alors que toi, tu n’attireras que la crainte. Tu ne seras jamais chef car tu es un homme respecté et connaisseur; tu seras chef car tes pouvoirs seront plus grands. Aucun de tes hommes ne te suivra de sa propre volonté, alors que mon ordre inquisitorial s’est bâti de lui-même, alors que les gens m’ont rejoint de leur plein gré. L’Empereur de son plein gré me donna le pouvoir sur le Segmentum Obscurus. Des planètes se joignirent à moi lors de ma croisade leur plein gré. »
Samael ne réagit pas.
« Et aujourd’hui, plus personne ne te respecte, tu es seul, ton armée défaite avant même le début de la guerre. »
« Si l’être humain est juste, il sait ce qu’il a fait. Si l’être humain est juste, il sait qu’il aurait du combattre ici aujourd’hui et il l’aurait probablement fait. Malheureusement, l’être humain aussi possède ses résidus indignes comme tu en es un. Et c’est leur faute si l’Imperium se désagrège. J’ai combattu pour ralentir voire même stopper le processus, et je mourrai avec en l’esprit le devoir accompli. Mais Lostrie ne sera qu’une bataille de perdue, mais la guerre sera gagnée, misérable chien baveux du Warp. »
« Tu ne survivras pas à cette journée, humain. »
« De nombreux résidus de placenta de ton genre m’ont dit cela, pourtant je te fais face aujourd’hui et eux, ils sont six milliards d’années lumières loin d’ici. »
Alexeï s’avança d’un pas déterminé. Ses blessures s’étaient refermées au cours du combat. Sa poitrine ne saignait plus, ses côtes s’étaient replacées. Il était fin prêt pour continuer, malgré la douleur qu’il continuait d’endurer.
« Approche, nous allons te montrer que cette fois, nous avons raison. »
Alexeï s’élança à toute vitesse, prêt à frapper, comme lorsqu’il était jeune et qu’il s’était sacrifié pour la sauver…

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« Ils sont partout ! C’est inutile ! Repli ! » hurla un homme en gravissant les marches menant jusqu’au hall d’entrée de la spire du Gouvernement. Une sourde détonation retentit et le crâne du malheureux explosa, projetant un casque ensanglanté sur le sol.
« Pas de repli, pas de répit à l’ennemi. » tonna le commissaire Cerk. Son pistolet bolter se vida sur les renégats qui plongeaient vers eux, pulvérisant des crânes et démembrant des corps alors que les équipes de mitrailleuse du régiment criblaient les renégats de tirs. Tout autour d’eux, c’était l’apocalypse. Les blindés de la garde Gorienne lâchaient des obus tout autour, créant de larges plaies dans les rangs compacts d’ennemis chargeant le bâtiment sous leur simple poids.
« Tenez ici jusqu’à la fin ! » beugla l’officier diplomatique en lançant son pistolet désormais vide au visage d’un ennemi qui bondit vers lui. N’ayant pas le temps de se réarmer, il envoya un direct dans le ventre d’un infidèle qui passait non loin, le plaquant au sol. Il tira son épée tronçonneuse et en activa le moteur.
« Tenez la ligne, mes frères ! Que l’Archange divin Septimus soit avec nous dans cette épreuve désespérée ! Que le regard bienveillant de l’Empereur soit sur nous et que la douceur d’Iori nous préserve des blessures ! Ayez la force de l’Ange et le regard du Divin ! »
Il voyait que les lignes étaient submergées et que ses hommes succomberaient bientôt. Pourtant, constamment des cris de victoire et de défi retentissaient dans les rangs de l’Imperium.
« Pour l’Empereur ! » hurla un Kemfist à la droite de Cerk. Ce dernier éviscéra un renégat d’un coup latéral de sa baïonnette avant de se jeter sur un mutant qu’il empala en vidant dans sa poitrine ce qu’il restait de son chargeur. Le commissaire se pencha afin d’éviter un fléau d’armes improvisé qui s’enroula autour d’une affiche. Il en profita pour contre-attaquer et envoya les dents de sa lame mordre la poitrine du malheureux qui retomba au sol dans une série de gargouillis.
L’officier disciplinaire recula vers les bunkers préfabriqués qui avaient été disposés en haut des escaliers et jeta un dernier regard aux cinquième, sixième et septième compagnie du régiment qui défendaient le bas des marches avec hargne, et il rejoint les dernières unités. On ordonna le repli aux survivants, leur faisant savoir qu’ils pouvaient gravir les marches à leurs risques et périls.
« Nous n’avons pas le choix. » dit le commissaire en s’approchant du Commandeur-Artilleur du régiment. Ce dernier acquiesça. Aussitôt les mortiers dispersés derrière les barricades sises non loin des larges portes blindées d’entrées criblèrent la ligne de front que Cerk avait abandonnée. Des shrapnels volèrent en tous sens, pulvérisant des rangs entiers d’hérétiques et parfois de gardes impériaux alors que les mitrailleuses ouvraient le feu dans la masse un peu plus éloignée pour au moins laisser une chance aux derniers fuyards de s’enfuir sans être fauchés. Les fusils lasers et mitrailleurs des Goriens se déchargèrent aussi dans les rangs hérétiques, déchirant leurs troupes qui tentaient peu à peu de gravir les marches.
« Soldats de l’Empereur ! Il est hors de question que nous nous replions à l’intérieur de ces murs. » tonna Cerk. « Nous combattrons ici jusqu’à la fin et nous donnerons tous nos vies pour l’Empereur-Dieu ! Montrez à ces infidèles qu’ils n’auront pas facilement le siège du pouvoir impérial sur cette planète ! »
Des cris d’approbation retentirent chez les trois dernières compagnies qui tenaient les marches. Près de deux milles hommes étaient rassemblés derrière des sacs de sable, des piles de débris, et faisaient feu à volonté dans la masse des infidèles qui ne cessaient de charger. Ils étaient compacts, inarrêtables. Il s’agissait là d’une véritable mer de corps en mouvement et aussi loin que le regard se portait, il y avait là des milliers de renégats mal équipés et même mal armés qui s’élançaient à toute vitesse.
Cerk recommanda son âme à l’Empereur alors que le commandeur ordonnait à toutes ses pièces d’artillerie de former un mur d’explosions constant dans les marches afin d’éviter que l’ennemi continue sa progression. Il vit alors le feu d’artifices s’allumer à une centaine de mètres plus bas dans les escaliers, le plasbéton volant en éclats et propulsant une fumée noire et des retombées de poussière tout autour. L’air devint difficilement respirable et Cerk ordonna alors à tous les hommes de mettre leurs masques à gaz. Il n’était pas Gorien et ça paraissait : il n’avait jamais assisté à leur entraînement. Tous les hommes avaient commencé à enfiler leur protection avant même que l’ordre ne soit donné.
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Quelles que soient nos croyances, aujourd'hui il est temps de défendre notre réalité en se tenant dos à dos et épaule à épaule afin de protéger et créer la liberté à laquelle nous aspirons tous.

-Alexeï Daïmoxe


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MessagePosté le: Jeu 1 Mai - 20:13 (2008)    Sujet du message: Bataille finale partie 3 Répondre en citant

La fumée s’élevait sur chaque zone de conflits, des colonnes huileuses striant le ciel depuis les bassesses de leurs cratères ou de leurs incendies d’origine. Des corps jonchaient les montagnes olympiennes et cauchemardesques de l’Archipel Nordique, suspendus à des chaînes recouvertes de pointes comme la tige d’une rose l’est d’épines. Dans les couloirs, les bêtes comme les hommes, les héros comme les monstres, étaient allongés côte à côte, la souillure de l’un combattant la pureté de l’autre, même dans la mort. Les deux seules créatures encore en vie dans cet enfer étaient les instigateurs de ce carnage…

Le Maître de Guerre de l’Ordo Goriae était essoufflé et blessé gravement à la jambe. Appuyé contre un mur, Jarran jeta son pistolet bolter sur le sol. À ses côtés gisaient les corps de la majorité des hommes de son commando personnel, pour la mort de seulement une poignée d’Astartes renégats. Il avait trouvé son adversaire, celui qu’il était venu mettre à mort, dans le dépôt de véhicules et une violente fusillade s’en était suivi. Il voyait Beatus au loin, avançant rapidement à la charge en direction du vieil homme. Ce dernier, fatigué et recouvert d’estafilades, ne savait plus comment agir. À la vue du béhémoth qui s’élançait contre lui, armé d’un simple tuyau d’acier, il perdit tout espoir. Le martèlement continu de ses bottes de céramite et d’adamantium cessa brusquement alors qu’il s’arrêtait pour prendre la bonne position, penchant son corps vers l’arrière, assurant un meilleur équilibre en plaçant son bras gauche en avant, afin de lancer son projectile. Le tube métallique plongea vers le Maître de Guerre. Ce dernier revit toutes les batailles, toutes les situations… tous les conflits qu’il avait vécus et l’expérience qu’il en avait tiré, mais il n’eut guère la capacité de se mettre hors de la trajectoire du pieu qui traversera avec force, non sans se courber quelque peu, la poitrine du vétéran. Jarran vit les yeux injectés de sang de son ennemi, l’écume au bord de ses lèvres, la folie qui le faisait frémir de tout son être. Le monstre d’acier et de chair se jeta de nouveau vers lui.
« Je vais t’éviscérer de mes mains nues ! » hurla-t-il. Ses gants blindés se détachèrent de son épaisse armure énergétique alors qu’il reprenait sa course.
« C’est ce qu’on… verra. » fit Jarran d’une voix sourde. Il dégaina son pistolet fuseur et analysa la situation dans un dernier effort mental, faisant rouler ses méninges à toute vitesse. Il devait porter un coup mortel à son ennemi mais il savait qu’il ne l’aurait pas aussi facilement. Il regarda autour de lui et vit les larges grues du hangar à blindés des soutes du Lord of Destruction. Leurs chaînes faites de grands maillons dentelés soutenaient d’imposantes boîtes qui devaient contenir des objets faisant plusieurs tonnes. Le vieil officier attendait que son ennemi soit à portée de son fuseur, mais malheureusement, il n’était guère sûr de parvenir à le tuer avec le peu de charge qu’il avait.

Il voyait toujours le seigneur du Chaos s’approcher à la charge. Il était décidé à l’emporter dans l’oubli mais sentait peu à peu sa vision faiblir et ses forces l’abandonner.
Il devait trouver une façon plus efficace de mettre Beatus à mort. Il regarda au-dessus de lui et vit alors que le massacreur allait passer sous la plate-forme suspendue à des chaînes branlantes d’un Leman Russ repeint aux couleurs impies du Renegade Path. Dans ses dernières forces, seulement maintenu debout par la tige de fer qu’il avait de plantée dans la poitrine, il appuya sur la détente et vit au ralenti le rayon de lumière quitter le canon de son pistolet, agitant les molécules dans son chemin, pour s’approcher de plus en plus lentement de la chaîne gigantesque qui maintenait le tout. Le tir ne se rendait pas et Beatus approchait toujours plus. Jarran régla la portée à son maximum, usant encore plus de la puissance en réserve pour lui donner une plus grande distance d’action. Beatus levait les mains dans les airs, s’apprêtant à les abattre contre le Maître de Guerre… il n’eut jamais le temps de voir la lourde carcasse blindée s’effondrer sur lui, ne créant qu’une ombre vague tout autour et un sentiment de contact gelé sur le dessus de son crâne protégé par un heaume d’adamantium. Le blindage du tank grinça et se déforma par endroit alors que les chenilles se brisaient et volaient en éclats sur le bastingage de la soute… Jarran ne put contempler l’œuvre de destruction qu’il avait provoqué alors que les charges qu’il avait posées dans les autres salles du navire explosaient, mutilant fortement la coque du vaisseau et endommageant ses systèmes de propulsion.

Le Maître de Guerre lâcha un dernier soupir, ce dernier quittant avec lui la vie du vénérable officier…


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Tout était fini. Sa vision, embrouillée de cirrus et nimbus issus de la perception que se faisait son corps de la douleur, retraçait difficilement les colonnes de fumée qui grimpaient à la domination du firmament dont la nuit argentée ne laissait reparaître que la douleur et la haine qui emplissaient chaque recoin éthéré de la ville. Ses yeux trop anciens rendaient en cette journée leur dernier panorama au guerrier éternel alors que ses sens l’abandonnaient dans de derniers et éternels tressaillements de douleurs. Son hémoglobine ruisselant de l’énorme cavité de sa poitrine répandait son essence immortelle et pure dans la poussière tel un fleuve se déversant dans le désert. Les dunes et les tempêtes de sable formées de pellicules et de tisons amoncelés ou en suspension furent balayés par la rivière rouge dont le courant prenait de plus en plus en importance alors que les dernières barrières s’écartaient. Les doigts endommagés et grinçant de sa main cybernétique jouaient les uns avec les autres tout en tapotant la sacoche de cuir qui pendait à sa hanche droite.

Le maelström de points lumineux qui se dessinait dans son champ de vision et qui effaçait peu à peu ses dernières perceptions visuelles se transforma en lumières dansantes qui tranchaient dans les derniers recoins de l’image qu’il distinguait. Les bâtiments encore debout furent tranchés par les pointillés obscurs de sa cécité grandissante avant de se rétablir dans leur grandeur. L’instant suivant, il ne pouvait plus détailler le visage de celui qui mettait fin à ses jours. Mais quel était l’intérêt de ce faire ? Quel était l’intérêt de graver dans la mort le seul visage dont il ne voulait pas se rappeler ? La température baissa de nouveau et il sentit sa fin approcher par bonds rapides. Sa main droite, dont les os décharnés se pressaient les uns aux côtés des autres pour ralentir l’écoulement de son éternité, appuyait fermement sa grave blessure. Son épée gisait à quelques mètres de lui. Réputée invincible, elle n’était désormais plus que l’ombre de ce qu’elle fut, sa poignée et sa garde, terminées des restes d’une lame argentée et brisée, avaient perdu de leur éclat… cette arme devait bien être la seule chose qui pouvait vaincre le maître des démons… et elle serait abandonnée et détruite sur un monde qui serait un jour oublié par la race pour laquelle il avait tant combattu et saigné. Cette lame était le seul espoir de l’Homme… et il était gaspillé.

Il ne croyait guère en la réussite de sa dernière tentative.

La douleur l’abandonnait peu à peu, ne laissant en son corps que le froid de l’inexistence… mais son esprit souffrait. Tout ce qu’il avait fait… tout le temps qu’il avait passé, les guerres qu’il avait menées, le sang qu’il avait perdu et fait couler… les amis dont il avait souffert la mort… tout cela pour rien. Il voyait aujourd’hui, alors que sa destinée allait se réaliser, que tout s’effondrait. Que tout avait été inutile. Sa soif de justice et sa quête pour la moralité l’avaient mené à sa propre perte. Son existence allait prendre fin, sa vie allait se terminer. Tous les coups qu’il avait portés n’avaient en rien affecté son adversaire. Le Chaos était victorieux…

Son pouce gauche alla caresser son alliance dont l’or s’était terni avec les éons. Le grincement sinistre qui en résultat ne parvint jamais aux oreilles du guerrier qui n’avait plus la force de concentrer ses énergies sur son environnement. Il se rappela son passé… celles qu’il avait aimées, ceux qui apportèrent à sa vie. Il se rappela la douceur de ses lèvres, la présence de son corps contre le sien. Il se rappela sa famille perdue depuis des temps immémoriaux, ceux qu’il avait aimé et chéri toute sa vie durant, ceux qui manquaient encore à son cœur en un faible pincement qui n’avait jamais laissé son être.
Il se rappela la magnificence de tous les lieux qu’il visita, les sourires qu’il vit, le bonheur qu’il causa, la tristesse qu’il vécut… Tant d’images déferlaient dans son esprit comme un ouragan ensevelissant une île tropicale. Des larmes mouillèrent ses yeux et dégringolèrent le long de ses joues recouvertes de sang séché et de scories. Il comprit que tout était fini. Il comprit qu’il avait échoué. Il comprit qu’il n’aurait plus jamais de seconde chance. Il avait eu toute l’éternité pour se préparer pour ce moment et ce fut là insuffisant. Il était faible, il n’avait pas su mener sa mission à terme… Il avait perdu ceux qu’il aimait.

Jamais il ne reverrait le mess des officiers du Blade Glory, enfumé comme jamais par la consommation de narcotiques à bons ou mauvais effets des hauts placés de l’armée, jamais plus il n’aurait le plaisir de jouer une partie d’échecs ou bien de cartes avec Jarran, plus jamais il ne parlerait de théologie avec Aubéron… tout cela était terminé. Rien de cela ne serait plus… mais surtout, plus jamais il ne serait heureux avec celle qu’il aimait, avec l’amour qu’il avait forgé au cours des millénaires. Avait-elle réellement existé ? Ou n’était-elle que la matérialisation de ce qu’il avait toujours aimé et apprécié au cours de sa longue vie. Elle était parfaite à ses yeux, sans défaut. Elle n’était pas ennuyante non plus et elle était une redécouverte de chaque moment… et il l’avait perdu… pour toujours.

Devant lui, son némésis n’était plus qu’une ombre indistincte détaillée par une lumière d’un écarlate sale et aveuglant. La douleur se raviva alors que le fer de son ennemi quittait le centre de son sternum dans un crépitement d’éclairs et dans un craquement osseux. Le bruit de succion du sang n’était rien d’autre qu’un bruitage additionnel à cette scène d’une forme d’art si détaillée qu’elle aveuglait tout spectateur.
« Tu m’as causé de grands problèmes, Alexeï. » fit Samael de sa voix rauque et douce à la fois. Alexeï ignora qu’est-ce qui le choqua dans les paroles du maître des enfers et n’eut probablement jamais la chance de le savoir. Un éclair de lucidité le frappa alors que son ennemi dressait son épée au-dessus de son épaule droite, s’apprêtant à décapiter l’Archange. La main gauche cybernétique du saint vint ouvrir le cuir de son étui noirci par les scories et il en retira un objet gravé de l’Aquila et dégageant une odeur d’ozone. Un compteur de stabilité et de nombreux appareils de maintenance y étaient attachés. En tout, la boîte devait faire la moitié d’un mètre de longueur par le quart de largeur. Une série de runes anciennes et indescriptibles y étaient rattachées. Ce langage ancien n’était probablement connu que partiellement par le maître de l’Ordo Goriae lui-même. Il appuya sur ceux-ci avec célérité alors que la lame de son ennemi approchait de lui. Le crâne à moitié décharné de l’Inquisiteur ne présentait que l’un de ses orbites désormais vide et seulement hanté par une flamme cyan et d’une pureté qui glaça un instant la volonté infernale du démon. Seule la lumière issue de cette courbe osseuse éclairait encore l’obscurité éternelle qui tombait toujours plus sur le monde damné qu’était Lostrie.
« Tu vas retourner d’où tu viens… comme promis… » fit Alexeï d’une voix étouffée alors que du sang coulait entre ses lèvres. Lorsque sa main gauche cessa sa pression sur la commande de l’Artefact, la température descendit de centaines de degrés dans les environs d’un kilomètre autour de leur emplacement avant qu’une fracture complète donnant sur le Warp ne se forme. Des éclairs grésillèrent ici et là alors que la forme indistincte des bâtiments se volatilisait et que le vide se formait dans un tourbillon psychédélique d’énergies ésotériques et cinétiques.

Une fraction de seconde avant tout cela, l’orbite enflammé de l’Archange s’éteignit comme une paupière se refermant et tout disparut dans un éclat de lumière et d’obscurité.

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Le sol avait tremblé de longues minutes durant alors que chaque créature vivante avait été plaquée au sol par le terrible onde de choc. De nombreux bâtiments s’étaient effondrés sur des kilomètres à la ronde, levant un gigantesque nuage de poussière dont l’odeur vint se mélanger à celle du souffre et de l’hémoglobine. Les derniers éclairs de statique crépitèrent et tonnèrent, laissant encore des flash d’obscurité envahir les halos lumineux provoqués par les interminables incendies qui ravageaient ce qui restait de Lostria.

Un cercle lumineux se dessina non loin des ruines de la Grande Cathédrale. Celle-ci, effondrée et écrasée sur elle-même, n’était plus qu’un amas de ferraille et de pierres amoncelées de décorations religieuses. Lorsque l’éclat se dissipa, les figures sombres de cinq terminators Chevaliers Gris se dessinèrent. Ils étaient recouverts de poussière et d’hémoglobine, leur armure argentée étant si endommagée qu’elle n’était plus que l’ombre de ce qu’elle était. Aubéron à leur tête, fit quelques pas vers l’avant. Sa longue épée grésillant de l’activation de son champ de force énergétique vit sa pointe balayer quelques pierres afin de retrouver ce qu’ils étaient venus chercher.
« Nous devrions faire vite, Frère-Capitaine, où nous serons rapidement abandonnés par la flotte. »
« Nous nous devons de faire ce que nous faisons, même si pour cela nous devons y laisser nos vies, frère Lastro. »
« Capitaine, ici Woken. Il vous reste cinq minutes pour recouvrir les Artefacts et revenir. Il sera trop tard sinon. » fit une voix cybernétique par son communicateur relié à la flotte en orbite.
« Bien entendu. » répondit Aubéron à l’adresse du Techmarine. Ils marchaient sur un sol étrangement régulier, une demi-sphère creusée à même les tréfonds de la ville et dont la surface était tout bonnement égale et sans imperfection. La température était basse, mais cela ne gênait en rien les Space Marines. Lastro s’avança de quelques pas. Il ne tenait plus que son arme de force némésis dans sa main gauche, son bras droit ayant été sectionné par une anomalie infernale qu’il avait combattue. Seule sa fidèle lame restait à ses côtés.
« Je ne sens plus aucune présence maléfique ici. »
Cependant, pour le futur Grand Maître, ce qui s’était passé ici était clair.
« Vortex… »
À la simple pensée d’une telle arme, le Chevalier Gris frissonna, peu de choses pouvaient l’effrayer, mais l’idée qu’ils en soient rendu à l’utilisation de ces armes prohibées même par les hauts dignitaires de l’Imperium l’effrayait. Cela dit, peut-être Alexeï avait réussit là où ses frères avaient échoué plusieurs mois plus tôt. Aubéron toucha le sol du bout des gants. Comme si ce dernier avait été travaillé et sculpté à l’aide d’outils et d’une minutie sans pareille, il était clair que plusieurs centaines de mètres s’étaient tout bonnement volatilisés…
« Il n’y a plus rien ici, frère capitaine. » fit Lastro. Ce dernier usait de son arme de force comme d’une béquille tant la fatigue l’avait ravagé. Même pour un Astartes, la dernière bataille avait été épuisante. Son bras arraché l’avait atrocement fait souffrir et il avait combattu ardemment son système afin de s’éviter la catalepsie, mais encore parfois il sentait la fatigue le reprendre. Aubéron, quant à lui, avait le poumon droit perforé et son armure en témoignait : tous les symboles baroques gravés sur celle-ci avaient laissé place à des zones d’impacts de balles, de bolts et de lasers. Un liquide écarlate désormais séché s’était écoulé par l’un des orifices et la série de projectiles était parvenue à percer une côte avant de toucher à un organe. La respiration était difficile pour le vétéran dont le poumon auxiliaire avait pris contrôle de la situation et sa cage thoracique s’était enflammée. Il ne sentait pas réellement une telle douleur, du moins, ne s’en préoccupait pas, mais il savait qu’il ne parviendrait pas à soutenir de telles blessures une fois de plus.

Même son organisme ne pouvait l’empêcher de sentir de tels dégâts… Au loin, il vit quelque chose briller. Il commença à courir, levant les genoux le plus haut qu’il pouvait et se propulsant aussi vite que son armure le lui permettait, car sa volonté elle, était sans faille. Cela lui prit deux minutes avant d’en arriver à son objectif. Sur le sol gisait, de façon éparse, un véritable trésor. De petits maillons entrelacés et miroitant se joignaient dans un chœur étincelant à des anneaux argentés reflétant les dernières lueurs du jour qui se couchait. Aubéron s’en saisit, les anneaux étant si énormes qu’ils pourraient passer par-dessus ses gants d’armure. Il les glissa dans une sacoche de cuir attachée à sa ceinture et fit un signe de la main. Non loin gisait l’épée brisée de l’Archange…

« Que le messager divin de l’Empereur nous garde en Son nom, que Son regard bienveillant soit posé sur nous, que Leur sacrifice ne soit pas vain… » et il entama l’une des premières prières auxquelles aurait droit Alexeï Septimus par le futur.

Ses quatre frères se mirent en position défensive, Lastro au centre car il était incapable de faire feu. Aubéron ordonna dans son micro la téléportation, sa balise fournissant les coordonnées au Divine Sword qui n’attendait plus que leur retour pour disparaître dans le Warp. La cratère fut inondé d’une lumière aveuglante et pure, la dernière fois que Lostrie sentirait une telle lueur…


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Un rire ténébreux et glauque émanait désormais de façon constante depuis la mâchoire disloquée et immobile de Samael qui, du haut d’un bâtiment, avait regardé les quelques Astartes faire leur pitoyable rituel de récupération. Son épée, plat posé sur son épaule, ruisselait encore du sang du malheureux mais peu à peu, l’hémoglobine était épongée par l’acier possédé de la lame.
Son esclaffe prit en ampleur et avait désormais une sonorité métallique… la lame l’accompagnait en disharmonie, faisant fuir les dernières formes de vie de son entourage alors que les ruines sur lesquelles il se tenait se déformaient peu à peu. Il se retourna vers la grande spire de Lostrie et commença sa marche. La blessure qu’il avait encaissée l’avait inexplicablement handicapé de sa course surnaturelle et il était limité à une vitesse humaine. Il arriva aux pieds de la structure après de longues minutes de marche, son regard ténébreux scannant la structure.
« Nous nous offrons aujourd’hui ce monde comme représentation de nos plus grands désirs et de notre existence même. Qu’aujourd’hui règne le Chaos sur la galaxie… Qu’aujourd’hui soit faite notre divine volonté. » fit-il de sa voix rauque et mélodieuse. Il enfonça la lame de son épée dans le sol et appuya de son pied jusqu’à ce que la garde ne touche la terre retournée de ce qui fut autrefois le dallage de la place publique.

Les bras levés et écartés dans les airs comme un signe de défi envers toute chose qui voudrait bien le combattre, il murmura quelques paroles en langue noire. À cet instant, le ciel changea complètement de couleur. Les nuages défilèrent à une vitesse surhumaine, le sol se mit à trembler, des montagnes se dessinèrent au loin. Une fine et fraîche pluie d’hémoglobine abreuva tous les déserts et les hivers de la planète, rougissant un instant le globe sous les yeux terrifiés des réfugiés en partance. Un gouffre sans fond se forma au centre de l’océan et l’eau s’y engouffra jusqu’à ce que plus aucune goutte n’y soit présente. Le sang tombant laissa place au souffre, le soleil s’obscurcit et seule une lumière jaune âcre plomba sur la capitale. Des rires déments s’élevèrent depuis les profondeurs de la ville ruche, des vents forts se levèrent… Un Monde Démon venait de naître.

Les cheveux restants de Samael furent balayés, projetés à gauche, puis à droite, par les puissants courants d’air. Il regarda ce que fut autrefois la spire… sur toute sa façade nord se dressaient de gigantesques marches sur lesquelles dansaient les corps efféminés de démons du dieu des plaisirs interdits alors qu’ailleurs se produisaient les sacrifices barbares des serviteurs du seigneur des carnages. Samael mit le pied sur la première marche, escaladant chacune d’entre elles cérémonieusement, laissant le vent souffler sur son faciès ridé et effrayant. En haut, où était autrefois fièrement présentée l’Aquila Impérial, gisait son trône sur lequel il siégerait désormais, terrible anti-existence de l’Empereur-Dieu et de son trône d’or. Harmageddon était plantée devant celui-ci, grésillant d’énergie et frappée des éclairs de statique provenant des cieux. Le Porteur des Ténèbres s’en saisit dans un bruissement métallique comme si cela n’avait nécessité aucune force et la regarda. Seul son reflet s’y dessina… une faible image de ce qu’il fut autrefois.

« Je suis à votre service. » fit-il d’une voix étouffée. Une larme glissa le long de sa joue.


« Il est dit que l’esprit des plus forts peut survivre à l’inconscience de la mort et à l’inexistence. Ceux qui ont cette force peuvent espérer continuer leur œuvre au cours de l’éternité, surtout lorsqu’elle nécessite une fin immédiate et que celle-ci n’est pas apportée. La véritable question, jeune élève, es-tu prêt à poursuivre la tâche que je t’ai confiée ? »
« Je le ferai en votre nom et en toute sincérité, car il s’agit d’apporter la justice à nos fils. »
« Tu es seul maître de tes choix. Tu as déjà fait beaucoup et cela n’est plus de ton ressort, c’est à ta discrétion. Je te le demande humblement, mais ne te l’ordonne point. »
« Ce qui différencie ce que nous sommes des autres, mon maître, c’est que nous sommes les seuls qui soient capables et qui acceptent de faire la tâche qui nous incombe. Je reviendrai. »

_________________
Quelles que soient nos croyances, aujourd'hui il est temps de défendre notre réalité en se tenant dos à dos et épaule à épaule afin de protéger et créer la liberté à laquelle nous aspirons tous.

-Alexeï Daïmoxe


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 19:18 (2017)    Sujet du message: Bataille finale partie 3

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